Les comics pour les nuls, le retour – Où lire des comic-books (pas chers) ?

Les comics pour les nuls, le retour – Où lire des comic-books (pas chers) ?

Batman #8

Batman #8

Celui qui répond « le Djurdjura » ne remporte rien si ce n’est toute la sympathie des Martiens. Bon, alors maintenant que vous vous êtes mis à lire des comic-books, et que vous vous êtes pervertis à jamais avec ces fascicules qui sont à l’origine de la délinquance, la famine dans le monde, la prostitution, la guerre et le Tour de France, vous vous rendez compte que cela peut rapidement représenter un sacré budget surtout si vous avez, comme moi, une compagne qui se désespère tout les mois en vous voyant arriver les bras chargé de BD. L’été arrive, c’est vendredi, c’est bikini, autant vous dire qu’on se sent de bonne humeur et qu’on a envie de vous faire (encore plus) plaisir et de répondre à vos questions.

 

 

Où j’achète mes comics déjà ?

 

Non je ne te prends pas pour un idiot ou un jeune de l’UMP qui vient de connaître les premières joies de l’orgasme en voyant son chéri sur TF1. Je sais bien que tu connais les endroits où tu mets une carte en plastique dans une fente pour ensuite recevoir du plaisir sous forme de cases et de bulles. Mais les connais-tu tous ?

 

A l’heure du tout numérique, tu as déjà dans tes favoris les liens vers les sites marchands. Ceux-ci ont l’avantage de proposer un vaste choix et de calmer la pulsion acheteuse en l’espace de deux clics sans bouger le cul de son lit. Bien sûr, on ne peut pas avoir l’objet entre les mains pour le feuilleter avant de procéder à l’achat, et les algorithmes en tant que conseiller c’est peut-être tendance, mais ça n’en reste pas moins passablement con. Pour le conseil, rien ne surpassera un libraire compétent.

 

Il fait peur comme ça mais en fait il est très gentil

Il fait peur comme ça mais en fait il est très gentil

Haaa les librairies, cette maison close du littéraire et du bédéphile. Il y a les grandes enseignes évidemment, celles qui offrent du choix (pour peu que vous vouliez des trucs récents), beaucoup de temps pour lire et un ratio d’un bon vendeur sur cinquante, mais il y a surtout les petites librairies, celles qu’on aime, qu’on veut chouchouter, qu’on aimerait faire perdurer en leur donnant les moyens d’évoluer face à un certain mastodonte qui vient de donner son nom à une loi pas forcément parfaite, mais qui a le mérite de corriger un abus.

 

 

Avoir la chance de disposer d’une bonne librairie c’est avoir l’opportunité de découvrir énormément de choses parce que le libraire vous connaît. Il sait vos goûts et peut vous proposer des œuvres vers lesquelles vous ne seriez pas forcément allées (toi ami libraire qui me lit, je te remercie encore de m’avoir fait découvrir Magie Brute). Un bon libraire c’est aussi celui qui t’ouvre un compte, qui fidélise et qui te met les bouquins de coté quand ils sortent. Et ça, crois-moi, quand des bd attendues et des numéros 1 débarquent, tu es bien content d’avoir un gars ou une fille comme ça. Parce que sinon prépare toi à être le héros principal des Aventuriers des kiosques perdus.

 

Le kiosque, tiens, parlons-en ! Dans un pays où une œuvre n’existe aux yeux de la plupart des gens et des médias qu’à partir du moment où elle trône dans les rayonnages d’une FNUCK, et où on a perdu le réflexe du kiosque, ces derniers sont pourtant le lieu où l’on trouve une large offre de bd à des prix défiant toute concurrence. Pour le lecteur de comics, c’est également le passage obligatoire s’il veut suivre les dernières séries en cours de publication. Lecteur qui lit le Batman de Snyder ou les All New X-men de Bendis en librairie, sache que celui qui les lit en kiosque peut te spoiler la tronche très facilement.

 

Ouais ben je vais lire de la VO alors ! C’est tout frais et c’est moins cher qu’en France où les éditeurs font n’importe quoi !

 

Déjà tu te calmes et tu finis ta soupe. Non les éditeurs ne font pas n’importe quoi ! Les bureaux de Panini, Urban ou Delcourt ne sont pas remplis de ouistitis s’agitant dans tous les sens, appuyant n’importe comment sur les touches du clavier en espérant qu’un bouquin en sorte par miracle. La majorité des décisions d’un éditeur sont justifiées et compréhensibles…… elles n’en sont pas moins critiquables ou excusables pour autant, bien entendu. La question de lire en version originale peut se poser pour peu qu’on ait une maîtrise correcte de l’anglais. Toutefois il serait faux de dire que cela est plus économique.

 

Strange 250

Strange 250

En effet si les Trade Paper Back (compilation d’en moyenne cinq épisodes d’une série en cours), Hard Cover (équivalent du TPB avec une couverture rigide) ou bien d’omnibus (gros pavé compilant plusieurs années d’une série) sont généralement moins chers que leurs équivalents français, il en est tout autrement en ce qui concerne les fascicules. Ces derniers sont vendus en moyenne 4$ l’unité (soit environ 2.90 €) aux USA¹. Imaginez que vous lisez les séries All New X-men, Uncanny X-men, Amazing X-men et Cable & X-Force, cela vous reviendrait donc à lâcher 4X4$ = 16 $ soit 11.75 €. En France, ces séries sont compilées dans une seule revue éditée par Panini Comics : X-men qui propose quatre (voire cinq) épisodes de ces séries pour… 4.80 €. Pour peu que vous soyez patient (et cela vaut pour ce qui va suivre également), le kiosque offre le meilleur rapport quantité/prix et cela même comparé à la version originale.

 

En France on n’a pas de pétrole, on a de moins en moins d’idées mais on a le prix unique du livre. Ce dispositif impose à tous les revendeurs d’appliquer le prix fixé par l’éditeur, ceci permettant alors une concurrence plus saine et une diversité de l’offre et des types de revendeurs (pour schématiser cela permet à mon libraire de ne pas se faire bouffer par Amazon). Impossible donc de faire jouer la concurrence entre les différents revendeurs en ce qui concerne le prix de la bd en elle-même. Mais comme nous l’avons dit plus haut, il suffit d’être un peu patient et de s’investir un minimum et tu trouveras ton bonheur dans le monde merveilleux du marché de l’occasion.

 

Bon tu vas parler oui ! Où je peux en lire pour pas cher !

 

Alors déjà, tu vas te bouger un peu le fondement parce que si le Net est le lieu où tu pourras trouver un large choix d’œuvres en occasion, c’est aussi le lieu où des gus n’hésitent pas à appliquer des tarifs honteux. Toi qui vend le tome 14 de Daredevil à 60 euros sache que je te méprise profondément. Bref le Net c’est bien, mais ce n’est pas la panacée non plus. Les boutiques de comics et de bandes dessinées en général ont souvent des bacs à occasion où se trouvent des revues pour moins de 3 € et des bd pour moins de 10 €, il ne faut donc pas hésiter à piocher dedans. Mieux encore, même s’il y en a de moins en moins, la visite chez les bouquinistes permet de trouver des bd à moindre coût.

 

Une merveille pour 2€ dans un vide-grenier

Une merveille pour 2€ dans un vide-grenier

L’été c’est aussi la grosse saison pour les brocantes dans lesquelles il n’est pas rare de trouver des stands où maman Jacqueline bazarde la collection de bd de son grand fiston qui vit loin avec sa femme et ses gosses, et où le jeune Etienne vend toutes ses bd pour s’acheter la dernière console sortie. Brocante, marché, vide-greniers etc etc, toutes ces manifestations permettent de dénicher de chouettes trucs pour peu qu’on investisse un peu de son temps. Si vous vivez en ville, scrutez également les bourses aux livres.

 

En ville il y a également des lieux de moins en moins fréquentés qui s’appellent des bibliothèques. Un petit abonnement versé et c’est la garantie de beaucoup de BD assurée. Enfin il reste les enchères, on y pense jamais (et pour tout vous dire l’auteur de ces lignes a appris ce plan il y a quelques jours) mais c’est en effet l’occasion de dénicher des cartons de bd en déboursant peu.
Toutes ces pistes et ces conseils ne sont pas gravés dans le marbre et ne sont pas exhaustifs. N’hésitez donc pas à nous faire part de vos propres. La clé surtout est de s’investir un minimum et de diversifier ses sources. Et surtout n’oubliez pas, le libraire est votre ami.

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