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Les contrées du rêve : au royaume de Morphée avec Lovecraft

Les contrées du rêve : au royaume de Morphée avec Lovecraft

Note de l'auteur

Pour leur mois Lovecraft, les éditions Mnémos ont décidé de donner un coup de jeunes aux textes d’Howard Philip Lovecraft concernant le royaume de Kadath l’inconnue et des contrées du rêve.

loveL’histoire : Il existe un monde qui entoure le nôtre. Un monde que seuls les enfants et les rêveurs peuvent rejoindre, et encore, seulement si les dieux, les Très Hauts, l’acceptent. Et encore, de multiples dangers font face au voyageur…

Mon avis : Mea culpa, si j’adore Lovecraft, son œuvre m’est encore largement inconnue. D’où cette joie de plonger dans un recueil, autour du rêve et de Kadath l’inconnue. Les nouvelles choisies sont : La Quête d’Iranon, Celephais, L’Étrange Maison haute dans la brume, Polaris, La Malédiction de Sarnath, Les Chats d’Ulthar, Les Autres Dieux, Hypnos, Azathoth, Le Témoignage de Randolph Carter, La Quête onirique de Kadath l’inconnue, La Clé d’argent, À travers les portes de la clé d’argent. Ça fait beaucoup de nouvelles, mais en réalité, à part La Quête onirique de Kadath l’inconnue, la majorité d’entre elles ne font que trois à quatre pages.

Parlons du texte, tout d’abord. La structure est souvent la même. Un homme cherche un endroit. Il en a été chassé, ou l’a perdu. Il ne pense pas que le lecteur puisse le croire ou le comprendre, mais il va tout de même tenter d’expliquer ce qu’il a vécu. Ou ce qu’il cherche. Les histoires permettent de créer une carte. Des endroits inconnus et mystérieux, par lesquels passeront d’autres personnages ou seront cités dans d’autres textes. Lovecraft propose par là une géographie du monde du rêve et des habitants qui y vivent. Parmi les « arpenteurs » de ces contrées, un seul passe et repasse d’un texte à l’autre, à partir de la deuxième moitié du livre : Randolph Carter. Tout est mis en place, toute la géographie interne est prête, pour que le lecteur puisse suivre Randolph Carter dans ses aventures, à la recherche de la mystérieuse Kadath l’inconnue. Nous sommes majoritairement dans un texte alors descriptif, plus que d’action. Le but est de découvrir des lieux, d’Ulthar à Sarnath.

H. P. Lovecraft

H. P. Lovecraft

Les éditions Mnémos ont fait un remarquable travail d’édition, collectant et choisissant les textes, mais surtout leur ordre, dans l’ouvrage des Contrées du rêve. En effet, si la suite semble logique, malgré le passage d’un personnage à l’autre et d’un monde au suivant, on peut voir que les nouvelles ont pourtant été publiées non pas par ordre de publication, mais par séquences. Un plus appréciable qui donne l’impression d’un roman, tout en gardant la forme éclatée de nouvelles.

Point étrange, ou qui fera bien bizarre aux amateurs de long terme de Lovecraft, est que le traducteur, David Camus, a choisi de dépoussiérer l’ouvrage. Et donc de donner de nouvelles dénominations aux créatures qui peuplent le livre. L’un des changements les plus flagrants est le choix de nommer les Grands Anciens, les Très Hauts. Un changement, de taille donc, expliqué dans une introduction conseillée à la lecture, pour éviter de crier très fort à la découverte de ces modifications, et comprendre les raisons qui ont poussé le traducteur à faire cela.

Autour du livre : Il s’agit d’une réédition, effectuée à l’occasion d’un mois Lovecraft chez Mnémos. Ici point de Cthulhu, attention !

Si vous aimez : Le voyage de Corwin vers Ambres, dans les ouvrages du Cycle des Princes d’Ambre, de Roger Zelazny.

Extrait : « – Ne serais-tu pas celui dont parlent les archontes ? Celui qui cherche une lointaine cité dans un beau pays ? Je m’appelle Romnod, et dans mes veines coule le sang de Teloth. Mais je me sens étranger à cette ville de granit. Jour après jour, je ne rêve que de tièdes bosquets et de lointaines contrées, faites de beauté et de chants. Par-delà les montagnes karthiennes se dresse Oonaï, la cité des luths et des danses dont on ne parle qu’à voix basse pour dire qu’elle est à la fois belle et terrible. C’est là que j’aimerais me rendre, si j’étais assez grand pour en trouver le chemin. C’est là que tu devrais te rendre. Là que tu devrais chanter, car les hommes t’y écouteraient. Allons, quittons ensemble la cité de Teloth et mettons-nous en route pour les collines printanières. Tu me montreras comment voyager et je t’écouterai chanter le soir, quand les étoiles, une à une, sèment des rêves dans l’esprit des rêveurs. Qui sait ? Peut-être Oonaï, la cité des luths et des chants, est aussi la belle Aïra que tu cherches, car on raconte que tu n’as pas vu Aïra depuis fort longtemps, or les noms changent souvent. »
(Traduction par David Camus)

Sortie : mai 2016, éditions Mnémos, 256 pages, 21 euros.

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