Les grands studios d’animation japonais: Mushi Production

Les grands studios d’animation japonais: Mushi Production

Comme tout bon geek/otaku (rayez la mention inutile), vous avez vu et revu un très grand nombre d’animes, de films et d’OAV, mais connaissez-vous vraiment les studios qui se cachent derrière ces productions?! En cette rentrée 2014, je vous propose un petit dossier concocté avec amour, sur les studios d’animation nippons. Découverte pour certains, révisions pour d’autres, quelque soit votre niveau de connaissances sur le sujet, vous y trouverez forcément votre compte.

images

Mushi Production, le studio d’un homme

 

Le studio Mushi Production a connu une carrière éclair. Il fut créé en 1962 par Osamu Tezuka, afin de concurrencer l’imposante Toeï. Le mangaka l’avait quitté un an plus tôt pour fonder son propre studio. Pour son premier essai, Mushi Production produit un moyen-métrage réalisé par Eiichi Yamamoto, Histoires du Coin de la Rue. Par extension, il regroupe trois œuvres avec La Sirène et Autoportrait. D’entrée de jeu, c’est un succès critique et le film remporte le prix Noburô Ôfuji. En 1963, Osamu Tezuka sort l’artillerie lourde avec Tetsuwan Atom (Astro Boy). Il opte pour le noir & blanc et popularise la technique dite de l’animation limitée, afin de gagner du temps et de l’argent. Les histoires du petit robot cartonnent et ce ne sera pas moins de 193 épisodes qui seront produits entre 1963 et 1966.

 

Le-roi-LeoEntre-temps, Mushi Production lance une autre série qui connaît le même succès, Le Roi Léo. Le célèbre lion blanc inspirera grandement l’oncle Disney pour la mise en chantier du Roi Lion, d’ailleurs dans la version US, Leo s’appelle Kimba (à une lettre prêt… Simba n’est pas loin). La série comptant 52 épisodes, devient la première série en couleur de la télévision japonaise. Osamu Tezuka fait alors confiance à un jeune réalisateur, Rintarô. Elle est également la première série animée nippone à débarquer en France, en 1972. Avant cela, en 1966, le studio s’essaie à l’omnibus en réunissant dix court-métrages, réalisés par Tezuka qui se veut toujours plus avant-gardiste. Tableaux d’une Exposition semble rendre hommage à Fantasia sorti en 1940, tant le concept s’en rapproche, en illustrant les dix mouvements musicaux de l’œuvre éponyme de Modeste Moussorgski, un compositeur russe.

 

Durant 1967, le studio produit trois séries dont Princesse Saphir qui est adapté d’un shôjo de Osamu Tezuka. Alors que le studio se voulait être le concurrent direct de la Toeï, voilà qu’en 1968, il se retrouve à collaborer avec lui ainsi qu’avec le studio Zero sur les 52 épisodes de Sabu et Ichi. La réalisation de cette série d’enquêtes, de corruption et de meurtres, est confié une nouvelle fois à Rintarô. Mais cette année marque surtout le début de la trilogie érotique, intitulée Animerama, entièrement réalisée par Eiichi Yamamoto. Les Mille et Une Nuits, Kureopatora et La Belladone de la Tristesse sont trois variations autour du désir mais surtout trois nouvelles expérimentations totalement psychédéliques de Mushi Production, qui fait preuve d’une liberté de création assez folle. Le troisième film de la trilogie dont je vous parle ici, est un trip moyenâgeux et rock’n’roll dont la recherche graphique va très loin pour l’époque, une véritable perle.

 

AshitaNoJoeMangaEn 1970, le studio ne le sait pas encore, mais il va produire l’un de ses derniers succès. Il s’attaque à l’adaptation du manga de boxe Ashita no Joe et c’est Osamu Dezaki qui réalise. Il rempilera dix ans plus tard sur le film d’animation du même nom, pour TMS Production. Mushi Production va mal financièrement et très vite, le studio doit se rendre à l’évidence. Après avoir sorti quatre ou cinq séries supplémentaires, il ferme ses portes en 1973, année de la sortie de La Belladone de la Tristesse avec, pour le coup, un titre de circonstance. En un peu plus d’une dizaine d’années, Mushi Production a marqué à jamais l’animation, en étant pionnier et audacieux. Osamu Tezuka n’est pas considéré comme le père du manga pour rien!

Partager