Les grands studios d’animation japonais: Pierrot

Les grands studios d’animation japonais: Pierrot

Comme tout bon geek/otaku (rayez la mention inutile), vous avez vu et revu un très grand nombre d’animes, de films et d’OAV, mais connaissez-vous vraiment les studios qui se cachent derrière ces productions?! En cette rentrée 2014, je vous propose un petit dossier concocté avec amour, sur les studios d’animation nippons. Découverte pour certains, révisions pour d’autres, quelque soit votre niveau de connaissances sur le sujet, vous y trouverez forcément votre compte.

Studio_Pierrot

Pierrot, le studio qui vient de loin

 

Étrange trajectoire que celle du studio Pierrot! Pour beaucoup, ce nom n’évoque rien de plus qu’une marque de sucettes et pourtant, le studio existe depuis 1979. Il fut fondé par Yûji Nunokawa et deux anciens membres du studio Tatsunoko, Hisayuki Toriumi (Les Mystérieuses Citées d’Or) et Mamoru Oshii (Ghost in the Shell). C’est d’ailleurs à ce dernier que le studio doit son premier succès avec Urusei Yatsura (Lamu en France). Basé sur le manga éponyme de Rumiko Takahashi, la série compte pas moins de 195 épisodes et arrive chez nous en 1988. Le mix entre science-fiction, romance et humour fonctionne parfaitement et font les beaux jours du Club Dorothée. En 1982, le studio élargit ses horizons en travaillant au sein d’une production internationale. Les Mystérieuses Citées d’Or est le fruit du travail collectif entre le Japon, la Belgique et la France. La série, loin des gimmicks et de l’esthétique manga se démarque et parvient à atteindre sa cible, devenant quasi-générationnel.

 

Dallos ova 1 - 1983.avi_000004337 copiaL’année 1983 est une date importante pour le studio, tout comme pour l’animation japonaise, puisque elle voit la «naissance» du premier OAV (Original Anime Video), uniquement destiné à la vidéo. Une fois encore, on retrouve le géant Bandaï à l’origine du projet, toujours dans le but de vendre un max de merchandising. C’est Mamoru Oshii qui officie sur ce projet intitulé Dallos et ses quatre épisodes S.F et il opte pour une esthétique tranchée. Le but de Pierrot est d’offrir des productions pour un public de niche, plus adulte et plus exigeant. Dès lors, on s’imagine une trajectoire intéressante et alternative pour le studio mais surprise, il s’aventure sur le terrain girly du genre « Magical Girl » et en devient presque le spécialiste. Creamy, merveilleuse Creamy, Vanessa ou la magie des rêves, Emi magique ou Suzy aux fleurs magiques sont autant d’exemples de la frénésie du studio pour le genre. A partir de 1987, le studio se lance dans l’adaptation de Kimagure Orange Road (Max et compagnie). Il garde le côté «Magical» mais revient à la romance. Les choix du studio sont audacieux et la majorité de ses productions inondent l’Europe par le biais de la France, de la fin des 80’s jusqu’au milieu des 90’s.

 

Cependant, la concurrence est rude et le studio se fait alors plus discret. Pendant plusieurs années, il va produire un grand nombre d’animes qui ne quitteront pas le Japon, à l’exception des 112 épisodes de YuYu Hakusho, la série Fushigi Yūgi ou encore le culte Great Teacher Onizuka. Après des années de hauts et de bas, il lui manque un titre fort qui puisse l’asseoir de manière durable. Nous sommes en 2002, le studio s’attaque à l’adaptation des romans de fantasy, Jūni Kokki (Les 12 Royaumes). Le projet est d’envergure, l’univers est riche et le résultat est réussi. Le studio Pierrot se lance dans le récit épique et mythologique sur fond de Chine antique et remet un petit coup de boost à une carrière un peu trop calme et en perte de vitesse. C’est cette même année qu’il va trouver LE titre qui va le mettre en orbite. C’est un petit ninja blond qui débarque sur les écrans nippons et qui va alors tout emporter. Naruto est l’adaptation que le studio ne devait pas laisser passer et comme prévu, c’est le jackpot. En 220 épisodes, la série rappelle les grandes heures de Dragon Ball Z et Naruto devient un phénomène. L’anime cartonne et vient se frotter à de grosses pointures comme One Piece, produit par la Toeï.

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Outre les adaptations assez libres du manga Saiyūki, Reload et Reload Gunlock, le studio persiste et signe dans le shônen à base de bastons dantesques et de level-up avec Bleach. Une fois de plus, le studio fait un bon choix en s’attaquant à l’adaptation d’une œuvre à succès. Les épisodes se multiplient jusqu’au nombre impressionnant de 366 épisodes. Le revers de la médaille pour des séries comme Bleach ou Naruto, c’est le risque de rattraper le rythme de publication papier, entraînant la nécessité d’en passer par des épisodes hors-série. Le rythme du récit en prend un coup et rend souvent le visionnage relativement pénible. Mais ça n’arrête pas les fans et les deux séries deviennent de véritables mastodontes qui avec One Piece, dominent durant les années 2000. En 2007, le studio Pierrot s’inspire du passage de Dragon Ball à Dragon Ball Z et passe de Naruto à Naruto Shippûden, ou comment faire peau neuve tout en restant dans la continuité. La série toujours en cours à ce jour, prolonge et renforce le succès de Naruto et sa bande. En parallèle, le studio produit un grand nombre de films surfant sur ses deux séries-phares.

 

A l’aube des années 2010, Pierrot peut dresser un bilan et s’enorgueillir d’être parvenu au sommet en s’orientant clairement vers le shônen pur et dur. Dernièrement, ce sont les séries Beelzebub et dans un registre plus adulte, Tokyo Ghoul qui ont rencontré un large succès. Le studio Pierrot qui souhaitait à la base s’adresser à un public averti et otaku, s’est en fait spécialisé dans l’anime pour petites filles avant de triompher sur le terrain de l’héroïsme et de la tatane. Drôle de trajectoire…

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