Les grands studios d’animation japonais : Production I.G

Les grands studios d’animation japonais : Production I.G

Comme tout bon geek/otaku (rayez la mention inutile), vous avez vu et revu un très grand nombre d’animes, de films et d’OAV, mais connaissez-vous vraiment les studios qui se cachent derrière ces productions?! En cette rentrée 2014, je vous propose un petit dossier concocté avec amour, sur les studios d’animation nippons. Découverte pour certains, révisions pour d’autres, quel que soit votre niveau de connaissances sur le sujet, vous y trouverez forcément votre compte.

 

Production I.G logo

Production I.G, le studio de l’excellence

 

Le studio a vu le jour en 1988 sous le nom I.G Tatsunoko sous l’impulsion de Mitsuhisa Ishikawa et Takayuki Tokou. Ils sont, à la base, tous les deux, membres du studio Tatsunoko (Speed Racer, Gatchaman) mais celui-ci, actif depuis le milieu des années 60, commence, à la fin des 80’s, à montrer des signes de fatigue et se retrouve financièrement en danger. Une annexe du studio est créée et elle est dirigée par Ishikawa. En décembre 1988, elle devient quasi-indépendante et I.G Tatsunoko voit le jour. Très vite, le studio se retrouve avec plusieurs projets en chantier, dont les OAV ainsi que le premier film Patlabor, en collaboration avec le studio Deen. Les projets Patlabor permettront également au studio d’entamer une longue collaboration avec Mamoru Oshii, encore «relativement inconnu» à l’époque. Fort de cette expérience, le réalisateur remet le couvert en 1993 en confiant la totalité de la production de Patlabor 2 à I.G Tatsunoko. Le fruit de leur travail: une œuvre réfléchie et aboutie, ciblant un public adulte et exigeant en lui offrant une animation racée et un graphisme très fouillé, au service d’une intrigue futuriste, bien ficelée. C’est cette même année que le studio change de nom pour devenir Production I.G. Elle produit dans la foulée la série animée à succès, Blue Seed.

 

Ghost-In-The-Shell-2.0-001En 1995, Mamoru Oshii et Production I.G rentrent dans l’histoire de l’animation nippone avec LA référence cyber-punk, le cultissime Ghost in the Shell. Le public pose un genou à terre et se prend une décharge de 10 000 volts dans la tête. Avec GITS, le studio gagne ses lettres de noblesse et nous balance en toute simplicité, l’œuvre animée la plus hallucinante et la plus matricielle depuis Akira, sorti en 1989. Plébiscité par la critique, encensé par le public, GITS est un film fondamental qui inspirera bon nombres de réalisateurs par la suite. En terme de production, c’est impeccable, les moyens sont là et Oshii fait tous les bons choix. De la somptueuse musique de Kenji Kawai jusqu’à l’incroyable beauté de l’animation, rien n’est laissé au hasard.

 

Dans les années qui suivent GITS, le studio se concentre essentiellement sur la production de films et d’OAV. Il collabore notamment avec la Gainax sur le premier film Evangelion: Death and Rebirth avec toujours ce même souci de rigueur et d’excellence. A l’aube de l’an 2000, la sortie de Jin-Roh remet un coup de projecteur sur Production I.G. Réalisé par Hiroyuki Okiura et scénarisé par Oshii, cette uchronie absolument passionnante est présentée à la 49ème Berlinale ainsi qu’au Festival d’Annecy. Une fois encore, l’animation et le dessin sont incroyables et le film montre à nouveau, la richesse de la Japanimation. Tout juste un an après, en 2000, c’est au tour de Blood, The Last Vampire d’affoler les critiques. Son mix 2D/3D, son format bâtard de 48 minutes et le mélange de japonais et d’anglais en font une œuvre unique. Techniquement irréprochable, le titre devient vite une franchise avec des jeux-vidéos, un manga et des nouvelles.

blood (1)

Les années 2000 assiéront définitivement Production I.G au sommet de la production animée. En 2003, Tarantino fait appel au studio pour la séquence animée de son Kill Bill. L’année d’après, le studio produit l’un des animes les plus barré et hystérique de la Japanimation, Dead Leaves. Mais l’événement, cette année-là, c’est la sélection au Festival de Cannes de Ghost in the Shell 2: Innocence. Mamoru Oshii officie toujours comme réalisateur et pousse encore plus loin les limites de l’animation japonaise. Hautement philosophique, Innocence est un objet contemplatif et fascinant. Depuis lors, que ce soit en collaborant avec le collectif Clamp, sur les films Tsubasa et xxxHolic ou en travaillant de nouveau avec Oshii sur The Sky Crawlers, jusqu’à la sortie, cette année, du poétique et déchirant L’île de Giovanni, Production I.G a su garder une image de référence et d’excellence. D’ailleurs, certains réalisateurs hollywoodiens ne s’y trompent pas et ce ne sont ni Tarantino, ni Cameron et ni les Wachowski qui diront le contraire.

 

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