Les grands studios d’animation japonais : Studio 4°C

Les grands studios d’animation japonais : Studio 4°C

Comme tout bon geek/otaku (rayez la mention inutile), vous avez vu et revu un très grand nombre d’animes, de films et d’OAV, mais connaissez-vous vraiment les studios qui se cachent derrière ces productions?! En cette rentrée 2014, je vous propose un petit dossier concocté avec amour, sur les studios d’animation nippons. Découverte pour certains, révisions pour d’autres, quel que soit votre niveau de connaissances sur le sujet, vous y trouverez forcément votre compte.

 

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Studio 4°C, le studio tout terrain

 

Le Studio 4°C a été créé en 1986 par Kôji Morimoto (les omnibus Animatrix et Genius Party), Eiko Tanaka (Directrice générale du studio) et Yoshiharu Satô. L’idée première du studio fut de toujours travailler sur des matériaux originaux et personnels, sans limites de format ou de support. Le nom 4°C a d’ailleurs était choisi car c’est la température à laquelle l’eau est la plus dense. Un nom qui va comme un gant à ce studio qui ne s’impose aucune contrainte et qui déborde de créativité. Durant, une dizaine d’années, 4°C s’illustre quasi uniquement dans la production pure et dure, notamment par le biais de Eiko Tanaka qui avait officié auparavant en tant que productrice sur Mon Voisin Totoro de Miyazaki. C’est en 1995, que le studio tire ses réelles premières cartouches, avec l’omnibus Memories. Le triptyque est intégralement écrit par Katsuhiro Ôtomo, qui à l’occasion, en réalise un, tandis que les deux autres sont mis en scène par Kôji Morimoto et Masao Kawashiri. Rajouter à cela, Satoshi Kon également à l’écriture sur un segment et vous obtenez une œuvre ambitieuse et singulière. Le studio voit les choses en grand pour l’époque et tente de nouvelles approches en terme d’animation assistée par ordinateur. En parallèle, il produit également un incroyable clip pour l’artiste japonais Ken Ishii et son morceau Extra. 4°C a toujours eu une approche très moderne de l’animation, n’hésitant pas à multiplier les expériences et les collaborations. Ainsi, en 1997, il nous balance, en partenariat avec Bandaï, le court-métrage Noiseman Soundinsect, réalisé par Kôji Morimoto, qui à la fin des 90’s, devient le réalisateur principal du studio. Une fois encore, le studio fait preuve d’audace graphique (couleurs, perspectives) et semble instaurer sa patte de touche-à-tout de talent.

 

sprigganEn 1999, boum, on se prend le film Spriggan en pleine face. Intégralement supervisé par Katsuhiro Ôtomo (encore lui) et réalisé par Hirotsugu Kawasaki, cet incroyable film de SF repousse encore un peu plus les techniques d’animation. C’est beau, c’est nerveux et on sent que Ôtomo n’est pas loin. Ne voulant pas uniquement se cantonner à la production de longs et de courts, le studio s’en retourne vers le clip, pour illustrer un morceau du groupe J-Pop, Glay. L’année 2000 marque un tournant, puisque le studio est primé pour une pub pour des baskets de la marque Hong-Kongaise, La Saunda, ajoutant ainsi une corde à son arc. Une fois de plus, c’est Kôji Morimoto qui est aux commandes.

 

Devenant expert dans l’art de multiplier les projets, 4°C se lance dans la production d’un nouvel omnibus en 2001, Digital Juice. Le nouveau pari est de réunir six artistes travaillant dans différents secteurs: l’animation, la pub, la bande-dessinée, le jeu-vidéo et le cinéma, et de leur faire réaliser un segment d’une collection de six court-métrages. Le studio affirme plus que jamais son besoin de pluralité et son envie de croiser les médias. En résulte, une œuvre expérimentale méconnue, bien que fascinante. 2003, en pleine vague Matrix, le studio produit Animatrix (5/9 épisodes) en collaboration avec d’autres, dont le studio Madhouse. Le projet est dense et ambitieux, les frères Wachowski s’impliquent dedans et de grands noms de la japanimation sont présents tels que Shinichiro Watanabe (Cowboy Bebop, Samurai Champloo), Mahiro Maeda (Gankutsuou) et l’indéboulonnable du studio 4°C, Kôji Morimoto. Pari remporté haut la main, puisque Animatrix parvient à étendre l’univers de la trilogie existante et parvient même à dépasser l’intérêt des deux derniers opus. Graphiquement somptueux, Animatrix est un omnibus de plus à l’actif du studio, qui se fait une spécialité des œuvres plurielles.

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Eiko Tanaka sent comment le vent tourne et fait en sorte que le studio soit constamment en mouvement. En 2004, il se retrouve donc aux commandes d’une campagne de trois spots pub pour Nike et en 2006, il adapte le manga Tekkonkinkreet (Amer Béton) et confie la réalisation à l’américain Michael Arias, producteur de Animatrix. Tout ça reste dans la famille… Le film est une réussite totale et poursuit la tradition d’une animation nouvelle et innovante. Pendant les six années suivantes, le studio continue de jongler avec les projets, jusqu’en 2012, où il initie une nouvelle et surprenante collaboration avec Toyota. PES (Peace Eco Smile) est un projet web cherchant à sensibiliser le public à l’écologie. 4°C s’épanouit dans le cross-media et cette année là, elle le crie au et fort, puisqu’en plus de PES, il signe une pub pour Volvic et fait appel à un ancien habitué du studio, Katsuhiro Ôtomo, au chara-design. C’est également en 2012, qu’il débute la super-production de la trilogie Berserk: The Golden Age, d’après le manga éponyme de Kentaro Miura. Avec cette œuvre, le studio surprend par la noirceur de son propos et son approche très seinen, loin de son délire pop, habituel.

 

Le studio 4°C a totalement comprit que la diversité qu’offrent les différents supports et médias est primordiale pour exister. Ne reculant devant aucun défi surtout si cela lui permet de se frotter à un nouveau mode d’expression, le studio cultive l’art de la diversité et de la pluralité.

 

 

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