Les grands studios d’animation japonais: Sunrise

Les grands studios d’animation japonais: Sunrise

Comme tout bon geek/otaku (rayez la mention inutile), vous avez vu et revu un très grand nombre d’animes, de films et d’OAV, mais connaissez-vous vraiment les studios qui se cachent derrière ces productions?! En cette rentrée 2014, je vous propose un petit dossier concocté avec amour, sur les studios d’animation nippons. Découverte pour certains, révisions pour d’autres, quelque soit votre niveau de connaissances sur le sujet, vous y trouverez forcément votre compte.

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Sunrise, le studio Mecha

 

Le studio Sunrise partage les mêmes origines que le studio Madhouse, puisque ce sont d’anciens membres de Mushi Production qui en sont les instigateurs. La boite de production de Osamu Tezuka battant de l’aile, certains se dirent qu’il était temps d’aller voir ailleurs. C’est donc la même années, en 1972 que les deux studios virent le jour. Pendant quelques années, le studio Sunrise se cantonne à s’occuper des commandes qu’il reçoit d’autres entreprises. Ce n’est qu’en 1977, qu’il officie en totale autonomie sur la série de proto-mecha, Super Machine Zanbot 3, réalisé par Yoshiyuki Tomino. L’année suivante, il remet le couvert avec The Unchallengeable Daitarn 3. Ces deux séries n’étaient que des essaies, des rampes de lancement pour LE titre du studio, LA référence du mecha, Mobile Suit Gundam. Cette série de SF sur fond de guerre galactique, est diffusée en 1979 et elle hisse Sunrise au sommet. Dès lors, le studio se place en spécialiste du genre. Gundam est aux otakus, ce que Star Wars est aux geeks. Malgré des débuts mitigés aux débuts des années 1980, la série finit par cartonner au Japon et devient un véritable phénomène de société, entraînant une franchise à part entière. Tomino est alors intronisé roi incontesté des mechas. Entre 81 et 82, le studio sort trois films Gundam, compilant des scènes de l’anime, agrémentées de quelques-une inédites. Durant toute la décennie, Sunrise produit des dizaines d’animes de SF, très souvent orientés mecha. Mais le studio sentant l’engouement autour de Gundam, commande une suite à Yoshiyuki Tomino. Ainsi, en 1985, Mobile Suit Z Gundam (Z pour Zeta) replonge dans l’univers de son aîné après une ellipse de sept ans. L’univers y est plus sombre et cette série de 50 épisodes sera par la suite considérée comme l’une des meilleures de la saga.

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Pour battre le fer tant qu’il est encore chaud, dès 1986, le studio enchaîne sur Mobile Suit Gundam ZZ. Conçu initialement pour être la saison 2 de Gundam Zeta, le titre devint finalement un nouvel anime à part entière, de 47 épisodes. Tomino continue d’explorer son univers tout en étoffant sa mythologie mais l’approche plus enfantine et humoristique déplaît aux fans. En parallèle, Sunrise continue de produire de nombreuses séries toujours dans l’esprit SF, jusqu’à l’arrivée d’un titre qui ne ressemble alors à rien de ce qu’ils ont produit jusqu’ici. En 1987, le studio se voit confier l’adaptation du manga City Hunter (aka Nicky Larson) de Tsukasa Hôjô. On laisse de côté les gros robots et on plonge dans les enquêtes policières de ce gros pervers de Ryô Saeba. Sunrise, même s’il ne parvient pas à égaler le manga, réussit à en restituer l’esprit général. L’anime s’exporte bien à l’étranger et comme souvent, débarque sur notre vieux continent par le biais de la France. Le studio n’en oublie par pour autant sa poule aux œufs d’or et en 1988, il sort le premier film original issu de la franchise: Mobile Suit Gundam: Char Contre-Attaque, sensé clôturer la première salve de séries. Le public ne se lasse pas et le film cartonne à sa sortie. Pourquoi s’arrêter là?! Cette même année, sort également l’OAV Mobile Suit Gundam 0080 : War in the Pocket, qui raconte une histoire annexe en marge de la série originale. Le studio n’en finit plus d’exploiter le filon et les fans en redemandent. Tant est si bien que les autres titres produits par la firme sont quelque peu éclipsés, hormis City Hunter qui connaît un beau parcours avec deux autres séries et un film à la fin des 80’s.

 

Après une tentative d’anime sur des courses automobile dans Future GPX Cyber Formula, Yoshiyuki Tomino, souhaite relancer la saga. En 1991, il réalise le film Mobile Suit Gundam F91, qui débute la seconde saga Gundam mais le succès n’est pas à la hauteur des attentes. Par contre, la série de seize OAV Mobile Suit Gundam 0083 : Stardust Memory casse la baraque dans l’archipel nippon. Deux après F91, sort Mobile Suit Victory Gundam, sa suite, trente ans plus tard. En résulte, une série profondément sombre due à l’état dépressif de Tomino. Avec Gundam V, il réalise la dernière série à se passer dans l’Universal Century, le «calendrier» d’origine de l’univers Gundam. Nouvelle chronologie, nouveau réalisateur… Tomio laisse la main à Yasuhiro Imagawa pour réaliser la série Mobile Fighter G Gundam. Elle se déroule donc dans un univers alternatif à la saga d’origine et prend des airs shônen, éloignés de l’œuvre de base. C’est durant cette année 1994 que le studio Sunrise se fait racheter par le géant Bandaï qui voit dans Gundam une manne financière de premier choix.

 

cowboy-bebop-desktop-wallpaper-360370744Pour tenter de capter un public plus large, le studio lance en 1996, la série de fantasy, Vision d’Escaflowne. Le réalisateur Kazuki Akane collabore avec Shôji Kawamori (Macross) qui s’occupe, lui du scénario. Sur fond de pays en guerre, de chevalerie et de cartomancie, le studio Sunrise parvient à glisser ce qui a toujours fait sa renommée, des mechas. L’anime est une totale réussite et s’exporte très bien, même s’il faut attendre 1999 pour le voir diffusé chez nous. Mais avant ça, en 1998, alors que deux nouveaux animés Gundam sortent, c’est surtout l’arrivée fracassante de Cowboy Bebop qui met tout le monde d’accord. Shinichiro Watanabe nous balance un western SF à la fois classe et cool. Sunrise reste dans l’espace mais s’écarte sensiblement de son terrain de prédilection. Le succès est immédiat est Cowboy Bebop s’inscrit dans le renouveau que la japanimation connaîtra à l’entame du nouveau millénaire. Dans le courant des années 2000, s’en pour autant laisser la saga Gundam de côté, le studio s’évertue à se diversifier et y parvient grâce à quelques titres tels que Witch Hunter Robin, Gintama, Code Geass ou encore dernièrement l’excellent Tiger & Bunny et le touchant Colorful. Pour autant, Sunrise restera à jamais le studio d’une saga, l’un des maîtres du genre et quand on se dit qu’à ce jour, Gundam c’est plus de vingt séries, cinq films et une dizaine d’OAV se partageant deux univers d’une même mythologie débutée en 1979, ça donne réellement le tournis!

 

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