Les grands studios d’animation japonais: TMS Entertainment

Les grands studios d’animation japonais: TMS Entertainment

Comme tout bon geek/otaku (rayez la mention inutile), vous avez vu et revu un très grand nombre d’animes, de films et d’OAV, mais connaissez-vous vraiment les studios qui se cachent derrière ces productions ?! En cette rentrée 2014, je vous propose un petit dossier concocté avec amour, sur les studios d’animation nippons. Découverte pour certains, révision pour d’autres, quel que soit votre niveau de connaissances sur le sujet, vous y trouverez forcément votre compte.

 

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TMS Entertainment, le studio des gentlemen badass

 

Le studio TMS Entertainment n’est, une fois n’est pas coutume, pas issu d’un studio pré-existant, puisqu’il est le fruit de la fusion de deux filiales de la compagnie Sega. Actif dans le domaine de l’animation depuis 1964, le studio ne prend ce nom que bien plus tard, passant par de nombreux remaniements au fil des années. Par souci de clarté, je nommerai le studio TMS, du début à la fin. Pour sa première série, le studio se lance dans l’adaptation d’un titre d’Osamu Tezuka, Big X. La série, mixant S.F et expérimentations nazies, est un échec qui ébranle le studio jusqu’au plus haute sphère puisque Yutaka Fujioka, fondateur du studio est rétrogradé comme membre du bureau exécutif. En 1965, l’arrivée de vétérans de la Tôei au sein d’un studio annexe associé, A Production, permet de mieux répartir les rôles au sein de TMS. Cela porte vite ses fruits puisque la fin des années 60 voit enfin le succès arriver avec notamment Obake no Q-Taro, Paaman et Kaibutsu-kun. Fort de cette réussite, le studio A Production embauche quelques grands noms au début des années 70. Jugez plutôt… Yasuo Ōtsuka, Isao Takahata, Hayao Miyazaki et Yōichi Kotabe, pour ne citer que ceux-là. En 1971, ensemble, ils accouchent du célèbre gentleman, Lupin III. Présenté comme le petit-fils de Arsène Lupin, créé par Maurice Leblanc, Lupin (ou Edgar en France pour des histoires de droits) est un cambrioleur malin, à la coolitude assumée. Tirée d’un manga de l’auteur Monkey Punch, la série est devenue culte bien plus tard mais sur le moment, le succès fut assez mitigé.

 

chateau-cagliostro_0Un an après, le duo Miyazaki/Takahata se lance dans le premier projet ciné du studio, Panda Kopanda, qui se présente sous la forme de deux court-métrages. Le film (un peu plus d’une heure) marche bien auprès du public et confirme le talent du duo. Cela ne les empêche pas avec Yōichi Kotabe de quitter le studio pour aller voir si l’herbe est plus verte ailleurs. Cette même année, Osamu Dezaki fonde avec d’autres le studio Madhouse et il parvient à lui faire sous-traiter l’animation de nombreuses séries de TMS. Jeu, Set et Match!, Rémi Sans Famille, La Rose de Versailles (Lady Oscar) ou L’île aux Trésors, sont autant de réussites qui parviennent jusqu’à nous. Même si les succès s’enchaînent, les relations entre TMS et A Production se dégradent et en 1976, c’est le divorce. Le studio devient alors officiellement TMS (Tokyo Movie Shinsha). Dans la foulée, la suite de Lupin III est diffusée et rencontre un plus grand succès que la première série. En 1978 et 1979, sortent coup sur coup deux films d’animations autour de Lupin III, Le Secret de Mamo et Le Château de Cagliostro. Des deux, on retiendra surtout le second, réalisé par Hayao Miyazaki, qui n’était finalement pas parti bien loin… À la fois beau et maîtrisé, le film inspiré de Le Roi et l’Oiseau, est une véritable pépite de l’animation japonaise.

 

Au tournant des 80’s, on retrouve de nouveau Osamu Dezaki sur la seconde adaptation du mythique manga de boxe, le film Ashita no Joe II, tandis que Toshio Takeushi s’occupe lui, de la série du même nom. Pour élargir ses horizons, TMS collabore avec notre cher pays la France, pour produire un anime qui bercera toute une génération, Ulysse 31. Créée par Bernard Deyriès, Jean Chalopin et Nina Wolmark d’après L’Odyssée d’Homère, cette relecture S.F marque son époque, surtout chez nous. À noter le travail du grand Shôji Kawamori (Macross) au niveau du mecha-design. L’année 1982 voit la naissance à la télévision et au cinéma d’un autre gentleman, plus badass, Cobra. Cette série, entre space-opéra et hard scifi façon Philip K. Dick, compte trente-et-un épisodes et balance un scénario adulte qui la rend instantanément culte. Le film, sobrement intitulé Cobra – Le Film reprend des éléments de la série mais s’en éloigne quand même. Avec Cobra, on découvre un personnage au charisme incroyable, dont le physique et l’esprit, de l’aveu de l’auteur, sont inspirés par Jean-Paul Belmondo. TMS semble avoir un faible pour les anti-héros à la fois cool et iconiques.

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Ça ne les empêche pas, l’année suivante, de mettre à l’honneur des femmes, elles aussi cambrioleuses, Cat’s Eye adapté du manga éponyme de Tsukasa Hôjo. Les trois héroïnes moulées dans leurs combinaisons de cuir font alors fantasmer toute une génération. C’est aussi en 1982 que le studio sort le film Golgo 13, sorte de James Bond nippon, sous la houlette du réalisateur Osamu Dezaki, encore lui. Deux ans plus tard, TMS signe une nouvelle collaboration internationale, avec l’Italie cette fois, pour Sherlock Holmes réalisé par Kyousuke Mikuriya et Hayao Miyazaki. La série s’inspire du célèbre détective et joue la carte de l’anthropomorphisme. Une fois encore, le studio s’approprie un personnage qui en impose et la série, s’adressant aussi aux enfants, est une vraie réussite.

 

55210d3a05241d869c36321590adfc8d1323300816_fullEn dehors d’un troisième film Lupin, la fin des 80’s gravera à jamais les initiales du studio au Panthéon de la japanimation à travers un film. L’énorme bombe cyberpunk Akira, réalisé par Katsuhiro Ôtomo, débarque en 1988 et met une claque monumentale à la gueule de tout le monde. Tout a été dit ou presque sur ce monument de l’animation qui devient très vite une référence absolue. L’année suivante, il s’illustre dans un tout autre domaine mais avec autant de talent, en se lançant dans la production de Little Nemo: Adventures in Slumberland (Nemo au Japon). Ce très beau film d’animation co-réalisé par Masami Hata et l’américain William T. Hurtz est librement adapté de la bande-dessinée de Winsor McCay. Le futur réalisateur d’Harry Potter, Chris Colombus est d’ailleurs crédité au scénario. Nemo (pas le poisson, donc) se pose en véritable ode à l’onirisme, foisonnant d’idées et pourvu d’une animation ambitieuse. Malgré cela, le film ne fonctionne pas suffisamment et met le studio en difficulté.

 

Durant les années 90, TMS se diversifie à travers différentes adaptations à succès parmi lesquelles Magic Knight Rayhearth de Clamp, B’t X de Kurumada et surtout Détective Conan qui après plus de sept cent épisodes et treize films, est toujours en cours de production. Avec cette nouvelle réinterprétation de l’image du détective, le studio trouve sa poule aux œufs d’or et approfondit la thématique détective/hors-la-loi. Hormis D-Gray Man, le dernier gros projet du studio est arrivé en 2009, sous les traits des OAV Saint Seiya: Lost Canvas. TMS dépoussière nos petits chevaliers et nous offre une animation racée et un chara-design de qualité. Malheureusement, la série n’aura jamais de fin. En 50 ans de carrière, TMS Entertainment a su montrer son savoir-faire et son amour pour les personnages hauts en couleurs, à la fois cool et classes. Des gentlemen, quoi !

 

 

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