Les grands studios d’animation japonais : Tôei Animation

Les grands studios d’animation japonais : Tôei Animation

Comme tout bon geek/otaku (rayez la mention inutile), vous avez vu et revu un très grand nombre d’animes, de films et d’OAV, mais connaissez-vous vraiment les studios qui se cachent derrière ces productions?! En cette rentrée 2014, je vous propose un petit dossier concocté avec amour, sur les studios d’animation nippons. Découverte pour certains, révision pour d’autres, quel que soit votre niveau de connaissances sur le sujet, vous y trouverez forcément votre compte.

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Tôei Animation, le studio à licences

 

Véritable mastodonte de la japanimation, Tôei Animation est un pionnier dans le domaine, puisqu’il existe depuis 1948. Au début des 50’s, le studio ricain de la souris aux grandes oreilles suscite un grand intérêt au Japon et donne des idées à Tôei. Dans un premier temps, le studio va essentiellement produire des spots publicitaires mais très rapidement, un «émissaire» est envoyé aux États-Unis pour étudier les techniques d’animation et de colorisation de Disney. En 1958, Tôei sort son premier long-métrage, La Légende du Serpent Blanc, réalisé par Taiji Yabushita et Kazuhiko Okabe. Ce film, inspiré d’une légende chinoise, est reconnu pour être le premier long-métrage en couleur de l’histoire de la japanimation et s’exportera notamment aux USA. Durant les années 1960, le studio mène un bras de fer avec Mushi Production, l’autre studio pionnier, de Osamu Tezuka, qui propose à ce moment-là sa série Tetsuwan Atomu (Astro Boy). De plus, certains membres, dont un certain Hayao Miyazaki, se plaignent des conditions de travail et des salaires au sein de la Tôei et la production s’en ressent. Malgré tout, durant l’été 1968, sort Horus, Prince du Soleil, réalisé par un des futurs cofondateurs du studio Ghibli, le grand Isao Takahata (Le Tombeau des Lucioles). Il aura fallu trois ans de développement pour que le film voie le jour mais le réalisateur et ses compères, Miyazaki et Yoichi Kotabe, finissent par imposer leur point de vue. Pour autant, le film est un échec commercial. Un an plus tard, Tôei signe un film important dans sa filmographie, Le Chat Botté, dont le personnage principal, le chat Perro, deviendra la mascotte et le logo du studio.

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Le début des 70’s voit le studio réduire sa production de films au profit des séries télévisées. Il adapte essentiellement des mangas à succès publiés dans le magazine Shônen Jump, dont ceux de Go Nagai. Mazinger Z et UFO Robo Gurendaiza (Goldorak) cartonnent auprès d’un large public et lance le genre mecha, encore balbutiant. Le space opera a le vent en poupe et Tôei profite de l’engouement planétaire pour Star Wars en se lançant également dans l’adaptation de titres SF de Leiji Matsumoto comme Captain Harlock (Albator) et Galaxy Express 999. Dans le même genre et toujours pour surfer sur la vague, le studio sort également Captain Future (Capitaine Flam) adapté des romans d’Edmond Hamilton. Il n’en oublie pas pour autant le public féminin, puisqu’il produit les aventures de l’inoubliable cruche aux grands yeux humides, Candy.

 

DrSlump02Les années 1980 seront pour Tôei Animation un véritable âge d’or avec une cinquantaine de séries produites en dix ans et pas des moindres. Le premier gros succès national du studio sera l’adaptation de Dr. Slump d’Akira Toriyama. La série, qui compte pas moins de 243 épisodes, connaît un énorme succès et, du coup, les audiences grimpent rapidement. À partir de là, c’est la déferlante, Tôei produit une nouvelle série autour de Captain Harlock (connue chez nous sous le nom d’Albator 84), s’attaque à l’adaptation du controversé Hokuto no Ken (Ken Le Survivant) tiré du manga éponyme de Tetsuo Hara et, en 1986, le studio sort deux de ses titres les plus emblématiques: Dragon Ball et Saint Seiya. C’est un véritable tsunami et personne n’est épargné. Le succès est énorme et les deux animes deviennent instantanément des classiques, des références ultimes du shônen adapté pour la TV. L’animation est hallucinante pour l’époque et Tôei façonne la culture pop japonaise, afin de mieux la vendre à l’international. Pari gagnant, puisque la grande majorité de leurs adaptations s’exportent et font notamment les beaux jours du Club Dorothée en France.

 

231690Au début des années 1990, Tôei applique la même recette que dans la décennie précédente, en adaptant Dragon Ball Z, Fly, Sailor Moon ou encore Slam Dunk, qui créé un véritable phénomène autour du basket au Japon. Le studio a le monopole et le prouve en passant d’un capital de 16 millions de yens en 1990 à 50 millions en 1992. Le merchandising rapporte énormément et l’exploitation des droits d’auteurs sur les personnages est une incroyable manne financière. La fin des 90’s les conforte à leur place de «number one», en tant qu’exploitant de licences avec les animes Yu-Gi-Oh!, Digimon et surtout avec le digne successeur de Dragon Ball, One Piece. Cependant, Tôei se voit concurrencé au début du XXIe siècle par les studios Madhouse et Sunrise. Il tente de résister en relançant ses mythiques animes et produit les OAV Inferno et Elysion de Saint Seiya et ressort la saga Dragon Ball Z en HD sous le nom de Dragon Ball Kaï. Même si Tôei Animation n’est désormais plus leader, il reste l’un des acteurs principaux de l’animation japonaise et a su montrer, depuis plus de cinquante ans, sa maîtrise et son savoir-faire en terme de production et d’exportation. Le Japon doit beaucoup à Tôei qui est une véritable vitrine sur le monde extérieur.

 

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