Les Mad Men sont-ils vraiment de retour ? (Saison 7 – Episode 1) par Alix Kerrest

Les Mad Men sont-ils vraiment de retour ? (Saison 7 – Episode 1) par Alix Kerrest

En ce mois d’Avril, le Daily Mars accueille en rédactrice invitée Alix Kerrest (@aliabeckett sur twitter). Aujourd’hui, elle revient sur le season premiere de Mad Men. Demain, il se peut qu’elle soit dans les couloirs du forum des images avec deux autres gugusses. Si vous voyez où je veux en venir… Pour l’auto-bio d’Alix, c’est ci-dessous :

Les séries, je suis tombée dedans quand j’étais petite. J’ai grandi avec elles depuis, marquée en particulier par Code Quantum, Six Feet Under et plus récemment Louie. Passionnée de fiction en tous genres, je m’intéresse tout particulièrement en ce moment aux évolutions dans la structure narrative aux travers de mes différentes passions : les contes, l’écriture de fiction, l’improvisation théâtrale et bien évidemment celles sans qui je dormirais plus mais m’émerveillerais moins : les séries !

MV5BMTg1MTIwODYwMl5BMl5BanBnXkFtZTgwNjAwNzQzMTE@._V1__SX1173_SY631_Après une saison 6 riche en rebondissements et en psychotropes qui s’était finie en ouvrant grandes les portes à un univers de possibles, nous retrouvons enfin Don Draper et sa (plus ou moins) joyeuse bande pour le début de la 7ème et dernière saison. Pour commencer la fin, Matthew Weiner prend les mêmes et recommence… par un retour en arrière.

Soyons francs les amis, à chaque saison de Mad Men, on vient pour retrouver tous ses personnages qui nous sont chers, mais surtout pour en savoir plus sur le charismatique et mystérieux Don Draper. C’est évidemment d’autant plus vrai cette année puisqu’on attend tous avec impatience la révélation et le traitement de son alter ego, Dick Whitman, l’homme qu’il était avant de changer de nom et de devenir notre Don. Et bien sûr, on attend que cette saison nous amène à sa chute ou, tel un éternel phénix, à sa renaissance.
Don Draper, qui es-tu ?

Rappelez-vous en fin de saison 6, après un petit séjour en taule, Don reconnait avoir touché le fond et semble vouloir reprendre sa vie en main. C’est ce moment qu’il choisit pour renouer avec son passé mais c’est aussi celui où ses petits camarades lui demandent fermement de prendre quelques mois de congés forcés.

Pour démarrer cette saison 7 (qui sera diffusée en 2 parties sur 2014 et 2015), Matthew Weiner joue avec nos nerfs. D’abord il nous fait languir car Don apparait seulement à la 8ème minute de l’épisode (je ne sais pas vous, mais moi ça m’a paru long). Par contre on peut dire que vraiment Don apparait. Il débarque à Los Angeles avec pour tout bagage son aplomb et son élégance naturelle comme s’il atterrissait tout bonnement dans les années 70, glissant sans bouger un muscle sur fond de mur d’aéroport en carrelage de piscine. Don arrive à Hollywood et Don se paie le luxe d’y faire son entrée au ralenti, porté en toute simplicité par « I’m a man » (The Spencer Davis Group). La classe ! Il y retrouve sa belle épouse, Megan, à qui tout semble réussir et se tape un bon sandwich avec Pete pour parler Californie, oranges et appartements. Il se la joue en rencontrant Neve Campbell dans un avion et en bossant incognito pour sa propre compagnie.

Mais ne soyons pas naïfs, Don ne serait pas Don sans sa part d’ombre. Pour faire bonne mesure, les oracles restent présents dans sa vie pour semer en lui le doute et le malaise. Les loups, la télé, Neve Campbell dans un avion (oui encore elle) sont autant de signes pour le prévenir, nous prévenir. Mais de quoi ? Qu’il faut changer ? Que le chemin vers la rédemption sera difficile ? Ou que la chute est proche ? Arrhhh. Don a l’air d’aller bien, mais comme d’habitude, derrière l’image de ce maître en la matière les fêlures sont bien visibles…
Donc voilà, pour Don on sait d’ores et déjà qu’on n’en sait pas plus…. Mais les autres. Ben oui, les autres, ils sont importants aussi !

MV5BMjMyMTEwNjc4MF5BMl5BanBnXkFtZTgwNzM3OTM0MTE@._V1__SX1173_SY587_Où en sont les autres ? Et c’est là qu’on voit que Weiner joue beaucoup trop avec des miroirs. Deux mois seulement sont passés pour nos héros des années 60 et tout a basculé. Chaque personnage paraît avoir traversé le miroir pour devenir l’opposé de lui-même en fin de saison 6 et redevenir une ancienne version de lui-même.

Notre fourbe Pete (n’est-ce pas Julia ?) peinait à garder le contrôle, coincé qu’il était entre son mariage aux orties avec sa brune, son Bob Benson dans le rétroviseur et sa mère, et bien… à la mer. Le revoilà pimpant en Californie, libre de toutes pressions, tanné par le soleil (au passage, c’est dingue à quel point le bronzage, ça ne va pas à tout le monde…), gonflé à la vitamine C et aux belles blondes. Pete semble épanoui.

Notre Peggy semblait atteindre le sommet du monde. Elle devenait Draper à la place du Draper. On la retrouve reléguée au rend de sous-fifre d’un homme sans ambition, ne maîtrisant plus rien, ni son job, ni ses locataires, ni ses émotions face à Ted. Éconduite par tous, elle tente de garder la tête haute mais se décourage et perd pied.

Roger, en pleine rupture de pont avec sa fille, se rachetait une respectabilité et peut-être une rédemption en se rapprochant de son fils. Ici, il replonge dans une vie dissolue et reste complètement déconnecté face aux autres et en particulier sa fille, qui décide subitement de tout lui pardonner.

MV5BMjMzODU4MTc3OV5BMl5BanBnXkFtZTgwMTc3OTM0MTE@._V1__SX1173_SY587_Joan enfin qui profitait de Bob Benson pour jouer au papa et à la maman, nous revient en pleine intrigue de bureau pour nous montrer encore une fois qu’il serait temps qu’elle y soit reconnue pour sa valeur. Sa storyline nous vaut l’éclat de rire de ce début de saison puisque son adversaire, le jeune directeur marketing Wayne Barnes, est campé par Dan Byrd. Pour ceux qui, comme moi, regardent encore Cougar Town, retrouver le visage poupin de Travis Cobb dans Mad Men, ça a quelque chose de vraiment surréaliste.

Bilan donc, c’est un peu « Retour vers le futur » ce retour. La dynamique de la fin de la saison 6 semble avoir disparu, au profit de… son contraire. Il faut reconnaître que la bascule s’effectue sans incohérence scénaristique, que comme d’habitude c’est beau, vibrant et brillamment interprété. On se doute bien que la manœuvre consiste à repositionner les personnages pour revenir aux fondamentaux de leurs combats respectifs. On se doute bien aussi que c’est une façon de nous offrir dans la saison 7 quelques trajectoires fulgurantes pour monter en tension vers le grand final. Mais finalement, ce premier épisode nous laisse dans une sensation de flottement, de nouvelle vision du passé et on en ressort un peu déçu mais impatient de rentrer dans le vif du sujet.

 

Partager