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LES MEILLEURES B.O. DES PIRES FILMS (1/10) Star Wars : la menace fantôme de John Williams

LES MEILLEURES B.O. DES PIRES FILMS (1/10) Star Wars : la menace fantôme de John Williams

Parler de bandes originales est un exercice parfois trop rare. Surtout quand il s’agit de le faire avec passion, savoir, et amour pour le media. Sheppard pouvait le faire, et le faire avec des références et en touchant son lecteur. Il avait ainsi lancé il y a deux ans de cela, une série « Les meilleurs BO des pires films ». Capable de dissocier les deux, d »écouter une bande son sans avoir l’image sous les yeux, il a su dans cet article encenser John Williams et crucifier Georges Lucas. Une série d’articles chouettes, qui nous entrainent dans un monde où musique rime avec imagination.
Deborah Gay

 

Salut Sheppard. Le premier truc qui me vient à l’esprit, c’est que je n’ai jamais eu la chance de te croiser. Cinéphile et mélomane entier et passionnant, je n’ai eu l’occasion que de discuter virtuellement avec toi, lors de réunions de rédaction skypée (à grands renforts de coupures et de bruits de claviers étrangers qui provoquent toujours des « qui est-ce qui tape sont clavier ? » ou de frottements sur le micro de l’ordinateur qui donnent l’impression que quelqu’un joue de la spontex…) ou bien sur le forum secret de la rédaction du Daily Mars. Mais jamais face à face.

Deux fois on a failli se croiser. Deux fois ça a capoté. Les deux fois j’avais une bonne raison, certainement. Aucun moyen de me souvenir lesquelles aujourd’hui, bizarrement. J’aurai aimé discuter avec toi de X-Files, de Batman, de cette BO de The Phantom Menace que, comme toi, j’aime beaucoup, même si je ne supporte pas, comme toi, le film (lisez le texte ci-après pour vous en convaincre, Sheppard en parle mieux que moi). Tu m’aurais certainement vanté les mérites de Person of Interest, que j’avais snobé jusque là. J’ai commencé depuis. Tu avais raison, c’est vraiment très bon.

Tu as été une addition de classe à la rubrique ciné du Daily Mars, et tu as lancé avec brio sa rubrique musique. Connement, je me souviens d’une période où invariablement, toi ou ton binôme Lordofnoyze nous gratifiaient d’une critique d’album par jour. C’est rien, mais ça me faisait plaisir de pouvoir m’appuyer sur quelque chose de régulier. Métronome.

On ne s’est jamais croisés mais on a été collègues. Et j’étais fier qu’on fasse partie de la même équipe. Salut, collègue. Et bonne route.

Dominique Montay

 

Halte là, les aminches !!! Ici Plissken qui vous parle depuis le poste de contrôle du DAMAMARHQOM (Daily Mars Martian Head Quarters On Mars) ! Ce fieffé pitbull à barbe dure de Sheppard m’oblige à sortir de ma semi-sieste dominicale pour attirer votre attention sur une vache de bonne idée qui a germé voici peu dans son cerveau malade (presque autant que celui du Dr No) : pondre pour le Daily Mars une mini série de reviews des bandes originales les plus réussies de films réputés particulièrement calamiteux. « Bon sang mais c’est bien sûr, mon Shep’, très bonne initiative mon vieux  ! » lui répondis-je, la bave au bec. Les cinéphiles mélomanes le savent mieux que tout le monde, l’avantage des pires nanars, c’est qu’ils peuvent parfois offrir des compositions d’un souffle et d’une force inversement proportionnels à leur crasse médiocrité artistique. Sheppard a sélectionné 10 B.O du genre dont la beauté fait d’autant plus amèrement regretter la pauvreté des films qu’elles accompagnent. Deux semaines durant, du lundi au vendredi, Sheppard rendra ainsi un vibrant hommage à l’un de ces trésors discographiques, à redécouvrir séance tenante à défaut de réhabiliter les purges correspondantes. Bonne lecture et bonne écoute !

 

Star Wars épisode 1 : La menace fantôme de John Williams

S’il est une tradition que j’essaie d’honorer autant que possible, c’est celle d’écouter la bande originale d’un film avant sa sortie en salle. Car, plus qu’une bande annonce faites d’extraits remontés dans le but d’attirer le chaland, la bande originale est parfois le seul « bout » de film non remanié disponible deux à trois semaines avant sa sortie. Lorsque celle-ci est décevante, voire carrément à chier, son écoute permet de revoir à la baisse l’attente peut-être exagérée dudit film. En revanche, lorsque la bande originale explose tous les espoirs au point d’en devenir magique, on se dit qu’il est impossible que le film soit une déception, encore moins une bouse.

De mémoire de cinéphile, on avait rarement été autant au taquet entre le moment où Lucasfilm inonda la toile Net de la première bande annonce du nouveau Star Wars et le moment de sa sortie en salle. Rappelez-vous cette ambiance mystérieuse, ces plans fugaces sur de nouveaux mondes incroyables, cette atmosphère presque contemplative pour déboucher sur une succession de scènes laissant croire à un récit sombre et un brin shakespearien, mais avec de l’humour quand même, enfin un Star Wars quoi. Je ne connais personne parmi les amoureux de la saga qui à l’époque pouvait honnêtement dire : « ce film va être une daube ». Mis à part ceux qui avaient aussi « deviné » la fin de The Sixth Sense, mais sont-ils vraiment honnêtes ?

C’est ainsi que deux semaines avant la sortie du film, je me procure la seconde bombe dans la tronche, le score tant attendu de John Williams. Rien que sur l’ouverture, le frisson de l’aventure spatiale venait à nouveau me parcourir l’échine comme jamais, pour se transformer en béatitude totale dès le deuxième morceau, le fameux Duel of Fates. Plus que de confirmer le peu que j’avais vu lors de la bande annonce, la puissance tragique du score de Williams venait d’exploser littéralement toutes mes attentes. Star Wars : La menace fantôme allait être le saint Graal tant espéré. Impossible qu’avec une telle musique, il en soit autrement.

Je ne reviendrais pas sur le cauchemar que fut la première vision du film. Comment George Lucas avait-il pu rater son film à ce point restera un mystère pour moi. Rien de ce que j’avais ressenti lors de l’écoute de la bande originale, ne s’était matérialisé sur l’écran. C’est à croire que Williams et moi n’avions pas vu le même film. Pis encore, la nullité crasse de ce premier épisode entachait presque définitivement la magnificence de sa musique, à tel point qu’il m’est aujourd’hui impossible de la réécouter sans qu’un sentiment de gâchis monstrueux vienne poindre le bout de son gros groin dégueulasse. J’aurais aimé n’avoir jamais vu le film et rester sur cette impression de bonheur total.

Même si Lucas est parvenu à quelque peu corriger le tir sur les deux épisodes suivant, cette nouvelle trilogie reste bien en deçà de l’impeccable travail fourni par Williams. D’une certaine manière, il aurait dû lui filer le script avant de tourner quoique ce soit, ça nous aurait peut-être évité bien des souffrances. Bien sûr, je me suis jeté sur la version Ultimate lorsqu’elle est sortie et son écoute n’a fait que confirmer ce que je savais déjà. Il manque un Star Wars à cette musique, un Star Wars qui soit à la hauteur du travail de son immense compositeur.

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