Les oiseaux de lumière : retour dans les 80’s

Les oiseaux de lumière : retour dans les 80’s

Note de l'auteur

Oap Täo, le baroudeur de l’espace de Jean-Marc Ligny revient dans de nouvelles aventures, à la recherche des mystérieux oiseaux de lumière dans un roman qui fait bien vintage. Et peut se lire indépendamment.

jl-millenaires6058L’histoire : Personne ne sait ce dont il s’agit ni d’où ils viennent. Mystérieux et magiques, les oiseaux de lumière fuient l’homme et se baladent dans l’espace. Oap Täo, un pirate un peu dragouilleur, Frieda Koulouris, toujours un peu amoureuse de lui et à la tête d’un empire médiatique, et la mystérieuse journaliste Hu-Reï se mettent à la recherche de ces animaux fabuleux, tout en zigzagant dans l’espace, à la rencontre des autres espèces extraterrestres.

Mon avis : Il y a quelque chose à la fois de très agaçant et de très agréable dans ce dernier livre de Jean-Marc Ligny. En ayant deux personnages féminins forts et un propos libéré sur la sexualité, il arrive aussi à donner l’impression d’avoir écrit ce livre il y a plus de trente ans. Entre la moustache du héros, ses propos sur Frieda et les extraterrestres, c’est en même temps naïf et parfois à faire soupirer son lecteur. Et cela dès la troisième page où un robot consacré à la sexualité se révèle avoir une beauté toute « eurasienne ». Si vous voulez savoir à quel point c’est un cliché usé et re-usé, allez jeter un œil à cette critique d’Ex-Machina, où le robot complètement jetable et sexuel est aussi… asiatique. Bref, un roman publié en 2001 et qui a donc pris un sacré coup de vieux.

Oap Täo n’a rien de vraiment charmant, ni côté fripouille au grand cœur ou même une pointe de sagesse, et le livre tout entier se tourne vers une femme, étrange, belle et qui semble souvent ailleurs. Si toute relation autre est possible, elle est avant tout saphique dans cet ouvrage écrit à destination, semble-t-il, plus d’un lectorat masculin.

Jean-Marc Ligny

Jean-Marc Ligny

Malgré tout, Les Oiseaux de lumière garde un charme désuet. Celui d’une certaine SF des années 80/90 où Han Solo était le nec plus ultra du brigand, où les robots philosophaient (et toute ressemblance avec C3PO est interdite), et on se demandait quel était le sexe des anges. (Je n’ai rien contre la SF de ces années-là, La Danse des étoiles a été l’un de mes coups de cœur 2015). Quelques jolies trouvailles aussi, comme celle de ces fleurs méditatives qui aspirent la vitalité des hommes et des femmes décidant de vivre en symbiose avec eux. Bref, un vrai retour dans le passé.

Si vous aimez : Les vieux livres pockets argentés dont on pouvait lire le début de l’histoire sur la couverture.

Autour du livre : Lors de sa sortie, le livre avait obtenu le prix Tour Eiffel.

Extrait : « Désormais, Frieda est seule, accaparée par son métier. Elle rencontre parfois de quoi satisfaire ses besoins physiques ou désirs de romance au cours de voyages ou de cocktails comme celui-ci, mais son cœur demeure sec et vide, un vide qu’elle s’efforce de combler par le travail et la réussite professionnelle. Et voilà qu’au moment le plus inattendu – évidemment – Oap Täo décroche à nouveau cette flèche perfide. Arrêté au cours d’une chasse à l’oiseau de lumière… Donc il se retrouve quelque part dans le Système solaire, pas très loin d’ici peut-être… Peut-elle faire quelque chose pour lui ? Peut-elle le voir au moins ? Est-ce judicieux ? Se souviendra-t-il de cette étudiante timide qui le questionnait du bout des lèvres et le dévorait des yeux ? C’était il y a – mon dieu – trente-six ans… A-t-elle changé à ce point ? Et lui ? »

Sortie : janvier 2016, éditions Actu SF, collection Les Trois Souhaits, 443 pages, 18 euros. 

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