Avant-première : Les Témoins (France, minisérie)

Avant-première : Les Témoins (France, minisérie)

Ce devrait être un des événements de l’année 2015 : Hervé Hadmar et Marc Herpoux (Les Oubliées, Pigalle la Nuit, Signature) feront leur grand retour sur le petit écran. Avec Les Témoins, ils retrouvent le Nord mais explorent un nouveau territoire : le thriller pur et dur. Premières impressions sur la série avant sa diffusion sur France 2.

 Synopsis : Le nord de la France. Des tombes profanées. Des morts qu’on déterre et qu’on installe dans des maisons-témoins. À chaque fois, une femme, un homme, une adolescente qui ne se connaissaient pas et qui forment à présent « une nouvelle famille ». Au milieu des corps, des meubles immaculés et des photos de famille idéalisées. Sandra Winckler, jeune flic chargée de l’affaire, découvre la photo de Paul Maisonneuve, une ancienne légende de la PJ de Lille qui va devoir « revenir aux affaires ».

Thierry Lhermitte, le mystérieux Paul Maisonneuve des Témoins.

Thierry Lhermitte, le mystérieux Paul Maisonneuve des Témoins.

Présentés en avant-première pour le lancement des Saisonniers, club des amateurs de séries développé par l’agence Kandimari (Série Series), les premiers épisodes des Témoins, minisérie de six épisodes de 52 minutes, ont marqué les esprits pour de multiples raisons. En attendant son arrivée sur France 2, nous vous proposons un petit tour des spécificités du projet.

1. La promesse d’explorer la série de genre est tenue

Lors de la présentation du projet en avant-première pendant le festival Série Series à Fontainebleau, Hervé Hadmar, cocréateur et réalisateur, avait donné le ton : Les Témoins serait un pur thriller. Un genre qui obéit à des codes (le poids du passé, les entraves du présent), avec ses figures obligées (des personnages qui s’opposent mais souvent se ressemblent) et une mécanique narrative de haute précision (savoir varier les rythmes pour mieux « marquer » les montées de tension).

En regardant les premiers épisodes de la série, on comprend vite que Marc Herpoux et lui-même ont étudié avec attention cette façon de raconter des histoires. Paul Maisonneuve, au centre de l’histoire, est un personnage ambigu à souhait et les personnages qui l’entourent sont comme autant de miroirs qui renvoient une image de lui. Jouant avec les nuances de gris, le récit gagne rapidement en épaisseur, tandis que la tension dramatique va crescendo.

2. L’univers des 2 H est bien là… mais de façon différente

L’univers de Marc Herpoux er Hervé Hadmar combine depuis le départ le souffle et le son. Le souffle de la mise en scène et le son des voix qui font vivre un univers complexe, où l’on rentre dans les têtes. En collant encore plus près au thriller, les deux créateurs devaient tout à la fois garder la singularité de leur univers et en même temps, répondre aux obligations d’un genre.

C’est ce qui donne aux Témoins un statut un peu à part si on compare ce projet aux précédentes productions du duo. Ici, la richesse des personnalités est entièrement au service de l’efficacité du récit. Lors de la projection, certaines personnes ont été surprises (déstabilisées ?) par cela. Nous, pas vraiment : si Les Témoins marque sa singularité, elle reste une série qui fait la part belle aux dilemmes moraux au cœur de l’histoire. Et c’est précisément ce qui en fait une minisérie prenante.

3. La distribution est très bien choisie
temoins

L’affiche de la série donne le ton.

Depuis les débuts de leurs aventures sérielles à la télé française, Marc Herpoux et Hervé Hadmar ont pris l’habitude de bien choisir les comédiens qui donnent vie à leurs créations. Après Gamblin hanté par son enquête dans Les Oubliées, après l’étonnant duo Simon Abkarian/ Catherine Mouchet de Pigalle la nuit et le face-à-face Sandrine Bonnaire/Sami Bouajila dans Signature, Les Témoins s’appuie principalement sur un binôme détonnant, composé de Thierry Lhemitte et Marie Dompnier.

Si le premier incarne avec conviction un personnage multifacette, la seconde, aperçue dans Détectives et Les Gazelles, offre une prestation particulièrement solide. Au second plan, Laurent Lucas et Jan Hammenecker sont au diapason. On obtient une palette intéressante de personnages.

4. Une atmosphère à part

Dès la scène inaugurale du premier épisode (au générique duquel un certain Dominique Montay est crédité en qualité de co-scénariste), Les Témoins imposent un ton, une ambiance que l’on ne voit que très peu à la télé française. Adroitement, patiemment, le récit tricote une histoire qui parvient à préserver cette atmosphère qui colle à l’histoire et aux personnages. Le public se retrouve face à quelque chose de grave, sombre voire glauque, mais qui ne se complaît pas « juste » dans le glauque.

Cela tient à une raison simple : la dimension humaine de l’histoire n’est jamais évacuée. L’équilibre est fragile mais il est là. On sera bien évidemment prudent avant de juger de la qualité globale de cette minisérie, mais on espère quoi qu’il en soit que le public répondra présent. Parce que les débuts sont vraiment alléchants.

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