Looking for Google. Critique: Les Stagiaires de Shawn Levy

Looking for Google. Critique: Les Stagiaires de Shawn Levy

Note de l'auteur

Plongée pour le grand public dans le monde geek de la firme Google, cette comédie n’est pas d’une originalité folle mais se laisse agréablement regarder grâce au duo Vaughn et Wilson dans un registre déjà exploité.

Synopsis:

Billy (Vince Vaughn) et Nick (Owen Wilson), deux quarantenaires dont les carrières ont été pulvérisées par Internet, repartent à zéro en obtenant un stage chez Google qui, peut-être, débouchera sur un job. En compétition avec des petits génies de l’informatique tout droit sortis de l’école, ils vont devoir prouver qu’ils ne sont pas des dinosaures.

Avertissement : Ce billet n’est pas sponsorisé malgré les nombreuses marques citées (ceci dit, maintenant qu’il est publié si vous voulez envoyez des Kinder au Daily Mars, be my guest)


Et si…Et si on décidait de dépasser, un tant soit peu, l’omniprésence de la marque Google™ dans cette comédie légère. Car oui, ce film se passe essentiellement à Mountain View au siège de Google™ (en réalité, c’est une reproduction du décor à Atlanta). Oui, l’entreprise avec ces toboggans, terrains de volley, vélos multicolores et ambiance campus se pare d’une bonne image publique…Sans débourser un kopek, ils ont juste mis leurs locaux à disposition et, la chargée de communication étant toujours en poste, il semble que le produit final leur ait plutôt plu. Je te vois bien, petit canaillou, lever les bras au ciel en pestant contre la publicité tout au long du film. Tu montes sur tes grands chevaux en disant que Google™ est-une-firme-pas-si-gentille-que-ça-qui-pense-qu-au-fric-et-qui-exploite-des-stagiaires. Tu aurais préféré, sûrement, que ce soit hypocritement tourné chez Giggle, Youhoo ou Marpple ? Tu hurles contre le grand Capital via ce film alors que la plupart d’entre nous est déjà Google™ addict : Téléphone Androïd, Google search, Google Map, You Tube, Gmail, etc. Penses tu honnêtement que le public soit si idiot que ça ? Mets-tu du déodorant L’Oréal™ parce que l’excellent pilote de rallye Sebastien Loeb s’en tartine les dessous de bras ? Te rases tu avec un Gilette™ (à la kryptonite) parce que Superman en a un ? Utilises tu du rouge à lèvres L’Oréal™ « Glossy, glossy » parce qu’ Eva Longoria s’en colle sur la bouche ? Manges tu un Kinder Bueno™ pour arriver en demi finale de Roland Garros (et perdre en 3 sets) ? Enfin, vas-tu créer une adresse Gmail parce que Google file de la bouffe gratuite à ses employés ? La dernière fois que tu t’es emballé ainsi c’est en jurant « grand dieu » que le cinéma était une fiction, que ce n’est pas la vie réelle (le fameux débat sur la violence des films et ses conséquences, rappelle toi). Ce serait faire insulte à l’intelligence du public de croire qu’il va postuler chez Google à cause de ce film (vu le niveau requis, la cible est loin d’être stupide). Je fais le choix de ne pas le penser et passerai outre ce primaire abord pour m’intéresser à une comédie plutôt sympathique, même si elle ne casse pas trois pattes à un canard tant elle est cousue de fil blanc.


Rentrons dans le vif du sujet et coupons direct dans le gras car le film n’est pas exempt de défauts. Scénaristiquement parlant, vous n’aurez AUCUNE surprise. Vince Vaughn et Owen Wilson déroulent à peu près le même type de numéro de duettiste que dans leur film commun, Serial Noceurs : Vince, la grande gueule, Owen, le romantique. Ces deux quadras baratineurs, représentants en montres, se retrouvent au chômage du jour au lendemain. Passé le dépit, ils ont l’idée folle d’intégrer Google sans une once de notion en informatique. Au flan. Et devinez quoi ? ça marche après un entretien Hang out assez drôle…bah,oui pas sur Skype™, on est chez Google™. La centaine de stagiaires sélectionnés se retrouve à Mountain View, et forment des groupes afin de relever le défi qui leur permettra d’accéder au poste suprême d’employé. Evidemment nos deux amis se retrouvent avec, ce qui parait être, une bande de loser : le nerd névrosé, le nerd autiste, la nerd Kawaï, et un chef d’équipe nerd qui veut se la jouer cool…Vont-ils gagner la compétition ? Vont-ils réussir à dépasser leur différence d’âge ? Vont-ils apprendre les uns des autres ? Owen Wilson va-t-il réussir à sortir avec la jolie Rose Byrne malgré son primo désintérêt ? Tu l’aura compris, c’est joué d’avance.
Quid de la mise en scène, te demandes tu. La mise en scène ? Quelle mise en scène ? Elle est pantouflarde, ni mal, ni bien…tiède, comme le scénario.

A ce stade de la lecture, tu te dis sûrement : en quoi ce film est sympathique, non ?
Et bien figure toi, fidèle lecteur et aimée lectrice, que malgré ces défauts, la mayonnaise prend. On se laisse bercer par l’histoire. Même si le jeu de Wilson et Vaughn ne surprend pas, le duo reste accrocheur et on suit les aventures de leur équipe de « bras cassés » avec une certaine empathie. Les multiples références au monde geek (un cameo de Serguei Brin, le quidditch, etc.) sont assez amusantes et les gags, même s’ils ne débordent pas d’originalité et de finesse, fonctionnent pas mal. Les quelques clichés qui parsèment le film, dans l’équipe des losers, sont assez habituels mais contrebalancés par la grande majorité des autres employés de la firme qui, eux, paraissent « normaux » (même si exceptionnellement doués en informatique). Cerise sur le gâteau, tu apprendras ce qu’est la Googlitude™ et te feras un avis sur la question (seulement si un Kinder Bueno™ ne te donne pas envie de jouer au tennis, hein, il faut un peu de recul tout de même).
A 10€ la place de cinéma, je ne te conseillerai pas la vision de ce film en priorité mais avec une carte d’abonnement ou dans le cadre de la fête du cinéma (3.50€ la place), tu passeras un bon moment et rigoleras sans te faire de nœud au cerveau, n’est ce point là l’essentiel pour une comédie ?

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