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Interview sur la série Love/Hate : « On ne veut pas raconter les même histoires encore et encore »

Interview sur la série Love/Hate : « On ne veut pas raconter les même histoires encore et encore »

Love/Hate – Saison 3

Les producteurs et le réalisateur de la série irlandaise LOVE/HATE étaient présents lors du dernier Festival de Télévision de Monte-Carlo en juin 2013. C’était donc l’occasion pour AnnuSéries et le Daily Mars de s’entretenir avec eux au sujet de l’avenir de la série, dont la saison 4 commence ce dimanche 6 octobre 2013 en Irlande. Retrouvez la première partie de cette interview sur AnnuSéries.

Daily Mars : Dans la saison 4, on va voir davantage l’histoire du point de vue de la police plutôt que des voyous. Comment va s’opérer ce changement ?

David Caffrey : L’année dernière, au début de la saison, il y a un moment où la narration a bougé. Et ça a affecté toute la série. Jusque là, on observait du côté d’une confrèrerie criminelle, on découvrait beaucoup de choses sur leurs vies, leurs amours, leurs maisons. Le périple était très très lent, si vous regardiez le rôle de la police dans les 3 saisons précédentes, c’était pendant un interrogatoire avec des personnages qui hochent la tête ou quelque chose dans le genre. C’était le niveau de questionnement qu’on avait. Dans la saison 4, la police va vraiment avoir un rôle d’interrogateur des activités.

Suzanne McAuley : Mais même en s’éloignant du gang, on reste avec le gang. On ne va pas changer la série, ça ne devient pas une série policière.

Steve Matthews : Après le succès de la saison 3, nous étions déterminés à ne pas nous répéter. Il y a un autre gang, il y a un nouveau traffic de drogues, blablabla… Là, on ouvre le monde de la série. c’est une chose dont je suis très fier dans la saison 4, on a été dans une direction différente, on ne s’est pas répété.

David Caffrey : On a parlé de beaucoup de choses. On a aussi utilisé la musique et le rock’n roll comme analogie pour décrire la série. D’un certaine façon, nous décrivons les saisons 1, 2 et 3 comme un même album qui a explosé en Irlande. Partout en Europe, c’est une série très confidentielle, mais en Irlande, ça a explosé. Au fur et à mesure des épisodes, on avait la garantie de faire toujours une certaine part d’audience. En saison 3, on a doublé notre part d’audience et tout ceux qui ne connaissaient pas la série auparavant sont allés regarder les deux premières saisons. C’est comme un premier album. Maintenant, on passe au deuxième album. Et je dois une chose, c’est qu’on ne veut pas prendre le même…

Steve Matthews : chemin ! On ne veut pas raconter les même histoires encore et encore, personne ne veut tomber dans ce piège là.

Vous êtes l’une des rares séries en Europe qui utilisent le terme « showrunner » dans les interviews…

Suzanne McAuley : Ca c’est Stuart Carolan. C’est un scénariste, mais aussi un producteur executif sur la série. Il a écrit chaque épisode et a créé la série. C’est assez rare dans la télévision européenne, d’avoir une seule voix pour être le scénariste, le créateur et être l’un des producteurs. Mais il n’est pas vraiment un showrunner.

Steve Matthews : Normalement, dans la télévision irlandaise ou britannique, un producteur a une idée et travaille avec des auteurs ou un auteur va chercher une maison de production et travaillera ensuite en tant qu’auteur de l’idée originale ou créateur. J’avais auparavant travaillé avec Stuart sur autre chose, donc on s’est réuni et on a commencé à discuter de différentes idées. Love/Hate a émergé en premier dans un moment de discussion créative. Mais avant d’aller à la rencontre d’un diffuseur, on voulait travailler dessus. Il avait déjà une idée assez concrète depuis deux ans dans sa tête de ce qu’il voulait. Il avait déjà les personnages et leurs noms. Il parlait de ces personnes et de ce qu’il voulait en faire en étant très excité. On a travaillé en équipe, pendant 6 mois, on a développé plein de choses et finalement j’ai rencontré un diffuseur irlandais. Quand vous présentez une idée un peu trop tôt, elle peut être diluée au milieu de toutes les personnes qui y contribuent. Mais on a pris le temps nécessaire pour avoir quelque chose à montrer qui aurait un ton unique, et finalement on est venu avec cette idée là. Dans les autres séries britanniques, le scénariste n’est pas impliqué dans les étapes du casting par exemple, mais officieusement, on travaillait ensemble dès le début, je lui montrais des choses et on s’est construit comme une équipe.

Comment vous pensez que cette histoire très irlandaise arrive à toucher des spectateurs à l’étranger (cf. interview d’Annuséries sur l’exportation de la série) ?

Suzanne McAuley : C’est la première fois, je crois, qu’une série irlandaise traverse les frontières et s’impose comme une série internationale faite en Irlande.

David Caffrey : C’est le genre qui traverse les frontières facilement, par la tonalité irlandaise de la série. On voulait parler de mafia, de voyous et d’autres choses, on ne voulait pas juste parler de l’Irlande.

Suzanne McAuley : Les histoires ne sont pas strictement irlandaises en fait, elles pourraient avoir lieu n’importe où dans le monde.

Steve Matthews : Il y a de plus en plus de séries qui viennent de territoires différents comme The Killing, Borgen… En terme de tons, nous sommes radicalement différents de ces autres séries, mais elles ont toutes en commun leur propre voix. Au moment où on commencera à parler sur comment ça va réussir à toucher les téléspectateurs hors d’Irlande, nous sommes morts. On essaye juste de faire la meilleure série possible, c’est une série très honnête dans la manière dont elle est fabriquée.

Propos recueillis lors d’une table le 13 juin 2013 au Festival de la télévision de Monte Carlo en présence de Marine Pérot (pour Annuséries) et d’un journaliste de la presse irlandaise.

Steve Matthews, David Caffrey, Suzanne McAuley avec le Prince Albert II de Monaco et l’acteur irlandais Stuart Townsend (qui n’a rien à voir avec Love/Hate) – Photo RTE

In season 4, we are going to see more from the police point of view rather than the gangsters. How are you going to make the change ?

David Caffrey : Last season, we were having a piveting moment that happened at the start. And it had an effect on the whole series. Previously, we had to look from the side of a criminal fraternity, we looked very much in their lives, their loves and their houses. The journey was very very slow, if you looked at the police in the previous 3 seasons, you would be in an interview with characters shaking heads and stuff. That was the level of interrogation that took place. In season 4, the interrogation comes from the police as well.

Suzanne McAuley : But even with moving away from Gangland, we were still in Gangland. We are not changing the show, it’s not becoming a cop show.

Steve Matthews : After the success of Season 3, there was a strong determination not to repeat ourselves. There is another gang, there is a drug deal… Blablabla… It’s opening the world of the show. This is one thing I’m proud of in season 4, we went in a different direction, we did not repeat ourselves.

David Caffrey : We talked about a lot of things. We used music and rock’n roll analogies to describe the series. Someway we’ve described series 1,2,3 as an album because it exploded in Ireland. It’s pretty much a secrety show everywhere in Europe, but in ireland, it exploded. As time goes by, we were almost guaranteed a certain amount of audience share. In season 3, we doubled our audience share by the time the show pick up and everyone that did not know the show previously went back and watched the first two seasons. This is very much our first album. Now we will go into our second album. If I have to say one thing, we don’t want to take the same…

Steve Matthews : pattern ! We don’t want to take the same story pattern, you don’t want to fell in those trap.

You are one the few shows in Europe that is using the word « showrunner »…

Suzanne McAuley : That would be Stuart Carolan. He is a writer, but also an executive producer for the show. He has written every single episode and has created the show. It’s quite rare in european Tv to have that one voice to be the writer, the creater and to also be one of the producers. But it’s not exactly a showrunner.

Steve Matthews : What happened is british/irish is that usually an executive producer is going to write an idea and work with writers or a writer will go to a production company and he will work as a creator or original writer. I had worked on something previously with Stuart on something else, so we started to team up and discuss ideas. Love/Hate poped at the front in creative effort. But before going in front of a broadcaster, we wanted to work on it. He had the idea formulated in his mind for about 2 years. He had the characters and the names. He would talked very excitedly about those guys and what he wanted to do. So we teamed up, spent 6 months developing stuffs and I had the chance to meet with the irish TV. If you present an idea too early, it can get diluted in all the people that contribute to it. But we took time to have something to show that had a unique voice, so eventually we went with the idea. And then we had another idea : you are the writer, I’m the director, let’s work like that. In other british shows, the writer is not involved in casting or anything like that, but unofficially, we were very much together at the beginning, I would show him things, and we became a real team.
It progressed when we went to Suzanne’s company.

How do you think the story talks to people abroad ?

Suzanne McAuley : This is the first time I think, that an irish drama cross borders and achieve an international drama made in Ireland.

David Caffrey : The gendra crosses borders more easily that the uniquely irish part of the show. We wanted to talk about mob, gangsters and everything not to talk just about Ireland.

Suzanne McAuley : The stories are not strictly irish though, there could be anywhere in the world.

Steve Matthews : There are more and more shows coming from various territories like The Killing, Borgen… In term of tons, we are completely different from those shows, but they all have a voice of their own. The minute we start thinking about how it is going to appeal to an audience outside of Ireland, we are dead. We are just trying to make the best show we can, it’s a very honest show in the process of its making.

 

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