Mad Max le jeu… dans la lignée du film ?

Mad Max le jeu… dans la lignée du film ?

Note de l'auteur

Cela se produit de moins en moins systématiquement, mais de nos jours sortent encore des jeux vidéo adaptés des grosses licences cinématographiques. On ne va pas refaire leur procès, mais cela s’explique aisément : dans leur grande majorité, ces adaptations sont mauvaises, bâclées. Pourtant, lorsque Mad Max le jeu a été annoncé officiellement à l’E3 2013, son premier teaser a fait briller à la fois les yeux des fans des films des années 80, mais aussi ceux des aficionados des jeux post-apocalyptiques. Alors aujourd’hui, après le succès du film Mad Max: Fury Road et la sortie du préquel vidéo-ludique 4 mois plus tard, a-t-on affaire à une énième adaptation cataclysmique ?

AUCUN ASPECT DU SCÉNARIO N’EST RÉVÉLÉ DANS CE TEXTE, MÊME PAS CEUX PRÉSENTS DANS LES DIFFÉRENTES VIDÉOS TOURNANT SUR LE WEB…

 

Une adaptation du film Mad Max Fury Road ?

Oui et non. Chronologiquement, le scénario du jeu se déroule avant les événements contés dans Fury Road (je vous laisse découvrir les liaisons entre les 2 en jouant), il y a donc une filiation reconnue. De plus, les décors et la photo ont fait l’objet d’un vrai traitement cinématographique et le résultat est là : les paysages traversés sont aussi beaux qu’ils sont désolés. Par contre, si vous jouez bien Max Rockatansky, il y a peu de ressemblance physique entre votre avatar et l’acteur Tom Hardy (ou même Mel Gibson). En même temps, autant les paysages sont travaillés, autant les personnages sont assez moches et font un peu datés… Pas grand chose à voir avec les monstres de foire du film de George Miller.

Mad Max_20150905190205On y retrouve donc des véhicules ré assemblés avec des bouts de ferrailles (sorte de monnaie du jeu) pour faire office de machines de guérilla (mais pas de guerre… on a ici affaire aux véhicules plutôt légers comparé au film). Si on a le malheur de les croiser – eux et les Warboys qui les conduisent – il faudra choisir entre tenter de les détruire ou d’en extirper leurs propriétaires pour s’en emparer… et c’est là l’originalité et le point fort de ce titre.

En effet, Avalanche Studios l’ayant confirmé en court de développement, Mad Max a été pensé comme un jeu ‘bac à sable’, où l’on peut évoluer de façon assez libre. En cela, on lui trouve des similitudes avec un autre titre de chez Warner Entertainement, Batman Arkham Knight, mais aussi les Assassin’s Creed de chez Ubisoft : violence dans les environnements et les combats, et choix dans l’ordre de réalisation des objectifs… Un petit goût amer de déjà-vu pour qui s’attendait à une révolution.

 

Un jeu d’action-aventure classique ?

Mad Max_20150906000500Comme dans la saga qui a fait leur succès – Just Cause Avalanche Studios a tâché d’utiliser son expérience en open-world pour proposer une aventure qui laisse la place à l’action, la collecte, l’exploration et la customisation (de votre avatar et de votre véhicule), le tout dans un monde le plus ouvert possible. Et dans ce sens, le pari est réussi, puisque passée l’introduction du jeu, on peut très vite explorer un très vaste territoire, à peine délimité par le Grand Tout meurtrier (vous n’y tiendrez pas plus de quelques minutes) et par les étapes clés du mode histoire (logique : il est très difficile de se rendre à l’objectif de fin de jeu avec son personnage newbie).

Mad Max_20150905221414Point positif donc, un sentiment de liberté qui pourra amener le joueur – comme dans un GTA ou un Assassin’s Creed (mention spéciale pour le Paris d’Unity) – à passer autant de temps qu’il le souhaite à simplement explorer ce vaste désert et ses différents visages. Un no man’s land à la fois brûlant, stérile, poisseux, mortel (surtout ses cataclysmiques tempêtes de sable, réellement impressionnant !), mais aussi d’une splendeur triste et irréelle.

 

Côté négatif, l’exploration est artificiellement motivée par un nombre incalculables de quêtes primaires, secondaires et optionnelles, vous permettant de faire évoluer Max et de le personnaliser, lui et sa ‘sainte sur roues’ Magnum Opus (avec une aide aussi difforme que providentielle nommée Chum Bucket). La durée de vie en est rallongée (pour ma part, j’ai bouclé en une trentaine d’heures, mais on doit pouvoir pousser jusqu’au double avec une bonne collectionnite aigüe !), mais leur côté répétitif et sans réels enjeux scénaristiques risque d’en lasser plus d’un en court de route. Mon conseil : éviter les déplacements rapides et faites-vous le kiffe de tout traverser au volant de votre bolide. Les rencontres que vous ferrez sur ces routes sableuses resteront plus trépidantes que la conquête d’une énième décharge.

 

Un post-apo crasseux

Toujours à l’image des films, le jeu Mad Max sent le sang, la sueur et la pourriture. Les combats – assez simples et pas toujours très bien orchestrés – sont d’une violence à la fois prévisible et jouissive, surtout lorsque Max atteint son mode Furie (là encore, quelques similitudes avec la saga des Batman Arkham… sans les combos). Mais ces échanges manuels presque amicaux n’arrivent cependant pas à la cheville des combats motorisés, qui offrent tellement plus de combinaisons (par où attaquer la carrosserie ? héhé) et de fun.

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Autre aspect important des univers post-apocalyptiques : la rareté des ressources. L’eau et la ‘nourriture’ (pas des paniers de fruits frais vous vous en doutez) y ont très logiquement un intérêt important, même s’ils ne servent qu’à remonter votre barre de vie (ce qui est déjà pas mal). Pour ma part j’aurais trouvé sympathique un système style jeu de survie : de l’eau ou une mort rapide ! Il en va de même pour nourrir votre bolide, car arpenter les dunes videra votre réservoir et aller piquer des bidons de carburant de-ci de-là sera souvent la manière la plus rapide de faire le plein… ou de faire exploser des trucs ! Quant aux jumelles, elle s’avère très utiles, puisqu’elle vous permette de repérer les points faibles de vos ennemis à distance, ou les endroits clés sur un vaste territoire (depuis un lieu très en hauteur).

Bref, si on y retrouve la notion de rareté indispensable à tout post-apo qui se respecte, elle reste plutôt tenue, laissant ainsi la primauté à l’exploration, au lieu de tourner autour des lieux connus de ravitaillement (nombreux… un peu trop).

 

De l’action… et des emmerdes

On l’a évoqué au-dessus, Max peut s’avérer lourd et cela n’est semble-t-il pas dû à ses grosses bottes et son cuir clouté (accessoires indispensables du personnage que l’on ne peut acquérir qu’en cours d’aventure !). Si on commence à s’en rendre compte durant les combats, on finit par vite le déplorer les quelques fois où l’on se retrouve à devoir explorer une zone à pied. Déjà, on saute avec la gâchette L2 (oui, j’ai fait ce test sur une version PS4), pas très logique ni pratique. Mais surtout, on saute comme un bébé lapin en obésité morbide ! Dans certains bâtiments, des pare-chocs et autres barres de fer permettent de se hisser (si la commande apparaît !). Mais sans cela, le grand et costaud bonhomme que vous incarnez est incapable de passer le moindre petit promontoire plus haut que ses genoux ! A ce rythme-là, on finit par ne plus daigner sortir son séant de son siège-baquet, même pour aller acheter le pain… s’il restait du pain quelque part.

A pied ça va être galère !

A pied ça va être galère !

Idem pour le tir et l’esquive, étrangement assignés à des touches inhabituelles, qui pour les habitués de ce type de jeu risquent de faire perdre un grand nombre de ses rares munitions, au lieu d’esquiver un brusque danger. “Change la position des touches !” me direz-vous… sauf qu’on ne nous laisse le choix qu’entre 2 modèles verrouillés, à peine plus intuitif l’un que l’autre. Alors bien évidemment, ça joue sur le gameplay.

 

Mon avis

Pour ce qu’il vaut, mon avis est malgré tout plutôt positif. D’abord, parce que je reste une fervente adepte des jeux qui me retournent le ventre, me font stresser pour la vie de mon avatar comme si c’était la mienne… plutôt que ceux qui comptent avant tout sur le bling-bling de graphismes trop poussés pour être vraiment ludiques (The Order 1886 ?). En fait, Mad Max est un soft qui joue sans cesse avec la balance cosmique : là où les graphismes des personnages sont éculés, ceux des décors coupent le souffle. Là où la maniabilité du personnage laisse à désirer, celle du pilotage est ce que j’ai vu de plus fun dernièrement. Là où les quêtes sont répétitives, elles permettent une customisation poussée (comme dans un RPG) et rallonge indéniablement la durée de vie. Finalement, Mad Max le jeu est clairement dans la verve du film, fidèle au genre post apocalyptique, un déluge de violence pied au plancher… mais un scénario à peine plus épais que ses squelettiques Warboys et à peine moins maladroit que le jeu d’acteur de ce pauvre Tom Hardy… mais quand même sacrément jouissif !

 

 Mad Max

Développé par Avalanche Studios, édité par Warner Interactive

 

Classification : 18+

 

 

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