Madam Secretary, The Good Secretary of State ? (critique des épisodes 1.01 et 1.02)

Madam Secretary, The Good Secretary of State ? (critique des épisodes 1.01 et 1.02)

Note de l'auteur
Tea Leoni signe un beau retour. Si la série confirme, on va en entendre parler. Photo CBS

Tea Leoni signe un beau retour. Si la série confirme, on va en entendre parler. Photo CBS

Programmée juste avant The Good Wife le dimanche soir sur CBS, le drama qui remet Tea Leoni sur le devant de la scène tente de réussir là où Commander in Chief avait échoué dix ans plus tôt. Après un pilote moyen, l’épisode 2 montre que le projet ne manque pas de potentiel.

Les femmes sont au pouvoir le dimanche soir sur CBS. Après cinq années de succès critique et public, The Good Wife voit cette année un nouvel allié débarquer dans la grille dominicale du network leader des audiences. Avec une femme au centre de l’histoire et une thématique électrisante, comme c’est déjà le cas dans la série de Robert et Michelle King.

Madam Secretary, c’est l’histoire d’Elizabeth McCord (Tea Leoni), ex-chargée de diplomatie internationale, ex-membre de la CIA reconvertie dans l’enseignement qui, du jour au lendemain, récupère le poste de Secrétaire d’Etat américain après le décès du titulaire du poste dans un accident d’avion.

Sollicitée par le président des Etats-Unis lui-même pour prendre la place, Elizabeth voit dans cette opportunité l’occasion d’aller au bout des projets qu’elle nourrissait lorsqu’elle était membre de la célèbre agence américaine.

Mais cela ne se fera pas sans mal : elle doit composer avec une administration plutôt méfiante et les dossiers qu’elle gère sont tout sauf simple. Sans oublier qu’avant d’être Secrétaire d’Etat, c’est aussi une épouse et une mère : les bouleversements liés à sa nouvelle fonction impactent aussi sa vie familiale.

Madam Secretary, c’est une histoire de retours. Celui de Tea Leoni à la tête d’une série télévisée, 19 ans après la sitcom Une fille à scandales. Celui de Barbara Hall aussi, créatrice et showrunner de la série, à qui l’on doit déjà Judging Amy (drama judiciaire pas si anecdotique que ça, déjà sur CBS) et Joan of Arcadia (encore sur CBS). Celui du political drama enfin, terrain plutôt miné depuis qu’Aaron Sorkin a exploré cet univers dans The West Wing (et où seul Borgen a vraiment tiré son épingle du jeu).

Keith Carradine, nouveau Potus des séries télé. Photo CBS

Keith Carradine, nouveau POTUS des séries télé. Photo CBS

Avec un show également produit par Morgan Freeman et Lori McCreary, Barbara Hall ne se défausse pas. Elle prend à bras le corps son sujet pour évoquer les questions de pouvoir, de représentation et d’impact vie privée/vie publique (et inversement) dans l’existence d’une femme brillante et très humaine.

Elle développe en outre tout un écosystème de personnages autour desquels gravitent l’héroïne. Le but : développer un récit à tiroirs qui laisse aussi une place au mystère, puisqu’il est également question d’assassinat mystérieux, voire de conspiration.

Mettre en scène tout ça dans un pilote, ça fait beaucoup. Surtout si l’on veut soigner la dimension psychologique du récit. C’est précisément sur ce point que le pilote de la série était moyen, pour ne pas dire décevant.

L’histoire initiale donne toutes sortes d’infos mais la force de l’intrigue s’en ressent : on est plus dans une démonstration lourde que dans une histoire prenante. Les obstacles auxquels Elizabeth McCord fait face manquent de consistance et la résolution de l’histoire est facile, pour ne pas dire balourde parfois.

Il était donc plus sage d’attendre un peu avant de poser un jugement sur cette Madam Secretary (quand bien même Tea Leoni offrait déjà une jolie prestation). Bonne nouvelle: l’épisode 2 est plus réussi. Les enjeux sont mieux définis, les obstacles aussi et l’histoire réserve son petit lot de surprises qui marchent (à l’image de la scène inaugurale).

Erich Bergen incarne Blake Moran, un des membres du staff d'Elizabeth McCord. Photo CBS

Erich Bergen incarne Blake Moran, un des membres du staff d’Elizabeth McCord. Photo CBS

Autre amélioration : les présentations étant désormais faites, l’exploration du diptyque vie professionnelle/vie familiale peut vraiment avoir lieu dans cet épisode. L’intrigue proposée est bien menée : on sent beaucoup mieux le potentiel du projet.

Autre bon point : la question de la conspiration n’est abordée que de manière allusive mais de façon très efficace. Ce n’est pas le mystère qui compte ici, mais le poids qu’il fait peser sur l’héroïne et ses relations familiales. C’est bien vu et Tea Leoni confirme une interprétation impeccable.

Si la série continue dans cette direction, elle a les moyens de faire un bon tandem avec The Good Wife. Si, en revanche, elle cède aux facilités et à un certain didactisme poussif, elle risque de décevoir. La tendance reste cependant à l’optimisme. Surtout si l’histoire s’appuie sur une distribution pleine de ressources (Bebe Neuwirth, Zeljko Ivanek, Tim Daly en tête).

MADAM SECRETARY
Saison 1 (CBS)
Créée et showrunnée par Barbara Hall
Pilot (1.01) et Another Benghazi (1.02)
Avec Tea Leoni (Elizabeth McCord), Tim Daly (Henry McCord), Bebe Neuwirth (Nadine Tolliver), Zeljko Ivanek (Russell Jackson), Keith Carradine (le président Conrad Dalton).

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