Magic: The Gathering- Unstable

Magic: The Gathering- Unstable

Note de l'auteur

Révélé l’année dernière à la Comic Con de San Diego, Unstable marque le retour tant attendu d’une nouvelle édition parodique dans l’univers de Magic. Les sets Unglued et Unhinged, sortis respectivement en 1998 et 2004, avaient su auparavant apporter un vent de fraîcheur au vénérable jeu de cartes grâce à un ton humoristique, de l’autodérision et des mécaniques de gameplay complètement déjantées. Les cartes des extensions dites « Un-set » sont notamment reconnaissables à leurs bords argentés (au lieu du traditionnel noir) et, à l’exception près de Commander, ne sont évidemment pas légales dans les formats de jeu classiques.

Malgré le succès critique, Unglued et Unhinged furent des échecs commerciaux à cause d’une erreur de Wizards qui avait à l’époque imprimé ces deux extensions en trop grande quantité. Il aura fallu ensuite treize longues années pour que Mark Rosewater, ancien head et solo designer de Ungled, convainque l’éditeur américain d’enfin ressortir un « Un-set » en tant que standalone. Connue sous le projet Quicksilver, la réalisation de Unstable était déjà terminée depuis 2014 et devait à l’origine sortir pour l’été 2015. Maintes fois repoussées pour ne pas faire de l’ombre à d’autres extensions spéciales comme Modern Masters ou Conspiracy : Take the Crown, Unstable finit par sortir le 8 décembre 2017.

Disponible uniquement en anglais, Unstable contient en tout 216 cartes soit 5 terrains, 75 communes, 75 unco, 46 rares et 15 mythiques. Pour l’occasion, les terrains de bases ont bénéficié de magnifiques illustrations sans bordure et un full art du célèbre dessinateur John Avon. L’édition fait aussi la belle part aux tokens (les cartes-jetons) avec de superbes illustrations sans bordure au verso des cartes.

Ce diaporama nécessite JavaScript.

À la différence de Unglued et Unhinged, Unstable nous embarque dans un tout nouveau plan qui lui est entièrement consacré. Le monde burlesque de Blablovia nous offre un mélange farfelu entre du steampunk et de la comic science-fiction dans lequel cinq puissantes organisations se partagent le pouvoir.

  • Order of the Widget (Blanc/Bleu):

Cette faction regroupe des chevaliers loufoques amateurs de nouvelles technologies et autres améliorations mécaniques. Ils sont particulièrement à cheval sur la politesse et obéissent uniquement au Great Calcutron. Ce dernier est un inventeur de génie qui pour son amour des toasts s’est greffé un grille-pain à la place de la main gauche, un couteau à beurre à la place de l’index droit et a même remplacé sa cuisse droite par un frigo. Oui, vous avez bien lu.

 

  • Agents of S.N.E.A.K. (Bleu/Noir) :

Ce sont sans aucun doute les espions et agents secrets les moins efficaces de l’univers Magic. Les sournois agents du S.N.E.A.K. sont très friands de petits gadgets pas très légaux pour améliorer leurs pauvres performances et n’hésitent évidemment pas à se les dérober entre eux.

 

  • Goblin Explosioneers (Roure/Vert) :

On le savait déjà, les gobelins sont des petits êtres à la fois débiles et intelligents. Sans aucune notion du danger, la guilde des exploseurs gobelins adore jouer avec le feu et manipuler des explosifs.

 

  • Crossbreed Labs (Vert/Blanc) :

C’est un laboratoire pas très éthique pour les scientifiques un peu fous qui aiment créer des animaux hybrides façon monstre de Frankenstein. À sa tête, on retrouve le chercheur Julius Jumblemorph qui dans sa quête d’un remède pour une maladie rare s’est retrouvé avec un corps de mini T-Rex avec des ailes et qui s’est visiblement trouvé une nouvelle passion.

 

  • League of Dastardly Doom (Noire/Rouge) :

Cette ligue de super vilains mégalomanes a un seul objectif, conquérir (ou détruire) le monde. Les Avengers sont prévenus !

 

Unstable inaugure également deux nouvelles mécaniques de gameplay à la fois amusantes et originales.

  • Les Contraptions:

Ce sont des artefacts spéciaux qui commencent la partie dans un deck à part contenant au minimum 15 contraptions (engins) et présentant 3 sprockets (rouages). Quand vous jouez une carte avec un effet « assembler une contraption », vous piochez une carte du mini deck et la placez ensuite en dessous d’un des trois sprockets. Il n’y a pas de limites au nombre de contraptions par sprocket. Au début de la phase d’entretien, si vous contrôlez au moins une contraption, vous déplacez le marqueur Crank (la manivelle) sur le sprocket suivant. Les capacités de toutes les contraptions attachées au sproket s’activent alors dans l’ordre. L’objectif du joueur est d’avoir les meilleures séquences et combinaisons possibles. Attention toutefois, les contraptions restent des artefacts comme les autres et une fois sur le champ de bataille peuvent être détruits. On retrouve 9 contraptions par alliance pour un total de 45 contraptions aux effets divers et variés. Cette mécanique inédite dans Magic exige une bonne dose de planification de la part du joueur et peut changer à tout moment la physionomie de la partie.

 

  • Host et Augment :

Dans Unstable, certaines cartes de créatures sont également des hôtes pouvant fusionner avec d’autres créatures. Pour cela, le joueur doit jouer une carte augment de sa main comme s’il s’agissait d’un rituel. Il n’y a pas de limites aux combinaisons possibles, préparez-vous donc à voir des transformations vraiment improbables comme une créature mi-chaton mi-singe ou bien un ninja avec un corps d’aspirateur. Ces erreurs de la nature ont bien évidemment de nouvelles capacités parfois extrêmement puissantes.

 

Unstable est une belle réussite aussi bien en draft qu’en construit. Cette nouvelle extension fourmille de bonnes idées et promet des parties à la fois amusantes et relativement stratégiques. En plus des contraptions et des créatures hybrides, l’édition a de nombreuses cartes spéciales qui permettent par exemple de voler une phase à l’adversaire, faire appel à une personne extérieure, enchanter sa bibliothèque ou même changer les règles du jeu.

Le monde intéressant de Blabliovia et son univers steampunk décalé apportent une certaine cohérence qui manquait cruellement dans les précédents « Un-set ». Sans limites et laissant libre court à leurs imaginations, on sent clairement que Mark Rosewater et les autres games designers de Wizards se sont fait plaisirs à expérimenter avec le gameplay tout en faisant des clins d’œil aux autres productions d’Hasbro comme Monopoly ou Donjons et Dragons. Grâce à ses mécaniques bien huilées et sa profondeur de jeu insoupçonnée, Unstable peut être même considéré comme un spin-off de Magic. Malgré son côté drôle et parodique, j’ai vraiment passé un bon moment en compagnie des chevaliers de l’Ordre du Widget. Les retournements de situations étaient souvent rocambolesques et accompagnés de fous rires. Wizards si tu me lis, on aimerait voir plus souvent des sets dans ce genre-là ! À noter aussi le retour dans Unstable des machiavéliques écureuils qui sont une fois de plus prêt à conquérir le monde, Rick nous avait tous prévenus !

 

Partager