Avant-première : Maison Close, saison 2 (zoom sur les épisodes 5 à 8)

Avant-première : Maison Close, saison 2 (zoom sur les épisodes 5 à 8)

Note de l'auteur

Vera (Anne Charrier) connaît une trajectoire plutôt bien maîtrisée. Photo Vincent Flouret

Suite et fin de notre review de la deuxième saison des aventures des filles du Paradis. Une seconde partie qui confirme la volonté des producteurs d’enchâsser le récit dans un noeud d’intrigues plus solides que l’an passé. Ce qui n’empêche pas de constater ici et là quelques maladresses…

Commençons par une bonne nouvelle. L’épisode 5, diffusé lundi 18, est le meilleur de la saison. Lors de la présentation de la saison, Canal + et les producteurs de la série avaient fait part de leur volonté de lorgner ostensiblement du côté du western : c’est dans cet épisode que c’est le plus visible. Embarqué dans une guerre des trottoirs avec les hommes qui tiennent Pigalle, Mosca et sa bande  vont se retrouver au coeur d’une histoire dans laquelle convergent plusieurs lignes narratives et ça fonctionne bien.

Rythmées, bien filmées, les séquences s’enchainent et l’épisode est efficace. Il lance bien une seconde partie de saison où les personnages de Rose et de Hortense vont gagner en densité. Ces épisodes seront l’occasion de constater que Valerie Karsenti et Jemima West ont une belle emprise sur leur rôle respectif, et que lorsque le récit leur donne une intrigue un peu plus solide, les caractéristiques de leurs personnages ressortent mieux.

C’est ce qui fait dire que s’il devait y avoir une saison 3, il serait intéressant de voir où Cécile Ducrocq et Franck Philippon, les auteurs de ces huit épisodes, comptent emmener les figures du bordel parisien.

Autre bon point à signaler : côté réalisation, la série évite l’écueil « Episodes de Mabrouk El Mechri / Episodes sans Mabrouk El Mechri » qui avait bien pénalisé la saison 1. Cette fois-ci, la direction des quatre derniers épisodes ont été confiés à Jérôme Cornuau, qui apporte une certaine stabilité à l’ensemble. Moins prompt à partir dans toutes sortes d’expérimentations visuelles, le réalisateur de la version ciné des Brigades du Tigre colle bien à l’histoire… et ce n’est pas plus mal, si l’on repense à l’impression de trop plein laissée par les quatre premiers segments de la saison.

Mosca, Bak et Kerthel, le « trio mâle » de cette saison 2. Photo Jessica Forde

Quelques maladresses sont cependant à déplorer. Principalement le fait que certains rebondissements arrivent de manière plus ou moins brutale, et qu’on a du mal à adhérer.

Décrit par son interprète (Michaël Cohen) comme « un jouisseur », le personnage de Mosca se retrouve empêtré d’un épisode à l’autre dans tout ce qui fait son caractère excessif. C’est dommage parce que, du coup, on a du mal à vraiment y croire. Les choses paraissent trop forcées, téléguidées par l’intrigue. Un problème que l’on retrouve dans l’intrigue liée à Angèle, qui aurait peut-être méritée d’être mieux déclinée dans le temps. Comme la relation qui lie Bak (un des hommes de Mosca) avec Jeanne (la fille de Vera), à un degré moindre.

Ultime regret : on déplorera la quasi-disparition du personnage d’Adrien (Aurélien Wiik). Si le médecin est, par la force des choses, obligé de passer au second plan, on a un peu l’impression qu’il glisse hélas, au troisième voire quatrième niveau.

Pour conclure, cette seconde partie de saison paraît plus dynamique que la première. Cela s’explique logiquement par le fait qu’on sort de la phase de mise en place et que les choses se décantent plus vite. Le problème, c’est que pour arriver à une conclusion riche en événements, le milieu de l’histoire, qui démarre pourtant très bien, manque sans doute de maîtrise pour développer souplement la trajectoire de certains personnages.

Jemima West. Photo Jessica Forde

Ca marche bien dans le cas de Valentine, ça marche moins avec ceux dont on a parlé juste au-dessus. D’où un sentiment toujours mitigé… quand bien même la reprise en main narrative de cette saison s’avère intéressante.

On dit banco pour la saison 3 ?

A lire également : la critique des épisodes 1 à 4.

 

MAISON CLOSE
(Saison 2, Canal +)
Ecrite par Cecile Ducrocq et Franck Phillipon
Réalisée par Mabrouk El Mechri et Jérôme Cornuau
Avec Anne Charrier (Vera), Valérie Karsenti (Hortense), Jemima West (Rose), Blandine Bellavoir (Angèle), Michaël Cohen (Louis Mosca), Aurélien Wiik (Adrien), Clémence Brétecher (Valentine), Fatou N’Diaye (Pauline).

 

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