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Music Mini Review : Marilyn Manson – The Pale Emperor (Cooking Vinyl)

Music Mini Review : Marilyn Manson – The Pale Emperor (Cooking Vinyl)

Note de l'auteur

marilyn-manson-the-pale-emperorMarilyn Manson est une entité paradoxale, capable de réflexions pertinentes sur les maux de la société américaine comme de voir, dans ses parties génitales, un outil d’expression. Une figure clownesque trash qui, si elle n’a rien inventé (de Bowie pour les métamorphoses à Iggy pour l’extrémisme scénique), s’est toutefois illustrée sur des albums magnifiques, montrant de belles qualités de songwriting. Seulement parfois, il faut savoir vieillir. Et avec la jeunesse, laisser de côté l’irrévérence juvénile qui voit dans la provocation un fond de commerce lucratif.

Ce sursaut de « sagesse », Manson semble l’avoir trouvé à un carrefour, en compagnie du fantôme de Tommy Johnson. L’entremetteur s’appelle Tyler Bates (compositeur de Guardian of the Galaxy) et la rencontre a tout du pacte faustien. Marilyn Manson trouve dans ce blues vicié, industriel, l’ornement nécessaire à un travail introspectif. Après avoir mis en musique des doubles fictionnels (de Antichrist Superstar à Holy Wood – In the shadow of the valley of death), c’est lui-même qui semble être le sujet d’étude. Regard tourné vers le passé, il ausculte sa dimension paradoxale qui a fait de lui une marque, un groupe, au point, certainement, d’oblitérer la notion de personne. Ce recul, nous avions déjà pu y goûter quand le révérend mettait sa rupture en musique dans le déchirant et pop Eat Me, Drink Me. Et déjà, de remarquer quand Manson mélange les genres, le résultat s’avérait passionnant.

On ne retrouve pas Marilyn Manson dans The Pale Emperor (après les déconfitures The High End of Low et Born Villain), on découvre une nouvelle facette. Toujours torturé, toujours véhément mais aussi plus lucide sur ses limites. Dans la musique, cela se traduit par une production précise, presque humble dans sa volonté de ne pas saturer les mélodies d’effets inutiles. La ligne du blues, tout juste parasité par la dimension industrielle malade chère à Manson. Tyler Bates fait évoluer l’artiste, le sort de sa zone de confort, sans le dénaturer. Il l’amène, avec grâce, sur une nouvelle terre, sur les cendres d’une discographie vieille de vingt ans. Pas vraiment une renaissance, plutôt une variation comme si le compositeur avait vu, dans Manson, une matière qui nécessitait d’être remodelée.

The Pale Emperor est un disque hypnotique. Plongé dans l’esprit tortueux de Manson, fait d’éclairs de violence, de cris déchirants, d’espièglerie, de douleur, d’intelligence comme un cocktail Molotov, il vous éclate à la gueule dans toute sa simplicité et son efficacité. Elle est peut-être là, la grande victoire de l’album : un retour vers des formes dépouillées, une croyance absolue dans la sobriété. De Third Day of a Seven Day Binge à Odds of Even, de The Mephistopheles of Los Angeles à Warship my Wreck, le révérend a retrouvé son sens du songwriting et le parfait partenaire avec Tyler Bates.

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