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Martin Luther King vous recommande le jeu coopératif ! Et moi aussi !

Martin Luther King vous recommande le jeu coopératif ! Et moi aussi !

Vous commencez à vous lasser de ruiner vos enfants au MONOPOLY ? Votre épouse vous fait encore la gueule parce que vous lui avez crevé 16 fois les pneus avant de lui sortir trois coups fourrés d’affilée aux MILLE BORNES ? Vous vous ennuyez à battre quotidiennement aux ÉCHECS les élèves de votre classe de CM2 ? Vos amis ne vous adressent plus la parole depuis votre dernière trahison à JUNTA (mais qui joue encore à ça…) ? Vous êtes-vous demandé s’il n’était pas temps pour vous de tenter l’expérience du jeu coopératif ?

Rappelez-vous ! Martin Luther King lui-même recommandait l’usage du jeu coopératif pour édifier la paix et l’harmonie entre les hommes avec sa célèbre phrase : « Apprenons à jouer ensemble comme des frères, plutôt qu’à mourir tous ensemble comme des idiots » (oui, la magnifique citation originale a été honteusement contrefaite par l’auteur de cet article, au seul prétexte de trouver un titre amusant, il y a des gens qui n’ont vraiment honte de rien !).

Alors, le jeu coopératif, c’est quoi donc ? Appelé également jeu collaboratif, nous pouvons établir avec certitude qu’il n’a pourtant aucun rapport avec une sombre période de notre histoire impliquant des officiers allemands, ou un système communiste de productivisme. C’est simplement un jeu dans lequel les joueurs s’allient pour défaire une opposition constituée par les mécanismes du jeu.

Là, vous vous dites : « Bah c’est trop simple, on ne va quand même pas se faire battre par des cartes et des cubes en bois ! » Détrompez-vous, les jeux coopératifs, c’est dur, voire même souvent très dur. C’est qu’il ne se laisse pas faire le jeu ! Et l’échec sera bien souvent au rendez-vous de vos premières parties. Et quand enfin, vous parviendrez à triompher quasi-régulièrement (deux fois d’affilée, par miracle), vous vous rendrez-compte que vous étiez en fait dans le mode débutant/ultra-facile/spécial minables, et qu’il s’agirait maintenant d’enclencher la seconde et d’enlever les roues sur le côté.

Alors appelez vos amis, les vrais, ceux qui pensent collectif, ceux qui sont prêts à se sacrifier pour le bien commun en stoppant de leurs corps une horde de zombies affamés ou en se jetant sur des barbelés pour permettre à leurs amis de passer en les piétinant (et non, vous n’avez rien pour couper les barbelés !). Car le collaboratif, c’est la victoire d’un groupe, pas d’un individu !

Vous êtes chauds ? Prêts à affronter ensemble les pires difficultés ? Bien, il ne reste plus qu’à trouver le jeu dont l’ambiance vous plaira le plus, et voici pour cela une petite sélection des jeux qui m’ont le plus séduit !

 

PANDÉMIE

Image 1 - Pandemie_boiteC’est le classique des classiques des jeux coopératifs, et pourtant il est tellement d’actualité (merci Ebola !). Les joueurs incarnent les membres d’une équipe du CDC (le Centre de contrôle des maladies d’Atlanta) et ils ont pour mission de contenir, puis d’éradiquer, non pas une, mais bien quatre épidémies menaçant la planète !

La seule façon d’y parvenir est de combiner au mieux les capacités de chacun (spécialiste transport, médical, logistique, etc.) et d’optimiser la moindre action, car les maladies progressent très vite sur l’ensemble du globe et vos actions, vos déplacements et vos moyens sont comptés et TRÈS limités (c’est tellement d’actualité aussi…).

Réédité en 2013, le jeu offre maintenant un matériel superbe et plusieurs extensions dont la dernière (CONTAGION) vient juste de sortir, preuve d’un succès jamais démenti. Les règles sont simples mais efficaces, et la difficulté est élevée, voire très élevée si la pioche est contre vous ! C’est le principal reproche que je ferais au jeu : si le tirage de cartes est vraiment malheureux, c’est perdu d’avance. Mais les parties sont rapides et nerveuses, alors on s’accroche, on remet vite tout en place et on retente sa chance, encore une fois.

PANDÉMIE de Matt Leacock édité par Filosofia. De 2 à 4 joueurs (mais à 2 ou 4, c’est le mieux). Environ 45-60 minutes par partie sauf quand elle finit en 15 minutes.

Image 2 - Pandemie

 

GHOST STORIES

Image 3 - Ghost-stories---BoiteVous adorez les histoires de fantômes chinois ? Alors GHOST STORIES est fait pour vous ! Vous voilà moines taoïstes, chacun maître d’un élément et doté de fantastiques pouvoirs (chaque élément son pouvoir). Et vos talents vont être mis à rude épreuve, car vous allez devoir protéger un petit village qui a eu la mauvaise idée de dissimuler en son sein l’urne funéraire contenant les cendres de Wu-Feng, le Seigneur des Neuf Enfers. Oui, c’était très con comme idée, mais on a vu des films avec des scénars bien plus faibles…

Vous allez donc devoir repousser les hordes de fantômes venus s’emparer de l’urne avant de pouvoir enfin affronter ce sale petit connard de Wu-Feng – enfin, plutôt l’une des horribles et multiples incarnations – pour l’anéantir une bonne fois pour toutes, jusqu’à la prochaine (incarnation/partie) ! Heureusement, vous ne serez pas seuls dans votre lutte, car les villageois vont faire tout leur possible pour vous filer un coup de main, et ce ne sera pas de trop !

Image 4 - GhostStories

GHOST STORIES, c’est d’abord un superbe jeu d’ambiance grâce à des illustrations très agréables et un système efficace qui ne vous laisse aucun répit ! Les fantômes arrivent par vagues, inlassables et toujours plus nombreux, et si on rigole à les contenir durant les deux premières minutes du jeu, la situation devient vite difficile, puis critique, puis catastrophique et enfin simplement désespérée ! Il faut alors tenir, s’accrocher et sauver tout ce qui peut l’être, jusqu’à ce qu’arrive enfin ce fumier de Wu-Feng, qu’on va tenter d’affronter avec le peu d’énergie qu’il nous reste. Hélas, il n’est pas vraiment du genre à choisir une incarnation qui fait rire.

Oui, GHOST STORIES c’est dur ! Mais vous étiez prévenus, c’est quand même le Seigneur des Neuf Enfers les gars ! Il ne fallait pas venir juste à quatre aussi… Allez, réessayez ! En exploitant mieux les talents des villageois, ça doit passer, ça va passer, je le sens ! En plus, la douzième est souvent la bonne.

GHOST STORIES d’Antoine Bauza. De 1 (oui mais bon…) à 4 joueurs (4 c’est le mieux !). Parties de 60 à 90 minutes environ si vous arrivez au bout. Mais c’est des fois bien plus court…

 

ZOMBICIDE

Image 5 - Zombicide boiteSi vous suivez un peu l’actualité ludique, vous avez obligatoirement entendu parler de ZOMBICIDE et de l’incroyable succès de sa campagne de financement sur Kickstarter : 20 000 $ demandés, 781 000 $ récoltés sur la première boite en 2012 ! Puis plus de 2 millions de dollars pour les saisons 2 et 3 en 2013 et 2014. ZOMBICIDE est un phénomène, un hit incroyable !

Comme la moitié des séries/films/livres actuellement, ZOMBICIDE vous place dans la peau de survivants en pleine épidémie zombie façon The Walking Dead. Le jeu est découpé en scénarii, et chaque scénario vous donne l’agencement du plateau, les ressources à votre disposition et les objectifs à accomplir.

Chaque joueur incarne un personnage ayant survécu jusqu’ici à l’apocalypse, des personnages aussi extraordinaires que le petit voyou du coin, le clodo, la serveuse en roller ou l’employé de bureau. Mais qui vont se découvrir des talents cachés qu’ils débloqueront essentiellement en poutrant du zombie. C’est le côté JDR de ZOMBICIDE, votre personnage gagne de l’expérience et acquiert ainsi des compétences. Il y a toutefois un petit pendant à cette progression, puisque le nombre des zombies qui envahissent chaque tour le plateau augmente avec le niveau des personnages. Et oui, plus on en tue, plus il en vient…

Résultat, le quartier devient rapidement infesté de zombies, et ça sent vite très mauvais ! D’autant que comme dans tout bon film de zombie, les blessures ne pardonnent pas avec ces saloperies ! Le salut est dès lors dans la gestion des déplacements et surtout dans le loot ! Et oui, en fouillant les maisons abandonnées (enfin par leurs habitants hein, parce que les zombies, eux, adorent squatter les canapés et les chambres repeintes à l’hémoglobine), vous mettrez la main sur tout un arsenal, dont l’indispensable tronçonneuse !!!

Image 6 - ZombicideZOMBICIDE est donc un jeu rendant à merveille l’ambiance de la lutte d’un petit groupe contre une horde zombie ! C’est nerveux, c’est sanglant, c’est éprouvant et c’est dur ! Il vous faudra un solide sens stratégique – accessoirement un peu de chance ne peut pas nuire – pour réussir à atteindre les objectifs des scénarii dont la difficulté va croissante ! Sinon vous mourrez dévorés par la masse dans l’hémoglobine et la rigolade.

Autre point fort du jeu, avec toutes les extensions, saisons, boites, personnages etc. qui sortent ou vont sortir, vous n’êtes pas prêts de tomber à court de ressources pour jouer (sans parler du web qui regorge de scénarii supplémentaires…). Le défaut majeur du jeu est par contre son prix (prix conseillé de la boite de base : 80 €, gargggle !). Comme les prix varient beaucoup d’une boutique à l’autre, cherchez bien sur le web, car il y a moyen de l’acquérir pour vraiment moins cher !

ZOMBICIDE de Nicolas Raoult, Jean-Baptiste Lullien et Raphaël Guiton. De 1 à 6 joueurs (3 ou 6, c’est le top). 90 minutes une partie environ, si vous ne passez pas trois heures à discuter chaque action…

 

ROBINSON CRUSOË : AVENTURE SUR L’ÎLE MAUDITE

Image 7 - Robinson BoiteEn termes de matériel et d’illustrations, ce jeu est une merveille. En termes de mécaniques, ce jeu est une merveille. En termes d’ambiance, ce jeu est une merveille. Et en termes de difficulté, ce jeu est à se tirer une balle.

ROBINSON CRUSOË vous met dans la peau de naufragés fraîchement « débarqués » sur une île qu’on aurait pu souhaiter plus déserte et surtout plus accueillante ! Oubliez l’image d’Épinal de la plage paradisiaque où vous attendez peinards qu’un bateau passe au loin pour vous récupérer, ROBINSON CRUSOË, c’est de la survie ! Et la dure réalité se rappelle à vous dès le premier tour de jeu avec la faim qui vous dévore déjà les entrailles !

Vu que sucer les cailloux, ça va deux minutes, vous allez devoir rapidement vous organiser pour explorer l’île, chasser, récolter, construire tous ces petits objets si utiles à la survie (oui, parce que chasser l’ours avec une branche de palmier, ça lasse aussi très vite), construire un refuge (ici aussi, l’hiver arrive ! Et il ne fera pas bon dormir dehors), bâtir une palissade pour tenir à distance les bêtes affamées, faire face aux événements (souvent catastrophiques) qui vous frappent à chaque tour, et accessoirement, remplir les objectifs du scénario. En effet, chaque partie est là encore scénarisée (de l’arrivée sur l’île à la découverte des tribus cannibales, en passant par l’exorcisme de l’esprit maléfique, etc. bref, bonne ambiance cette île !).

Image 8 - Robinson Crusoe_plateau

Pour accomplir tout cela, deux choix s’offrent chaque fois à vous. Vous pouvez consacrer à une action toute votre énergie, et vous la réussissez automatiquement ! C’est bien, mais c’est aussi le meilleur moyen de ne faire que la moitié de ce qui est nécessaire à votre survie et donc de crever rapidement (de faim, de froid, désespérés, dévorés, brûlés… c’est très fourni de ce côté-là !).

Vous devrez donc bien souvent tenter le sort en vous dispersant sur plusieurs actions, ce qui entraîne de possibles échecs, dangers et mésaventures ! Et c’est là que le jeu s’avère très bien fait, car sa mécanique réagit à vos actions ! Vous partez récolter un peu de nourriture en forêt ? Bravo, vous réussissez et ramener des champignons mais vous vous tordez la cheville en chemin ! A moins qu’ils ne soient un rien vénéneux et qu’il vous faille fabriquer un remède rapidement…

C’est le gros point fort de ce jeu : tout est logique, tout s’enchaîne, et surtout, tout concourt à vous faire crever sur cette p… d’île. ROBINSON CRUSOË vous fait vivre une vraie grande aventure de naufragés qui tentent de survivre, et on souffre avec nos pauvres personnages à chaque nouveau coup du sort qui les frappe ! C’est un peu comme un épisode de Man vs. Wild mais en tellement mieux.

ROBINSON CRUSOË : … d’Ignacy Trzewiczek. De 1 (mais pourquoi ?) à 4 joueurs (4 c’est le mieux). 120 minutes pour une partie qui ne verrait pas tout le monde mourir bien avant…

 

HANABI

Image 9 - Hanabi

C’est sans doute, en termes de matériel, le plus simpliste des jeux collaboratifs puisqu’il s’agit d’une petite boite en métal contenant quelques cartes carrées et des pions de couleur. Pourtant, vous ne devez surtout pas passer à côté de ce petit chef-d’œuvre, jeu de l’année 2013 à Essen (rien que ça !).

Cette fois, vous incarnez des artificiers un peu distraits (ou bien éméchés) qui ont foutu un merdier sans nom dans la préparation de leurs fusées. Vous allez donc maintenant devoir réussir à tout réordonner pour lancer le plus beau feu d’artifice possible ! Pour cela, il vous suffit de réussir à poser des cartes numérotées de 1 à 5 en ordre croissant, et ce pour chacune des cinq couleurs du jeu !

Et elle est où la difficulté me direz-vous ? Et bien c’est simple, vous ne voyez que les cartes de vos camarades, pas celles que vous avez en main. Vous allez donc devoir donner à vos camarades des indices sur les cartes qu’ils devront jouer – et ils devront faire de même – sauf que chaque indice est limité dans sa formulation (couleur ou chiffre), et qu’il faut en plus payer un pion pour chaque indice.

Bien sûr, le nombre de pions est limité et la seule façon d’en regagner est de défausser une carte (peut-être justement celle qu’il vous fallait pour poursuivre votre feu d’artifice !). J’oubliais de vous dire : quand vient votre tour, vous ne pouvez faire qu’une action : donner un indice, jouer une carte, ou défausser… Cela vous semble moins facile déjà ? Cerise sur le gâteau : vous n’avez le droit qu’à trois erreurs, après c’est rideau… Et quand le paquet se termine, c’est rideau aussi, et ça va vite !

HANABI n’a pas grand-chose d’un jeu d’ambiance : le matériel est simplissime et le fluff du jeu (le background ou l’histoire qui donne sa profondeur et son contexte à un jeu) est proche du néant. Mais par contre, c’est un superbe exercice de communication, et surtout un jeu très inhabituel, avec des mécanismes à la fois simples et d’une rare élégance, qui surprennent même les plus avertis des joueurs ! A essayer absolument, surtout qu’il coûte moins de 10 €.

HANABI d’Antoine Bauza, de 2 à 5 joueurs (mais 4 ou 5 c’est le top), environ 30 minutes par partie.

 

SPACE ALERT

Image 10 - Space AlertSPACE ALERT, c’est mon chouchou absolu, donc je ne pouvais pas ne pas en parler, mais je serai très bref pour deux raisons : 1 – il est actuellement en rupture éditeur ! 2 – ce jeu est tellement stressant que plus personne ne veut y jouer avec moi.

SPACE ALERT, c’est un équipage à la Star Trek qui court partout dans un vaisseau en se hurlant des ordres pour faire face aux menaces qui s’abattent sur lui pendant les cinq minutes que dure une bande-son abominable faite d’alertes rouges annoncées par l’ordinateur de bord, d’alarmes stridentes et de grésillements d’interruptions radio ! Oui, oui vous lisez bien, SPACE ALERT est un jeu coopératif en temps réel ! Un jeu dans lequel vous tentez de faire feu aux lasers sur le météore qui vous fonce dessus alors que votre collègue a oublié d’alimenter votre générateur.

Le jeu se déroule en deux phases. Une en temps réel, durant laquelle les joueurs tentent de coordonner et planifier leurs actions, en réaction aux événements annoncés par la (très stressante) bande-son. Et la seconde où on se repasse le film au ralenti, pour vérifier comment s’en sont tirés nos héros. Aussi connu sous le nom de « moment où on découvre qu’on s’est complètement planté dans ses actions », cette seconde phase est l’occasion de rigoler ensemble du canonnier parti vers la mauvaise tourelle, ou des deux personnages se jetant simultanément dans l’ascenseur qui n’a qu’une place (le second prendra l’escalier et arrivera un tour plus/trop tard).

SPACE ALERT est un jeu extraordinaire de tension et de difficulté, où la moindre erreur individuelle peut mener à la défaite collective ! Gestion du stress, communication et coordination sans faille vous seront nécessaires pour espérer survivre aux menaces qui s’abattent sur votre pauvre vaisseau ! Sa mécanique unique fait de SPACE ALERT un jeu hors du commun, son humour et sa rejouabilité achèvent d’en faire une petite perle.

SPACE ALERT de Vlaada Chvátil. De 2 à 5 joueurs (mais 5 joueurs c’est le mieux, de loin). Environ 30 minutes par partie, donc 5 minutes TRÈS intenses.

 

Voilà qui clôt ce petit panorama de jeux coopératifs ! Oui, il y en a plein d’autres (HORREUR À ARKHAM, NOVEMBRE ROUGE, L’ÎLE INTERDITE, ANDOR, et j’en passe plein…) et je me suis également limité au purement coopératif, écartant des jeux aussi fabuleux que BATTLESTAR GALACTICA qui est seulement semi-coopératif (mais la différence est de taille…) !

L’idée était surtout de vous donner envie d’essayer de jouer différemment. Si vous n’avez jamais tenté le coopératif, essayez ça vaut vraiment le coup ! Et n’hésitez pas à faire un retour.

Bruno

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