Martin Villeneuve, un futur déjà grand

Martin Villeneuve, un futur déjà grand

Son premier film, Mars et Avril, était un véritable ovni au milieu de la production québécoise. Ode de science-fiction résolument poétique, positive et bizarroïde, elle révélait tout le talent de Martin Villeneuve. Aujourd’hui très demandé, le réalisateur développe désormais pas moins de quatre projets, deux du côté canadien, deux autres à la Mecque du cinéma, Hollywood… et tous très différents. Rencontre avec un metteur en scène passionné et passionnant.

Martin Villeneuve sur le plateau de Mars et Avril – Photo : Yanick Macdonald, Mars et Avril inc. © 2012

Martin Villeneuve sur le plateau de Mars et Avril – Photo : Yanick Macdonald, Mars et Avril inc. © 2012

MARS ET AVRIL, LE PREMIER FILM « IMPOSSIBLE »

THOMAS DESTOUCHES : J’avoue avoir été déstabilisé par votre premier film, Mars et Avril. Totalement convaincu par la dimension artistique, bluffé par votre potentiel, séduit par la bizarrerie de l’entreprise et votre folie. Un peu moins par la profondeur des personnages. Mais, encore une fois, je lui reconnais beaucoup de qualités et, surtout, il m’a donné foi en vous.

MARTIN VILLENEUVE : François Schuiten m’a déjà dit que Mars et Avril était une histoire rêvée par un adolescent mais réalisée par un adulte, et je crois qu’il a raison. C’est une observation très juste. Je reconnais qu’il s’agit d’un film singulier et qui n’est pas parfait, mais ça reste un premier long métrage qui a au moins le mérite d’être unique en son genre et de sortir des sentiers battus, tant dans la forme que dans le contenu. Il met en opposition le rêve, la réalité et une certaine part d’ombre, et les thématiques qu’il aborde font totalement écho au processus de création qui le sous-tend.

Il est souvent mentionné, à propos de Mars et Avril, qu’il s’agit d’un film impossible à réaliser sur le papier. Et il est vrai, compte tenu de la production québécoise, de la bizarrerie d’un projet de SF et aussi par le fait qu’il s’agisse d’un premier film, que Mars et Avril avait tout du film… irréalisable. Comment les contraintes « impossibles » l’ont justement rendu « possible » ?

MV : C’est devenu le surnom de Mars et Avril suite à ma conférence TED : « le film impossible ». Les Américains l’ont baptisé ainsi et je crois que ça lui va très bien, car c’est vrai que l’entreprise était impossible. Elle tient du miracle, d’un acte de foi, voire même d’une certaine folie, et ce n’est pas un modèle qui pourrait être répliqué une deuxième fois. J’ai pris des risques insensés. J’ai dû ré-hypothéquer ma maison deux fois et mettre tous mes actifs personnels en garantie. Le directeur photo a même ré-hypothéqué la maison de sa mère. Les acteurs, artistes et techniciens y ont réinvesti une partie de leur salaire. Les investisseurs publics et privés ont dû doubler leur mise de fonds initiale. Sur ce plan là, la réalisation de mon rêve était un cauchemar. La vérité est que personne au Québec n’aurait été assez fou pour produire un film pareil, c’est pourquoi je suis devenu par défaut mon propre producteur. J’ai fait ce film en passant toujours « par la porte d’en arrière », en trouvant des solutions que personne n’attendait, en tournant les contraintes en opportunités et en refusant d’écouter ceux qui me disaient d’abandonner. Là où plusieurs auraient laissé tomber, moi je m’efforçais de voir le plan B qui allait devenir meilleur que le plan A. Rien ne peut arrêter quelqu’un qui est convaincu de pouvoir aller jusqu’au bout. Il est étonnant comment devant l’adversité, on parvient à trouver des forces en soi que l’on ne croyait pas avoir… et parfois on n’a tout simplement plus le choix que de jouer le tout pour le tout, cela devient un mode de survie devant le risque bien réel de tout perdre. Mais avec le recul, je peux dire que ce projet voulait vivre et que certaines forces en place étaient sans doute plus grandes que ceux qui portaient le film. J’ai vécu le meilleur et le pire de ce que peut apporter un tel périple, et ce qui est incroyable est que le beau côté l’a emporté. En ce sens, j’ai le véritable sentiment de la mission accomplie, d’avoir vécu une épreuve initiatique, dans le sens le plus épique du terme, à une époque où l’on est impétueux, capable de folie et sans doute aussi un peu naïf. Mars et Avril, c’est mon anneau porté jusque dans les feux de la montagne du destin !

« Mars et Avril, c’est mon anneau porté jusque dans les feux de la montagne du destin ! »

Pouvez-vous nous raconter la genèse de ce film impossible ?

MV : J’ai étudié en cinéma et en design graphique, puis j’ai débuté ma carrière en publicité et en écrivant des romans graphiques. Mon premier long-métrage est arrivé un peu comme un accident en ce sens qu’à la base, je n’avais pas prévu de porter mes livres au cinéma. Les deux photo-romans Mars et Avril dont s’inspire le film n’avaient pas été publiés en dépit de ne pas pouvoir en faire un film. J’avais 20 ans quand j’ai écrit le tome 1 de Mars et Avril puis il y a eu le tome 2 quelques années plus tard. Au début de la vingtaine, on n’a pas accès facilement à des grosses machines comme le théâtre ou le cinéma, donc j’avais envie de me doter d’outils que je pouvais contrôler pour raconter mon histoire dans une première forme qui était celle du photo-roman moderne « revisité ». Par la suite, c’est Robert Lepage, l’un des acteurs, qui a eu l’idée d’adapter Mars et Avril au cinéma pour en faire un long-métrage que lui devait produire. Mais au bout d’un moment, Robert a trouvé que c’était plutôt à moi de réaliser le film et que lui pourrait m’aider au niveau créatif pour monter le projet. C’est un peu comme ça que ça a commencé, mais je pense que tout le monde savait que le film serait long à réaliser. Sept ans, c’est très long mais il faut bien comprendre que c’était le premier. Il n’y avait pas de film de ce genre au Québec donc il fallait inventer un processus qui n’existait pas. Ici, on a bien sûr les compétences pour tourner des films d’effets visuels parce qu’on le fait pour les Américains. Mais les films québécois, de façon générale, ce sont des films tournés vers le passé ou qui se déroulent dans le passé. Des drames noirs contemporains où les personnages sont nostalgiques ou encore des grosses comédies qui ne parviennent pas toujours à faire rire. Et pour la première fois, quelqu’un fait un film qui est tourné vers l’avenir, ce qui est le contraire, donc c’est certain que ça remue un peu.

Vous soulignez souvent que la qualité des gens que vous réunissez est souvent plus importante que la somme d’argent que vous injectez dans un projet… Mars et Avril en est-elle la preuve la plus extrême ?

MV : Au départ, je ne voyais pas tellement comment ça pouvait se faire au Québec justement. C’est d’ailleurs ce que pensent d’emblée la plupart des gens. Ils se disent : « On n’a pas les budgets pour ça, comment on peut s’y prendre ? » Puis la philosophie de Robert Lepage et de François Schuiten – ces deux-là ont beaucoup de points en commun je dirais – est de « se mettre les mains dedans » avant d’avoir les sous. Autrement dit, on met les idées en avant, on amorce le mouvement pour briser l’inertie, puis un certain nombre de choses suivent. C’est-à-dire qu’il faut mettre en place des gens qui se mettent eux aussi à y croire. Un film, c’est d’abord des idées, puis une équipe, puis la créativité d’un groupe, et enfin essayer de se doter de moyens qui, parfois, sont inexistants. Il faut les inventer, trouver un sens à ce que l’on fait, questionner le processus, notamment la manière de gérer un budget. L’argent, tout comme le temps, est une donnée bien relative. Il faut déterminer où l’on met les priorités, puis évidemment se donner du temps.

« Un film, c’est d’abord des idées, puis une équipe, puis la créativité d’un groupe. »

La science-fiction est un genre généralement plutôt cauchemardesque. Vous l’envisagez davantage comme un rêve. Optimiste, poétique, apaisé et transcendant. Et c’est assez peu courant. D’où vous vient cette vision « lumineuse » de la science-fiction ?

MV : J’ai en effet décidé très tôt d’évacuer de l’intrigue un certain nombre de conventions associées au genre, comme la violence ou les batailles intergalactiques. Sans doute en réaction à la surabondance de la violence au cinéma et aux recettes auxquelles on a déjà gouté mille fois. Mars et Avril propose plutôt un monde où l’art et la musique ont pris le contrôle de la conscience collective, mais où l’amour est plus que jamais un truc compliqué. Le film utilise les codes de la science-fiction pour raconter une histoire plus lyrique, axée sur les rouages de la création et sur leurs nombreux rapports avec le fonctionnement de l’univers. Certains ont aimé, d’autres pas, mais ce qui est certain c’est que la proposition n’est pas passée inaperçue ! On l’a parfois décrite comme une bande dessinée vivante qui reste divertissante sans trop se prendre au sérieux, et c’est exactement ce que je voulais faire. Mes influences me viennent d’abord et avant tout de la bande dessinée.

Martin Villeneuve sur la scène de TED – Photo : James Duncan Davidson, TED © 2013

Martin Villeneuve sur la scène de TED – Photo : James Duncan Davidson, TED © 2013

« TED » A TOUT CHANGÉ

En marge de Mars et Avril, vous avez également déclaré que la conférence TED (Technology, Entertainment and Design) que vous avez récemment donnée a joué un rôle majeur dans cette accélération de carrière et dans la vision qu’Hollywood avait de vous. Que s’est-il passé exactement pendant cette conférence ? Et après cette conférence ?

MV : TED a été un événement majeur dans ma vie. Sur le plan professionnel, certes, mais aussi sur le plan personnel. J’étais le tout premier – et unique – Québécois à y mettre le pied en 30 ans, ce qui à la base n’est pas rien. Aux États-Unis, et à plusieurs autres endroits dans le monde, TED est très connu, c’est un événement couru et une marque prisée. On y trie les conférenciers sur le volet. Pour vous donner une idée, il n’y a eu qu’une douzaine de conférences sur le cinéma depuis les débuts de TED en 1984, et les deux autres cinéastes à y avoir pris la parole avant moi étaient nul autres que James Cameron et J.J. Abrams, deux personnalités très puissantes à Hollywood. En contrepoint, TED voulait inviter en 2013 un jeune inconnu qui à leurs yeux avait fait quelque chose de spectaculaire et qui correspondait à leurs valeurs de renouveau, de changement positif et d’idées qui valent la peine d’être partagées. On m’a accordé une tribune extraordinaire qu’aucun autre cinéaste au monde n’a eu cette année-là, et en plus cette tribune mettait en valeur le processus créatif derrière le film, auquel les Américains ont été très sensibles : faire beaucoup avec peu, penser en-dehors des moules, proposer de nouveaux modèles, voir les choses autrement, se projeter dans l’avenir, voilà ce que recherche TED et ce qui a résonné à Hollywood. On te donne 10 minutes pour, bien humblement, tenter de changer le monde. C’est un festival des idées couru par toute une élite et qui ouvre de très grandes portes. Dès le lendemain de ma conférence, mon film était vendu aux États-Unis pour la diffusion en ligne, j’avais un agent à Los Angeles et je rencontrais les gens de DreamWorks Pictures, Lucasfilm, Kennedy/Marshall et Disney, qui avaient tous vu mon film et m’ont pris très au sérieux. Eux ont vu tout le travail derrière Mars et Avril et ont su en apprécier la valeur compte tenu de tous les pièges et défis que l’entreprise représentait.

« Les deux autres cinéastes à avoir pris la parole à TED sont James Cameron et J.J. Abrams. »

 

QUATRE NOUVEAUX PROJETS EN DÉVELOPPEMENT

Vous avez mis 7 ans à faire Mars et Avril. Et depuis vous multipliez les projets. Assez intensément… Avez-vous le sentiment d’avoir à rattraper du temps ?

MV : Oui, c’est très juste. J’ai commencé à travailler sur Mars et Avril au milieu de ma vingtaine, et je me suis réveillé un matin après une longue tournée de festivals de deux ans à travers le monde, et j’avais 35 ans… Mais au plan de mon cheminement, je n’avais pas le choix que de passer par Mars et Avril, et au niveau de l’expérience que j’y ai acquise, ce film en vaut facilement cinq !

Concept art de The Other World – Image : D. Jeevan, Pressman Film © 2015

Concept art de The Other World – Image : D. Jeevan, Pressman Film © 2015

The Other World

Avec cette production de Pressman Film, vous passez d’un monde de SF sans budget à un univers de SF avec un budget beaucoup plus conséquent. Les principaux risques sont de flancher sous la lourdeur d’une telle machinerie… et de perdre la créativité de Mars et Avril. Est-ce que je me trompe ?

MV : À mon avis, les réflexes de création doivent rester les mêmes, que ce soit un gros ou un petit budget. La différence fondamentale est que, cette fois-ci, je serai appuyé par de vrais producteurs et pourrai me concentrer sur la création. Une bonne préparation reste toujours la clé, afin de ne rien laisser au hasard. Et, bien sûr, il faut savoir bien s’entourer. Le premier collaborateur que j’ai embauché sur The Other World est François Schuiten, avec qui j’avais créé l’univers de Mars et Avril. Nous sommes les architectes de cet autre monde, nous créons l’histoire et les personnages, mais nous n’écrirons pas le scénario. Cette tâche reviendra à un scénariste américain chevronné, et une fois que ce sera fait, je prendrai la chaise du réalisateur et Monsieur Schuiten portera le chapeau du concepteur conceptuel. Autant que possible, nous avons l’intention de tourner le film sur place, afin de ne pas trop dépendre des écrans verts et des effets visuels. Et cette fois-ci, j’espère vraiment avoir plus de temps pour travailler avec les acteurs et l’équipe sur le plateau. Mon premier long-métrage a été tourné en seulement 25 jours, ce qui était totalement aliénant et épuisant. Pour les gens qui connaissent le cinéma, c’est très peu de temps. Il y a des cinéastes qui tournent des courts métrages en 22 jours. Les Américains prennent facilement 80, 90 jours pour tourner un film de SF. Quand Mars et Avril est sorti, il a quand même été comparé avec ces films qui ont eu des gros moyens et 80 jours de tournage. Ce sont des risques qu’il faut calculer mais à un moment, la vie est courte et quand c’est ça que tu as envie de faire, tu le fais. Et quand c’est bien fait, le film est vu dans les bonnes sphères, car il reste que relativement peu de films de genre se produisent par année. Il y a un public pour les films SF, et des producteurs à l’affut des talents émergents. Ed Pressman est l’un d’eux.

« Mon premier long-métrage a été tourné en seulement 25 jours, c’était totalement aliénant et épuisant. »

Vous retrouvez pour ce film l’artiste belge François Schuiten, avec qui vous allez créer l’univers visuel du film. Comment définiriez-vous la patte visuelle de Schuiten ?

MV : En cinéma, Schuiten n’est plus le bédéiste. Il se place au service du réalisateur, mais pour être un interlocuteur valable face à lui, encore faut-il être rigoureusement préparé ! Il cherche des solutions tout à la fois simples, ingénieuses et élégantes, prenant garde à ce que les images ne prennent pas trop de place par rapport aux personnages. Il sait que les décors et les effets spéciaux doivent amener à crédibiliser une scène, mais jamais à la remplir. Plutôt que de chercher à faire de beaux dessins, sa préoccupation première est de trouver une écriture visuelle propre au film, afin qu’il ait sa propre identité. Il souhaite aussi éviter les ruptures de style entre les décors réels et les environnements virtuels, puis entre les plans d’ensemble à grand déploiement et les gros plans dévoilant l’intimité des personnages. Quel que soit le budget, quelle que soit la finalité, qu’il s’agisse d’une superproduction ou d’un film d’auteur, d’un projet de débutant ou de celui d’un réalisateur chevronné, il recherche le sens de ce qu’il fait. Que peut-il apporter au film ? Quel lien y a-t-il entre la demande et son univers ? Comment peut-il appliquer les recettes qu’il a utilisées en bande dessinée – documentation détournée, réalité réinventée, crédibilité des visions… ? Et au cœur de tout cela, il y a les racines. Comment sommes-nous en prise, voire en phase, avec ce qui nous constitue ? Comment utilisons-nous chacun nos spécificités au service d’une même vision ?

Le duo Villeneuve-Schuiten travaille comment ? Par complémentarité ? Par opposition ? Par alchimie ?

MV : Un peu de tout ça ! La communication entre nous est facile. Nous parlons le même langage. Les Québécois et les Belges ont énormément en commun, notamment au plan de l’humour, de la politique et de l’approche créative. Entre Montréal et Bruxelles, il n’y a qu’un pas à franchir au niveau philosophique. Depuis 2007 que nous collaborons, nous sommes devenus amis. Nous rions beaucoup, et parfois nos discussions partent dans tous les sens et il faut un peu se discipliner pour revenir à nos moutons ! Nos références par contre ne sont pas toujours les mêmes, et c’est très bien ainsi car nous appartenons à deux générations différentes. J’ai beaucoup de respect pour François Schuiten qui est un artiste important de notre époque, ce qui ne doit pas par contre m’empêcher de prendre ma place, autrement on ne pourrait pas travailler ensemble. Les projets que nous imaginons se trouvent à la jonction de nos univers respectifs, et le plaisir est de les découvrir ensemble.

« Les Québécois et les Belges ont énormément en commun : l’humour, la politique et l’approche créative. »

Martin Villeneuve sous les traits de sa grand-mère dans Imelda – Image : Benoît Beaulieu, Prends ça court ! © 2014

Martin Villeneuve sous les traits de sa grand-mère dans Imelda – Image : Benoît Beaulieu, Prends ça court ! © 2014

Imelda

Après avoir fait Mars et Avril et alors que d’autres projets étaient sûrement déjà en développement, pourquoi avez-vous décidé de faire un court métrage ? Est-ce parce que le sujet d’Imelda était « plus important » que tout le reste ? Il s’agit d’un projet éminemment personnel…

MV : La vérité est que j’avais très envie de tourner, et que les films de genre sont souvent longs à développer pour toutes sortes de raisons. Idéalement, un cinéaste doit sortir quelque chose au minimum tous les deux ans pour rester dans le coup, or Mars et Avril était sorti en 2012 et je me devais de produire un film en 2014. Imelda a été fait dans l’urgence, sans argent et en un seul jour. Il s’agissait de faire revivre ma grand-mère paternelle pour une dernière journée, à la veille de la vente de sa maison. Nous avons tourné le personnage dans son vrai décor, parmi ses meubles et ses objets, et j’ai même porté ses vraies robes ! Je n’aurais pas pu faire ce film du vivant de ma grand-mère. Sa mort et la vente de sa maison sont devenues le prétexte pour tourner le court métrage. Le projet était simple à réaliser, ne nécessitait pas de gros moyens et à la base relevait plus de l’exercice de style. Or, à ma grande surprise, il m’a apporté un prix d’interprétation et un projet de long-métrage que je n’attendais pas, puisque le personnage a su convaincre une productrice québécoise, Nicole Robert chez GO Films, d’en faire une comédie dramatique sous forme de long métrage !

C’est un film inspiré de votre grand-mère. Quel genre de femme était-elle pour vous inspirer autant ?

MV : Imelda, c’était un volcan en éruption constante, un petit bout de femme douce-amère, une actrice qui n’a jamais pu s’épanouir, un personnage plus grand que nature, d’une envergure presque mythologique oserais-je dire. Sa vie relevait de la tragédie grecque ! Elle est morte à 101 ans, et de son vivant elle en a fait voir de toutes les couleurs à son entourage. Malgré son sens aigu du drame, son humour, le regard atypique qu’elle portait sur le monde et ses constats parfois déroutants, tout le monde peut s’identifier à elle. La tournée des festivals au Québec me prouve bien que le personnage est universel, qu’il peut faire rire et parvient aussi à émouvoir. C’est un personnage très jouissif à interpréter.

« Imelda a été fait dans l’urgence, sans argent et en un seul jour. »

Pourquoi avoir décidé de jouer vous-même Imelda ? Parce que vous la connaissiez mieux que n’importe quel acteur ou actrice ? Parce que justement vous vouliez garder ce projet au plus près de vous ?

MV : Depuis 25 ans, je pratique une imitation de ma grand-mère, et comme je suis cinéaste dans la vie, je crois qu’il était un peu inévitable qu’un jour j’allais devoir me prêter au jeu de la caméra avec cette interprétation. Et de ce que j’entends des multiples réactions du public face au court métrage, c’est apparemment le fait qu’un jeune homme joue une vieille femme qui est tout à la fois drôle et touchant.

Recevoir un prix d’interprétation au Gala Prends ça court ! a-t-il constitué une surprise ? Et est-ce que cela vous a donné des idées ? Ou donné des idées à d’autres metteurs en scène, séduits par votre interprétation ?

MV : Je ne m’attendais pas à recevoir ce prix, c’est certain, surtout que je ne suis même pas membre de l’Union des artistes qui le remettait, et qu’il s’agit pour moi d’une toute première expérience comme acteur. En plus, je remporte un prix d’interprétation masculine pour avoir joué une vieille femme, ce qui est quand même très drôle ! Et oui, des collègues cinéastes m’ont fait part de leur intérêt pour le personnage. D’ailleurs, je devrai sans doute faire appel à l’un d’eux pour m’assister dans la réalisation, car il me serait difficile de subir 4 heures de maquillage à tous les matins pendant 30 jours, de jouer le rôle principal et d’assurer seul la direction de toute une équipe. L’expérience de Mars et Avril m’a prouvé qu’il est très difficile de porter simultanément plusieurs chapeaux.

Au-delà de cumuler les casquettes de réalisateur – producteur – scénariste – acteur, quel était le principal challenge de ce court métrage ?

MV : Je ne m’étais jamais vu jouer le personnage, donc déjà c’était un choc. Mais le plus grand défi était de tourner tous les plans en séquence, c’est-à-dire que je souhaitais faire les monologues d’un seul trait, sans coupe à l’image. Et je n’avais le temps que de faire 3 ou 4 prises à chaque fois. Comme réalisateur, disons que j’ai été très exigeant et sans compromis envers mon acteur ! En plus, je n’avais rien écrit au préalable, j’y allais selon les souvenirs que j’avais conservés de ma grand-mère, des histoires qu’elle me racontait. Chaque pièce de la maison devenait en quelque sorte prétexte à révéler ces souvenirs selon l’inspiration du moment. Ce sont des amis qui m’ont aidé à réaliser ce film, ceux-là même qui avaient occupé des postes-clé sur Mars et Avril.

« L’expérience de Mars et Avril m’a prouvé qu’il est très difficile de porter simultanément plusieurs chapeaux. »

Concept art de From Beyond – Image : Tiernen Trevallion, Darius Films & Shoreline Entertainment © 2015

Concept art de From Beyond – Image : Tiernen Trevallion, Darius Films & Shoreline Entertainment © 2015

From Beyond

Une adaptation de Lovecraft écrite par Ray Gower. J’ai lu qu’il s’agissait d’une adaptation « moderne » sans comprendre exactement ce que ce terme signifiait en l’occurrence. Comment expliquer votre approche sur cette nouvelle ?

MV : Ray Gower, qui est aussi réalisateur, a vu Mars et Avril au Sci-Fi London et y a reconnu plusieurs thèmes lovecraftiens. H.P. Lovecraft était notamment obsédé par la théorie de Kepler et la musique des sphères qui fait justement l’ouverture de Mars et Avril. Ray m’a contacté un beau jour par Skype en me disant que le scénario qu’il était en train d’écrire était pour moi. Cela a bien sûr suscité ma curiosité car je suis un adepte de Lovecraft, notamment de sa nouvelle From Beyond dont s’inspire le scénario de Ray. Dans un premier temps, il m’a demandé de le lire et de lui faire parvenir mes notes, ce que j’ai fait. Les notes en question se sont rendues jusqu’aux producteurs à Los Angeles qui se sont montrés très enthousiastes. Ils avaient vu Mars et Avril ainsi que ma conférence TED. Ray a réécrit le scénario en se basant sur mes notes, puis quelques semaines plus tard, j’ai reçu une proposition de contrat pour réaliser le film. Voilà pour la genèse. Concernant l’aspect moderne, il est certain que mon approche vise à évacuer un certain nombre de clichés associés à Lovecraft, sans toutefois dénaturer l’essence de son œuvre. Une adaptation de From Beyond a vu le jour dans les années 80, et ce que nous voulons faire n’a rien à voir avec cette vision désuète. Le film que j’ai en tête promet tout un voyage, tant au niveau visuel qu’au niveau de l’histoire. Il faut dire que Ray a écrit tout un scénario, et dans mes cordes en plus !

C’est une œuvre de Lovecraft que vous appréciez particulièrement. Qu’a-t-elle de si particulier à vos yeux ?

MV : Lovecraft était un visionnaire. Sa nouvelle aurait pu être écrite hier. Ce qu’il y a de fascinant, c’est que sa conception des dimensions parallèles et des couches invisibles auxquelles l’humain n’a pas encore accès est une notion réelle. La science moderne nous la révèle peu à peu. Dans From Beyond tout comme dans Mars et Avril, la machine devient la clé pour assurer le passage vers l’autre monde. Chez Lovecraft, l’humain reste au cœur du récit, et c’est ce que Ray et moi avons voulu développer dans le scénario de From Beyond. La nouvelle originale est assez courte mais offre plusieurs pistes. Ce sera l’histoire de deux frères, l’un du côté de l’ombre, et l’autre du côté de la lumière.

« Chez Lovecraft, l’humain reste au cœur du récit, et c’est ce que Ray Gower et moi avons voulu développer dans le scénario de From Beyond. »

J’ai vu pas mal de concepts artistiques déjà bien avancés pour le film. Sont-ils toujours d’actualité ou est-ce que vous planchez sur de nouveaux ?

MV : Les dessins que l’on peut voir actuellement sur mon site web ne sont que de premières études, assez conventionnelles et qui rappellent sans doute trop certains films du genre comme le premier Hellboy. C’est ce que les producteurs m’ont autorisé à diffuser pour l’instant, mais il est certain que nous irons beaucoup plus loin, dans des sentiers moins balisés et des eaux plus obscures au plan visuel. Ce sera intéressant de visiter l’univers de Lovecraft avec les potentialités offertes aujourd’hui par la technologie. Il est aussi question que le projet soit parallèlement adapté en bande dessinée, en complément au film.

Concept art de Aquarica – Image : Benoît Sokal & François Schuiten © 2015

Concept art de Aquarica – Image : Benoît Sokal & François Schuiten © 2015

Aquarica

Un projet de dessin animé développé avec Schuiten et Sokal. Que pouvez-vous nous en dire ?

MV : Il s’agit d’une fable écologiste à propos des changements climatiques. J’ai sauté dans ce projet tout de suite après avoir terminé Mars et Avril, car François Schuiten et moi avions très envie de retravailler ensemble. Lui et son ami d’enfance Benoît Sokal – un autre artiste que j’admire beaucoup – avaient déjà fait plusieurs dessins et s’étaient racontés durant leurs vacances d’été les prémisses d’une histoire de baleines géantes. Toutefois, il n’existait pas encore de scénario comme tel. Alors je me suis mis à échanger avec eux plusieurs idées, puis à m’approprier le projet pour en tirer une première version du scénario qui a retenu l’attention d’un producteur et d’une société d’animation au Canada. Ces partenaires devraient être annoncés sous peu, dès que les contrats seront signés.

Quel est l’état d’avancement de ce projet ?

MV : Le récit sera d’abord adapté en bande dessinée par Sokal qui en fait une œuvre très personnelle, assez différente de ce que sera le film. Il est déjà bien avancé ; son découpage est terminé et plusieurs planches en couleur sont achevées. L’album de 134 pages devrait paraître fin 2016 chez Rue de Sèvres en Europe. Concernant le long-métrage d’animation, tout le travail reste à faire. La priorité actuelle est d’écrire la version finale du scénario pour laquelle nous sommes présentement en démarche de financement auprès des institutions canadiennes. Un coscénariste anglophone m’épaulera dans cette étape car le film sera assurément réalisé en anglais. Il nous faut aussi trouver un partenaire en Europe, aux États-Unis ou en Asie pour assurer la coproduction. Parallèlement, nous devrons réaliser un test d’animation sur quelques séquences-clés afin de valider quelles techniques seront mises à contribution pour réaliser le film, pour déterminer le budget de production et pour convaincre les investisseurs. C’est un projet très ambitieux qui à ma connaissance n’a jamais été tenté au Canada. Ce sera sans doute une autre première !

Quatre projets donc… ça fait beaucoup pour un seul homme, aussi doué soit-il. Si tout se déroulait comme prévu, dans quel ordre pourrions-nous découvrir ces films ? J’ai l’impression que priorité est donnée à l’adaptation en long métrage d’Imelda, peut-être parce qu’il est le plus « léger » des projets en développement…

MV : La mise en chantier d’un film, quel qu’il soit, est une entreprise exigeante qui dépend de plusieurs facteurs comme le financement, la disponibilité des acteurs, mais aussi des choix que doit faire le cinéaste en terme de priorité. Un projet doit non seulement être en phase avec son époque, mais aussi avec la sensibilité et les préoccupations du metteur en scène à un moment précis. Pour cela, je crois qu’il faut à la fois suivre son instinct tout en se pliant aux réalités de l’industrie. Bien honnêtement, j’ignore dans quel ordre se produiront les films auxquels je suis associé car je n’en suis pas le producteur et n’en contrôle pas tous les paramètres, mais si l’on se fie à l’état d’avancement de ces quatre projets, je crois bien qu’Imelda sera effectivement produit en premier. Cela paraît aussi logique après avoir fait le court métrage, puis en plus c’est un film qui ne coûte pas très cher à faire… il faut une maison, quelques robes, de bons acteurs et une caméra !

« Un projet doit être en phase avec son époque, mais aussi avec la sensibilité et les préoccupations du metteur en scène à un moment précis. »

AU-DELÀ DU CINÉMA…

Vous avez réalisé un premier film de SF, Mars et Avril, et êtes engagé dans deux autres projets du même genre, The Other World et From Beyond. Dans le même temps, on a appris que votre frère Denis Villeneuve était pressenti pour reprendre la suite de Blade Runner. Qu’y avait-il dans le biberon des Villeneuve pour déclencher un tel amour de la science-fiction une fois adultes ?

MV : On me pose souvent cette question ces temps-ci ! Je ne sais pas très bien quoi répondre, sinon que nos parents nous ont toujours encouragés à suivre nos passions dans la vie, à condition de le faire avec sérieux et jusqu’au bout. Sur quatre enfants, deux autres ont pris avec succès des chemins très différents. Ceci dit, à la maison lorsque nous étions enfants, il y avait toujours des films qui jouaient : Star Wars, Blade Runner, Indiana Jones, etc. Il y avait aussi une grande bibliothèque remplie de bandes dessinées dont certaines, pour ma part, m’ont beaucoup marquées – notamment la série Les Cités Obscures de François Schuiten !

En parlant de votre frère justement, lequel est désormais bien implanté à Hollywood après quelques belles productions là-bas, vous a-t-il donné des conseils ?

MV : Jamais, sinon le fait de me prouver par sa détermination que l’aventure cinématographique épanouie était une chose possible malgré les obstacles. En fait, si j’avais déterminé mes choix de carrière en fonction de ceux de mon frère, je ne me serais sans doute jamais dirigé vers le cinéma puisque durant les premières années, ça a aussi été très difficile pour Denis. À présent les gens ne voient que les beaux côtés de l’extérieur, mais oublient qu’il a été huit ans sans tourner après ses deux premiers longs métrages… C’est incroyable qu’il se retrouve aujourd’hui à réaliser la suite de Blade Runner, mais la place qu’il occupe présentement, il ne l’a volée à personne. C’est le fruit d’un acharnement, souvent envers et contre tous. Denis et moi avons 11 ans de différence, ce qui est un autre obstacle à la communication. De plus, j’ai toujours fait mes projets en vase clos, et lui les siens. Il est très introverti, parle rarement de ses films et son horaire est très chargé. Je crois qu’il a appris que je faisais un film de SF lorsque Mars et Avril est sorti ! Il n’était pas non plus au courant de tous les problèmes que j’avais surmontés avant de voir ma conférence TED, que j’avais donnée à Los Angeles avant qu’il n’y lance son premier film hollywoodien. Nous avons des parcours, des styles, des obsessions et des univers distincts, malgré une passion commune qui est le cinéma, et une détermination qui nous provient sans doute de notre grand-mère Imelda. Nous n’avons jamais vraiment eu la chance de collaborer lui et moi, donc je présume qu’un jour nous devrons trouver le bon projet et un terrain d’entente pour créer quelque chose d’unique ensemble. J’espère de mon côté que cela se produira. Chose certaine, nous ne serions pas les premiers frères à former un duo. Une future collaboration me paraît souhaitable et logique.

« Mon frère Denis et moi avons des parcours, des styles, des obsessions et des univers distincts, malgré une passion commune qui est le cinéma. »

Je connais vos réalisateurs de référence (Spielberg, Cameron, Kubrick, Gilliam…). Mais votre travail étant plutôt inspiré par la BD, le roman graphique et le comic book américain, j’aimerais savoir quels sont les auteurs « de papier » que vous préférez, Schuiten mis à part. Et quel est l’album, ou les albums, qui vous ont le plus marqué ?

Couverture de L'Horloger du Rêve – Image : François Schuiten, Casterman © 2014

Couverture de L’Horloger du Rêve – Image : François Schuiten, Casterman © 2014

MV : Il y en a tellement, je ne saurais pas par où commencer ! Hergé reste à mon avis le maître incontesté. Franquin n’est pas très loin derrière. Enfant, je fus profondément marqué par l’insolite Concombre Masqué de Mandryka qui fascine aujourd’hui mon fils. Plus tard, j’ai eu un faible pour Gotlib, Druillet, Fred, Tardi, Caza, Beb Deum et Alberto Breccia. Moebius et Jodorowsky continuent de m’obséder – L’Incal reste sans doute ma série préférée. Du côté des États-Unis, citons Will Eisner, Dave McKean et Neil Gaiman. Au Québec, j’aime beaucoup Red Ketchup et la série Paul bien sûr (publiée chez la Pastèque qui est aussi l’éditeur de Mars et Avril version photo-roman en deux tomes).

Vous avez déclaré dans une entrevue à La Presse que le cinéma américain était en train de se réinventer. Qu’entendez-vous par là ?

MV : Les modèles créatifs et financiers qui ont régi le cinéma pendant des décennies sont en train de complètement basculer, que ce soit pour les blockbusters ou les films indépendants. Des films à grand déploiement comme Jupiter Ascending déçoivent au Box-Office, alors que de petits films d’auteur comme Mars et Avril connaissent un certain succès sur les plates-formes numériques. Je crois que cela s’explique par plusieurs facteurs. Premièrement, les cinéphiles se lassent de toujours voir les mêmes films, deviennent plus exigeants et curieux de découvrir de nouveaux contenus. Deuxièmement, les gens consomment les films très différemment en se tournant notamment vers la distribution en ligne. Troisièmement, la diversité des contenus offerts et des plates-formes est une donnée fondamentale. Les gens n’ont pas plus de temps qu’avant dans une journée, bien au contraire, en revanche ils sont de plus en plus sollicités pour se divertir. Les jeux vidéo et les séries télé, par exemple, ont pris une place qu’on avait sous-estimée, et ravissent un certain public de cinéma, surtout auprès des jeunes. Mais plutôt que de se plaindre des conséquences négatives de cette situation, il faut faire partie de la solution et y voir des opportunités. Des groupes puissants comme Amazon ou Netflix commencent à réinvestir en contenu, ce qui est une bonne nouvelle. Par contre les distributeurs et exploitants de salles de cinéma sont très lents à modifier leur attitude vis-à-vis ces changements, en se rattachant aux modèles désuets associés au « succès en salle » qui avant faisaient leur fortune pour déterminer la mise en marché d’un film. Ils ne comprennent pas que leurs jours sont comptés et refusent de voir les opportunités en appuyant la vie d’un film plutôt que de vouloir le faire entrer dans un moule. Par exemple, le distributeur canadien de Mars et Avril n’a jamais vu l’opportunité que représentait TED pour amener les gens à voir mon film, donc j’ai dû le vendre à un distributeur américain qui lui est très content. Nul n’est prophète en son pays.

Le cinéma québécois est, je le déplore affreusement, peu ou mal visible en France malheureusement. Y a-t-il des films de votre jolie province qui vous ont particulièrement marqué ces dernières années et que nous, spectateurs français, devrions voir absolument ?

MV : Pour reprendre votre expression, le cinéma québécois est, je le déplore affreusement, peu ou mal visible au Québec malheureusement. Nos films rayonnent ailleurs sur la planète, surtout par le biais des festivals internationaux, et nos talents s’exportent. Les meilleurs réalisateurs d’ici (dont je vous invite à voir les films) – que ce soit Jean-Marc Vallée, Philippe Falardeau, Xavier Dolan ou mon frère pour ne pas le nommer – travaillent surtout à l’étranger à présent. Les Québécois ont de la difficulté à réaliser et à rentabiliser chez nous leur très fort potentiel créatif qui pourtant fait l’envie de plusieurs. Espérons que cela changera dans les années à venir et que les films produits ici seront mieux distribués !

« Les Québécois ont de la difficulté à réaliser et à rentabiliser chez nous leur très fort potentiel créatif qui pourtant fait l’envie de plusieurs. »

 

Propos recueillis par Thomas Destouches le 7 avril 2015.

Énormes remerciements à Martin Villeneuve pour le temps accordé à cet entretien depuis Montréal, et pour l’extrême gentillesse dont il a fait preuve tout au long.

 

En attendant de découvrir ses prochains films, petit retour sur « Mars et Avril » :

Partager