• Home »
  • Divers »
  • Michael Jackson : Bambi était un geek… et faillit acheter Marvel !
Michael Jackson : Bambi était un geek… et faillit acheter Marvel !

Michael Jackson : Bambi était un geek… et faillit acheter Marvel !

Hi kids… Plissken speaking. Navré d’ajouter ma touche personnelle à l’overdose d’hommages et nécros en tout genre sur le King of pop mais le trente-sept bientôt trente-huitenaire que je suis ne pouvait décemment pas laisser trépasser le génie de Thriller sans lui adresser un dernier petit salut depuis Mars.

Comme tous les gens de ma génération, et malgré mon indéfectible amour pour le hard rock, Michael Jackson a fait partie de ma vie. J’étais en 5e lorsque Thriller éclaboussa les surboums de ma pré-adolescence en 1982. En 1ère quand Bad s’abbatit sur les ondes radio-télé et Michael Jackson sur le Parc de Princes en 1988. En licence à la fac lors de la sortie de Dangerous en 1991 avec son clip Black or white au morphing débridé. Et en maîtrise de journalisme au moment de History en 1995. Je n’inclus pas dans cette liste le raté Invincible, sorti en 2001 et dont, contrairement aux précédents albums, pas un seul titre ne suscita en moi la moindre espèce d’excitation.

Mais toujours est-il que j’associe incontestablement Jackson à mon adolescence et ma jeunesse. Et j’adresse un petit salut amical d’ailleurs à mon ami Renaud B., admirateur passionné de Michael Jackson à l’époque et dont les explosions d’enthousiasme au sujet de « Jacko » (nous étions en 1ère ensemble) me laissaient perplexe, moi qui vénérais à l’époque Dire Straits, Toto et Peter Gabriel et qui m’apprêtais à découvrir le hard rock via Def Leppard.

Cependant, des titres comme Can you feel it (avec les J5), Dont stop ’til you get enough, Beat it, Thriller, Black or white, Give in to me, Scream et quelques autres m’ont presque autant fait vibrer que Back in Black d’AC/DC ou Panama de Van Halen. Je n’ai jamais été à proprement parler un fan de Michael Jackson, mais j’avais beaucoup de respect pour sa démarche artistique ouverte et sa tolérance plus que bienveillante à l’égard de quelques petits solos rock bien sentis ici et là dans sa discographie.

Mais l’autre raison pour laquelle il me semble logique de lui rendre hommage tient de l’évidence : Michael Jackson était un geek ! Un vrai de vrai, passionné de cinéma de genre, de jeux video et de comics. Un cinéphile dont les clips, généralement mis en scène par des cadors du grand écran, fourmillaient de références et clins d’oeils au 7e art.

En 2000, ce gros fan de super héros Marvel et collectionneur compulsif de comics (en octobre 2008, on le vit dévaliser la boutique spécialisée Golden Apple Comics à L.A), envisagea sérieusement de racheter l’éditeur de Spider Man, des X-Men et consorts. C’est ce que nous rappelle ce petit article de la « splash page » du site MTV, faisant référence à un article plus complet du site « The Comic’s Journal » intitulé « How Michael almost bought Marvel ». La photo ci-dessous montre d’ailleurs Bambi en compagnie de Stan Lee, (à gche) mythique ex-gourou de la Marvel et adulé par Michael Jackson.

De gche à dte : Stan Lee, Bambi et Peter Paul

A l’époque, Stan Lee, qui n’était plus relié à Marvel que par un titre de façade et un gros chèque chaque année, venait de créer sa propre start-up (Stan Lee Media) avec son associé Peter Paul (plus tard condamné pour escroquerie, mais ceci est une autre histoire…). Il fut question que Michael Jackson et Stan Lee Media s’associent pour racheter Marvel (qui se remettait tout doucement d’une banqueroute en 1997) mais, pour des raisons détaillées dans le lien plus haut, l’affaire ne se fit jamais (ça ferait un bon « what if… », non ?).

Autre indice irréfutable de la geekerie du bonhomme : pour rembourser ses dettes colossales, Jackson s’était résolu à vendre aux enchères, en avril dernier à Beverly Hills, une partie de son trésor de guerre, avec notamment des statues grandeur nature de Spider Man, Superman et Batman (ainsi qu’une statue de lui même… costumé en Batman… hem), des consoles d’arcade X-Men…

Enfin, la fascination du chanteur pour les univers imaginaires, la SF, le fantastique et les super héros suinte dans nombre de ses clips (Scream, Black or white, Thriller, Can you feel it, Ghost…). Quoi de plus normal pour cet éternel et obsessionnel adulescent ?

Sa cinéphilie se devinait également dans le choix des metteurs en scènes pour ses clips les plus célèbres. John Landis, tout auréolé des lauriers du Loup garou de Londres, fut choisi par Michael Jackson pour réaliser l’inoubliable clip de Thriller. Un petit chef -d’oeuvre, qui me terrorisa lorsque je le visionnai pour la première fois, dans l’émission Champs-Elysées présentée par Michel Drucker sur Antenne 2 (ha ben ouais ça nous rajeunit pas tout ça, pfff). Les superbes effets spéciaux de maquillage des morts vivants de Thriller étaient d’ailleurs signés Rick Baker, qui avait déjà officié sur Le Loup garou de Londres. Les morts-vivants de Thriller me collèrent la même trouille que ceux du Zombie de Romero, que je louai quelque
s mois plus tard au Palace Vidéo, tout tremblant d’appréhension et d’excitation devant la jaquette sanguignolante fignolée par le mythique éditeur René Chateau. Mais je m’égare…

Michael Jackson fut également dirigé par Martin Scorsese sur le clip de Bad, David Fincher sur celui de Who is it, John Singleton sur Remember the time, de nouveau John Landis sur le réjouissant Black or white, Spike Lee sur They dont care about us et Francis Ford Coppola sur le moyen métrage en 3D Captain Eo, space opera kitch produit par Georges Lucas et projeté dans les Disneyland du monde entier.

Par respect pour le défunt, je ne m’attarderai guère sur le très embarassant Moonwalker, comédie musicale astronomiquement nulle à la gloire de Jackson, réalisée par une bande de tâcherons et massacrée par la critique à sa sortie en 1988. Et qui fit plouf au box office. On peut aujourd’hui considérer The Wiz, de Sydney Lumet, comme le seul rôle digne de ce nom du chanteur au cinéma, acteur assez peu convaincant au demeurant…

Malgré le côté obscur et dérangeant du personnage, je pense qu’on est tous d’accord pour dire qu’il a moins mérité une place de choix au paradis des geeks, qu’en pensez vous les aminches ?

End of transmission…
Partager