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Music Mini Review : Eminem – The Marshall Mathers LP 2 (Deluxe Edition) (Polydor)

Music Mini Review : Eminem – The Marshall Mathers LP 2 (Deluxe Edition) (Polydor)

Note de l'auteur

Pas beaucoup de séquelles laissent des traces en rap. Pour un Only Built for Cuban Linx 2, combien de Blueprint 2 ou Stillmatic ? Marshall Mathers se retrouve donc à mettre la barre très haut, et tenter de maintenir la qualité et la fraîcheur de l’album qui le fit exploser et le catapulta en haut des charts, avec 10 millions d’albums vendus sur le seul territoire américain.  The Marshall Mathers LP 2  trouve son protagoniste rangé, sobre mais prêt à en découdre et se positionner comme le « Bad Guy » de l’intro. Beaucoup des titres peuvent être joués comme un commentaire distancié du premier album, et sur « Evil Twin », Em se demande si les bonnes vieilles méthodes de controverse (« Who’s left ? Lady Gaga ? Mess with the Bieber ? ») fonctionneront encore. Las : l’autocitation a un côté fun (les apparitions des instrus de « The Real Slim Shady » sur « So Far »), mais lassant à la longue. Voire très longue : 16 titres et près de 80 minutes, ou dans le cas de la version deluxe, 21 titres. Une générosité qui est le vilain défaut d’Eminem : la concision manque cruellement à ce nouvel album.

L’autre problème ? Si la maîtrise maniaco-dépressive de Shady fait encore virevolter des titres comme « Groundhog Day » (un titre à l’instru vraiment percutante et, osons-le franchement, actuelle, signée par le jeune Cardiak, officiant d’habitude avec Meek Mill et boosté par Dr. Dre), les instrus restent beaucoup trop polis, policés ou juste en manque d’inspiration. Les refrains de stade tournent à vide (« So Much Better »), la contribution du très solide DJ Khalil et ses New Royales sent plus la lose que le Darwin (« Survival »), et l’hommage aux Beastie Boys et au rap-rock des années 80 sent vraiment le formol. Beurk. Pardon, « Berserk ».  Quel choix bizarre pour un premier single.

Mais l’arrivée de Rick Rubin pour épauler ce boxeur lyrical en mal de nouveau titre poids-lourds n’est pas qu’une mauvaise idée. C’est lui qui arrive à engager l’auditeur à s’amuser un peu aux côtés de Mathers, sur « So Far ». Mais la baguette magique du Gandalf du rock n’arrive pas à sortir du génie d’Eminem, simplement de la torture. Dommage collatéral :  l’effort requis pour saisir et se délecter de la tornade verbale de « Rap God » est miné par un instru ridiculement plat et anémique (le producteur s’appelle DVLP, pour Develop. Cruelle ironie.)

Si MMLP premier du nom bénéficiait des meilleurs instrus de Dr. Dre, celui-ci reste derrière la table de mixage et envoie son protégé Kendrick Lamar briller sur « Love Game ». Même si Eminem garde toujours une arrogance et quelques fulgurances à faire pâlir plusieurs aspirants rappeurs, la mainmise de son univers musical mêlant rock, rap et pop avec cohérence est sans compter sur son ennemi primordial. Pas les haters, les critiques musicaux, médias ou autres addictions dont il s’est débarrassé à grand peine. Non. Le match proposé dans Marshall Mathers LP 2, c’est Eminem versus la page blanche. Et s’il n’est pas mis K.O. pour autant, il s’en sort avec quelques bleus. Solution ? S’il se sent trop « à » Detroit (« the motivation that keeps me going », rappe-t-il sur  « So Far »), autant se mettre au vert.

Play It : Bad Guy, Groundhog Day, Love Game (feat. Kendrick Lamar)

Skip it: Legacy, Stronger Than I Was, Baby

 

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