Music Mini Review : Katy Perry, Prism (Capitol/Universal)

Music Mini Review : Katy Perry, Prism (Capitol/Universal)

Note de l'auteur

À force d’empiler les tubes pop sucrés avec Teenage Dream et sa ribambelle de singles, Katy Perry n’avait pas prévu de tomber sur une réglisse. Prism arrive donc dans les bacs après un divorce fort public d’avec le trublion et comédien britannique Russell Brand. D’après le premier single, « Roar », Miss Perry se retrouvait d’humeur combative, ce qui a été souligné avec sa prestation live des MTV Video Music Awards où elle était une boxeuse très fierce. Prism approfondit donc cette tendance à la maturité, mais pas trop.

Oui, car Katy Perry n’est pas qu’une femme indépendante, entertainer multi-cartes et accessoirement voix de la Schtroumpfette dans la franchise 3D commise par Raja Gosnell (ndlr : oui, il faut juste contextualiser les choses. Désolé.). C’est surtout une machine à tubes internationaux, tout comme sa consœur superstar Rihanna. Et plus que plaire à elle-même et aller dans une direction acoustique, il faut rassurer les actionnaires de Capitol, maison qu’elle a quasiment sauvée à elle seule grâce au succès pharaonique de Teenage Dream.

Prism la fait donc renouer avec la Swedish Pop Mafia composée de Dr. Luke, Max Martin et Cirkus, avec d’autres producteurs-mercenaires comme Bloodshy ou StarGate. Donc, l’explosion de la Katy délurée de Teenage Dream ? On recolle les morceaux avec « International Smile » ou “Birthday”, titres impersonnels et uptempo qui la font chanter : « So let me get you in your birthday suit/It’s time to bring out the big balloons ». Pis encore : les mélodies et le phrasé de Perry en font une photocopie éhontée de ses précédents tubes.

Une légèreté qui prend des atours nostalgiques, avec « Walking On Air », citation (compétente) de la scène dance/house du début des années 90. Un anachronisme qui laisse confus, mais qui constitue un des seuls risques contrôlés de l’album. Après tout, qui n’avait pas besoin de mixer des titres récents après C+C Music Factory pour ses fêtes d’Halloween ? Hm ? La deuxième partie de « Prism », après un douteux passage trap qui convoque le rappeur de Memphis Juicy J (tout en finesse : « She could be my Sleeping Beauty, I’mma put her in a coma »), est plus convaincante. La voix de Perry se fait plus vulnérable, et ses tentatives d’exorciser les interrogations donnent souvent lieu à des redites de « Roar », notamment avec des rythmiques tribales et insistantes qui parsèment l’album (« It Takes Two »).

Mais quand ça marche, le songwriting de Perry est au top (« Ghost », de loin la meilleure réussite créative de l’album). Et Perry ne nous fait jamais oublier que, malgré le caractère léger de certains des titres, elle possède un grain de voix avenant (« Spiritual », qui rappelle Seal ou les productions de William Orbit pour Madonna, bref, le meilleur de la pop mainstream). Elle convoque même le spectre d’Annie Lennox sur « Double Rainbow », qui pèche côté paroles malgré un apport indéniable de Sia Furler. Prism est donc une affaire professionnelle, compétitive, l’usine à tubes destinée à se vendre par paquet. Mais cet album permet de mieux cerner la personne derrière la superstar. Dommage que tant d’artifices la cachent sur les singles.

Play It : Ghost, Spiritual.

Skip It: Birthday, International Smile. (Mais y a le choix sur la première moitié).

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