Music Mini Review : Lorde – Pure Heroine (Mercury/Universal)

Music Mini Review : Lorde – Pure Heroine (Mercury/Universal)

Note de l'auteur

Hannah Horvath disait à ses parents qu’elle était « la voix d’une génération » dans le pilote de Girls. Lorde, Néozélandaise de 17 ans, est loin de se prétendre comme telle. Mais une chose est sûre, c’est qu’elle demande l’attention : il n’y a pas sa (pourtant très photogénique) bouille sur la pochette, juste un titre en capitales : Pure Heroine. Des titres destinés à être addictifs jusqu’à l’overdose, donc. À moins que Lorde soit l’héroïne de son premier album, pourfendeuse de l’ennui de son adolescence. Sans surprise, l’opus est construit autour du single « Royals », pièce-maîtresse irrésistible et destroy bâtie sur une rythmique de « trap music » que n’aurait pas renié un rappeur d’Atlanta en devenir.

Pure Heroine est un produit carré, loin d’être préfabriqué ou travaillé en studio. Joel Little, moitié du duo new-wave Kids From 88, prend garde à ne pas trop surcharger les compositions. Lorde reste bien au centre, accompagnée ici et là d’un breakbeat hip-hop simple (« Team ») ou d’une pulsation sourde et acérée (« Ribs »). Qu’on ne se fie pas à sa voix angélique, la gouaille de Lorde est bien l’intérêt de Pure Heroine et ce qui permet à l’artiste de tenir sur ses deux pattes. « Glory and Gore » donne le ton, elle vient pour en découdre.

Lorde n’a pas les dents blanches (« White Teeth Teens ») ou le tempérament facile, et assène sur « Tennis Court », le titre le plus stylistiquement proche de « Royals » : « Soon I’ll be getting on my first plane/I’ll be seeing the veins of my city like they do in space ». Un refrain où elle s’autoproclame reine de beauté en pleurs, probablement juste avant une vengeance façon Carrie. N’empêche que notre Héroïne fait sentir le poids de ses jeunes années, et on a l’impression que ses limites vocales sont souvent atteintes : sa déclamation prend ses atours de récitation sur certains titres. Qu’à cela ne tienne : sur une dizaine de singles, Pure Heroine nous présente une Kiwi qui semble tourner en rond, avec des flirts qui vont et viennent (« 400 Lux »), mais va quelque part.

Play it : « 400 Lux », « A World Alone »

Skip it : « Buzzcut Season », « Still Sane »

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