Mini Music Review : Cascadeur, Ghost Surfer (Casablanca/Mercury)

Mini Music Review : Cascadeur, Ghost Surfer (Casablanca/Mercury)

Note de l'auteur

Pour jouer mieux, jouons casqués. Ce n’est pas que l’adage des Daft Punk (quoique), mais aussi celui du producteur de Metz, Cascadeur. Après un premier album plutôt électro en 2011, The Human Octopus, l’alter ego d’Alexandre Longo revient le 3 février avec un deuxième opus, Ghost Surfer, succédant à l’EP du même nom sorti en septembre.

Verdict à la première écoute? Cascadeur est moins casse-cou, mais toujours aussi explorateur. Le premier single, « Ghost Surfer » est sans doute le plus pop et accessible de l’album, mais absolument pas représentatif du contenu. Pour cette deuxième excursion, le producteur a choisi de mettre plus l’accent sur les envolées de cordes, qui donnent corps et prestance à l’ensemble de l’album. On navigue donc entre shoegaze confortable, glam-rock spatial façon Space Oddity, et dream-pop. De la dream-pop qui vient clore l’album avec l’intervention de Christophe pour le seul titre chanté en français, « Collector », de manière malheureusement un peu anecdotique.

Anecdotique car la deuxième partie de l’album prend son envol, avec les choeurs de la soprano belge Anne-Catherine Gillet sur « Dark Passenger », ou encore le psychédélique « Babylone, Babylon??? ». Une production léchée et onirique s’inscrivant dans la droite lignée de ses voisins anglosaxons et rendant l’écoute très agréable.

Cascadeur s’autorise des digressions amusantes ici et là. Loin du Tony Montana d’Oliver Stone, son « Scarface » à deux voix (masculin et féminin) est plus romantique : « Run, run, run away from me/Or I have to shoot you with a killer’s kiss ». Des digressions aussi dans son choix d’instruments, avec des trompettes mariachi qui viennent clore « White Space » de manière inattendue. Mais on se situe moins dans le collage expérimental que dans la progression : le producteur sait mener ses pirouettes à son terme, plus encore avec ce second album.

Pour étendre son champ de jeu, Cascadeur a fait appel à une pléthore de renforts : par exemple, Eric Pulido et Tim Smith du groupe Midlake, qui apportent beaucoup de choeurs à « Ghost Surfer ». Ou encore Stuart A. Staples du groupe Tindersticks, dont la voix rauque et contenue vient renforcer la seconde partie de « The Crossing », une des pièces maîtresses de l’album. Beaucoup de choeurs, donc,  qui menacent presque de noyer les paroles par moments, comme sur « Mohawk », incitant l’auditeur à céder à leurs sirènes et fredonner avec eux.

Si des signaux en morse parcourent quelques titres de l’album, Ghost Surfer est parfaitement décodable dans son ensemble (des morceaux élégants, axés piano-voix, comme « Standalone » l’illustrent). Une démonstration des talents du bonhomme, à écouter au casque, la tête vers les étoiles.

 

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