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Mini Music Review : Phantogram, Voices (Universal Republic, import)

Mini Music Review : Phantogram, Voices (Universal Republic, import)

Note de l'auteur

Sarah Barthel et Josh Carter se sont bien surpassés avec leur deuxième album, Voices. Il est difficile de mettre d’accord les fans de hip-hop, d’électro et de rock sans trop tirailler entre les trois, pourtant l’énergie qui se dégage des 11 titres de l’opus est assez terrassante. Plutôt que de se reposer sur leurs acquis, Phantogram semble avoir travaillé leur production encore plus en profondeur, en ne niant pas le côté sombre et défiant de leur songwriting. Ainsi, l’instru de « Fall in Love » déconstruit méthodiquement les cordes romantiques du Philly sound, tandis que Sarah Barthel livre un commentaire corrosif et new-wavey sur une passion dévorante et vénéneuse. Le côté puissant de l’arrangement rappelle la dextérité de producteurs hip-hop comme Just Blaze, et engendre un single totalement explosif.

Le caractère inflammatoire de Voices est bien ce qui sépare le duo de New York du reste de la compétition. Les compositions tournées autour des refrains, boucles supplémentaires, rendent la majorité des chansons absolument accessibles, faisant lorgner ce cocktail Molotov vers le mainstream (normal, vu que le duo a signé avec Universal Republic avant la sortie de l’album). Qu’elles soient un exutoire anti-déprime (« Black Out Days ») ou d’une urgence caustique face à l’ennui ambiant (« Celebrating Nothing »), l’attitude de Phantogram est loin d’être volatile et frappe directement au plexus (le groove fumeux de « Black Out Days » est un exemple parmi tant d’autres).

La voix de Sarah Barthel attire l’oreille, même lorsqu’ils tentent leur version désaccordée de standards lounge avec « Howling At The Moon ». Un sacré coup de fouet qui parvient à expérimenter tout en donnant corps à leurs idées et en ne perdant pas l’auditeur au passage. Si leur collaboration avec Big Boi, sur son dernier album solo, leur a sans doute donné envie de saturer l’album de beats hip-hop inspirés par les productions d’Outkast et Organized Noize, Phantogram est beaucoup trop futé pour diluer leur identité là-dedans. Quelles que soient leurs idées, elles ne versent jamais dans l’indulgence, et le solo habité de guitare de « Nothing But Trouble » est avorté après avoir exposé sa schizophrénie comme une grenade dégoupillée. De même, « Bill Murray » et ses choeurs triturés n’ont pas grand-chose à voir avec un film de Wes Anderson, mais on voit sans mal le Bill Murray tristounet errer dans la rue sur ce titre. Et lorsqu’un titre comme « Bill Murray » fait partie des plus faiblards de l’album, on peut appréhender à quel point Voices est une réussite.

L’album ralentit un peu son rythme lorsque Josh Carter prend le micro sur deux ou trois titres (« I Don’t Blame You »), poussant Phantogram vers un indie-rock plus classique. Mais ses interventions témoignent plus d’une symbiose de Barthel avec la production qu’une médiocrité des compositions. En fait, Phantogram n’a jamais été aussi sûr de lui quant à son identité sonore, ce qui se traduit par une première gifle sonore du début 2014. Phantogram pousse le mainstream à eux, et c’est une putain(g) de bonne nouvelle.

Play It : Fall In Love, Howling At The Moon

Skip It : I Don’t Blame You (puisqu’ils le disent que y a pas de souci), Bad Dreams.

 

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