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Mini Music Review : Sky Ferreira, Night Time, My Time (Capitol/Universal)

Mini Music Review : Sky Ferreira, Night Time, My Time (Capitol/Universal)

Note de l'auteur

Sky-Ferreira-Night-Time-My-TimeA l’écoute du premier album de Sky Ferreira, qui débarque en France après une sortie américaine en octobre dernier, on a du mal à croire que la chanteuse de 21 ans se soit égarée en termes de direction, tant ces 12 titres semblent confiants dans leur présentation artistique. Night Time, My Time doit autant à l’alt-rock des années 1990 et Garbage (en se cherchant artistiquement, Miss Ferreira a déjà collaboré avec Shirley Manson, et ça ressent vocalement) qu’aux oldies de 1980, Duran Duran et Blondie en tête.

Le premier titre, « Boys », fait une pause dans une attitude affranchie et apathique : « Boys, they’re a dime a dozen/Boys, they’re doing nothing for me any longer ». Le style « fast life » se poursuit sur l’ensemble de l’album, appuyé par une production très léchée du tandem Ariel Reichstaid et Justin Raisen : Sky Ferreira a l’attitude défiante et affirmée d’une vieille routarde du pop-rock, signée en major depuis ses 17 ans. Les affres d’une célébrité trouvée depuis quelques mois et le single « Everything Is Embarrassing » paraissent la dérouter et édenter sa confiance, comme sur « I Blame Myself » : « Is it because you know my name/Or is it because of my face on the cover ? » sur fond de groove quasiment fabriqué sur Linn Drum.  Un emballage certainement plus edgy que ses consœurs du même âge : Ferreira ne semble pas destinée à chanter un jour des titres comme « Girlfriend » de Avril Lavigne et c’est tant mieux.

Dans sa besace, elle a aussi une voix qui alterne entre registre bas marmonné dans la tradition grunge 90’s et quelque chose de plus cristallin, taillé pour les balades power-pop. Ce qui a souvent tendance à donner des titres impersonnels, comme « Omanko » (qui incite le Jésus japonais à revenir à la maison… une version hipster de « Jésus revient », quelle farceuse, cette Sky) ou surtout le « Love In Stereo », qui pâlit en comparaison des très efficaces « Nobody Asked Me (If I Was Okay) » ou « You’re Not The One ». Night Time, My Time ne commet jamais le péché d’ennuyer l’auditeur, avec des breaks où la voix de Ferreira s’éloigne, ou semble être en apesanteur comme sur le titre qui donne son nom à l’album. Night Time, My Time n’hésite pas à se conclure sur une note torturée, arrivant à contextualiser et donner de la texture à des chansons qui n’auraient pu être que des tracts rebelles pour (post-) adolescentes. Les orgues oppressants du final donnent à raison l’impression que cet oiseau de nuit est de bon augure.

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