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Mini Portrait (6/10): Seiji Yokoyama, compositeur galactique

Mini Portrait (6/10): Seiji Yokoyama, compositeur galactique

Harpe, marimba, percussions, orgue, cuivres, violons, clavier, basse, mandoline, guitare, chœurs… Quand Seiji Yokoyama compose, il voit les choses en grand, en très grand même !

 

Cet honorable monsieur de 78 ans a composé de véritables monuments, dont les bandes originales qui ont bercé toute une génération d’enfants et d’adolescents biberonnés aux animes des 80’s. Sorti diplômé du conservatoire en 1957, il a cette particularité de ne pas savoir jouer d’instrument et se dirige donc vers la composition. Son style s’inspire d’auteurs romantiques du 19ème siècle (Wagner, Mahler ou Brahms), visant à susciter l’émotion et bouleverser l’auditeur à travers des orchestrations imposantes.

 

C’est avec Albator 78 (sorti en… 78, bien vu !) qu’il se fait connaître dans l’archipel japonais. Malheureusement, quand la série fut diffusée en France, toutes les partitions furent réécrites. Aucune des compositions de Yokoyama ne quitta le Japon jusqu’à l’arrivée providentielle d’un manga qui brilla à l’international et qui grava à jamais son nom au firmament de la B.O. de séries animées.

 

Nous sommes en 1986 et Saint Seiya (je sais, je fais une fixation mais jetez quand même un œil ici) déferle d’abord dans les foyers japonais, mais très vite contamine l’Europe et plus tard les USA. En travaillant sur ce projet, Seiji Yokoyama voit ses mélodies pleines d’émotions, ses mélopées et ses envolées lyriques rentrer dans la tête de millions d’enfants à travers le monde. Certains jugeront les morceaux kitschs, d’autres se moqueront du pompiérisme et de la grandiloquence… Qu’importe ! Oui, ça a des relents 80’s, et alors ?! Oui, ça peut être vraiment «over the top» parfois, mais avec quelle énergie, quel engagement, quel panache ?! Ça force le respect, messieurs, dames. Le compositeur donne une telle ampleur à l’histoire, il magnifie tant les combats… Il accompagne dignement nos valeureux chevaliers, avec une bande son à la hauteur de leur héroïsme. Chacun d’entre eux a droit à son thème musical, véritable carte d’identité sonore. Du grand art, je vous dis !

 

Pour Saint Seiya, Yokoyama composera des centaines de morceaux et de ponts musicaux servant de transitions entre les séquences, que se soit pour l’anime original, pour le chapitre d’Hadès, ainsi que pour le 5ème film. Autant dire qu’entre la série et le compositeur, il n’y a plus de secrets. Il nous offre une partition aux multiples facettes, évoquant un opéra-rock, plein de vie et de fureur. Car oui, c’est rock (parfois à la limite du hard) mais c’est aussi groovy, pop, classique, lyrique, épique, dramatique, cosmique… et certainement plein d’autres trucs en «ique». On assiste à un mariage surprenant entre orchestre symphonique et instruments électriques. Des percussions, des violons et une basse électrique furieusement funky, et tout nous semble possible. Un solo de piano ou de harpe accompagné de chœurs et les gémissements d’une guitare traduisent la mélodie du désespoir, tandis qu’une simple flûte traversière devient annonciatrice d’une mort imminente. En véritable petit génie, le compositeur touche à tout, et ose les mélanges les plus audacieux et casse-gueule.

 

Son travail sur cette série lui vaudra d’ailleurs deux prix : le prix JASRAC (équivalent de notre SACEM) pour les recettes japonaises de droits musicaux les plus élevées en dehors du Japon, et le prix de la meilleure musique lors d’un festival en 1987. Reconnu par des millions de fans et par ses pairs, le style épique et romanesque de Yokoyama a su évoluer, mais a surtout su imprégner les souvenirs d’une génération entière.

Écouter la B.O. de Saint Seiya quand on a la trentaine, c’est une madeleine de Proust. Fermez les yeux et retrouvez-vous à l’âge de 8/10 ans, devant la TV, émerveillé… Vous verrez, ça fait juste du bien.

Et si vous souhaitez découvrir les premiers mini-portraits, c’est par ici!

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