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Mini Portrait (7/10): Satoshi Shiki, l’éternel revenant…

Mini Portrait (7/10): Satoshi Shiki, l’éternel revenant…

On s’approche doucement de la fin de cette série de mini-portraits et aujourd’hui, retour sur un mangaka quelque peu méconnu… Les séries interrompues et les espoirs déçus, Satoshi Shiki connaît bien. Mais la grande force du monsieur, c’est d’avoir toujours su rebondir.

 

À 43 ans, cet auteur discret nous a livré quelques titres d’envergures même si tous n’ont pas connu une fin heureuse… voire une fin tout court. Pourtant, le talent n’est pas ce qui lui manque ! Shiki possède un coup de crayon précis et incisif, d’une très grande qualité. Mais que voulez-vous, on n’est pas toujours reconnu à sa juste valeur. C’est en 1993, alors qu’il est tout juste âgé de 23 ans, qu’il sort Riot, qui arrivera chez nous trois ans plus tard, aux éditions Glénat. Une sorte de western post-apocalyptique, mêlant magie et mechas, un seinen possédant de fortes qualités. Les personnages sont grande-gueule, l’intrigue prometteuse et l’action tout comme l’humour ne manquent pas. De plus, le graphisme est fin et le genre s’est encore très peu exporté en France. Pourtant le public ne suit pas, laissant Riot dans l’oubli et la série est annulée après deux tomes. Malgré quelques erreurs de jeunesse, Shiki montre un certain savoir-faire et l’annulation de la série laisse quelques lecteurs orphelins, au passage.

 

En 1998, une seconde chance lui est proposée, Riot devient Riot of the World et le graphisme a évolué. Le troisième tome, suite directe des deux premiers, sort. Et là, on jubile… Ou pas ! D’une part, parce que ce tome ne verra jamais le jour ici, et d’autre part, parce qu’en 2000, la série se voit abandonnée une seconde fois, nous laissant avec, certes, un nouveau tome, mais toujours pas de fin. Que ce soit Riot ou Riot of the World, le projet semble cette fois bel et bien enterré.

Je passerai rapidement sur 69, son autre série de jeunesse, un manga de sci-fi, nerveux, qui connut à peu près la même trajectoire chaotique : annulé en même temps que Riot, il revient en 1997 par le biais du dôjinshi (système de publication amateur). Par cet acte, Shiki s’affranchit de son ancienne maison d’édition et rebondit avec intelligence. D’autant que ça aurait pu s’arrêter là, mais en 2008, le titre se voit réédité, suite au récent succès de Shiki avec une autre série, XBlade.

 

Je vais quand même vous parler des séries qu’il a eu la chance de terminer, tout du moins d’une série en particulier. Après l’annulation de Riot et 69, le mangaka disparaît de la circulation pendant deux ans et se consacre donc au dôjinshi. Il revient réellement en 1997, avec sa nouvelle série, qui est aussi sa 2ème œuvre majeure après Riot : KamiKaze. Publiée ici, entre 2001 et 2004, chez Génération Comics, on y suit une guerre ancestrale entre des clans représentants les cinq éléments et les 88 Fauves. L’action prend place dans le Japon contemporain, en compagnie de Misao, descendante de la tribu de l’Eau, qui se trouve également être la clé pour libérer les fameux 88 Fauves jusqu’ici enfermés. Du fight, de la réflexion, un peu de an service et du fantastique 100 % nippon, puisque Shiki utilise toutes les symboliques, éléments et bestiaire du folklore japonais. Mystique, bourré de coups de théâtre et agrémenté de scènes d’action remarquables, le manga regorge de qualités et de parti pris esthétiques. La maîtrise de l’auteur éclate enfin, le graphisme est arrivé à maturité, les planches sont riches en détails et le tout est vraiment beau et soigné.

 

En sept tomes, l’histoire se conclut (pour une fois !) et Shiki, de même que les fans, soufflent enfin. Malgré ce retour en force, il faudra attendre jusqu’à 2007 pour que l’auteur revienne avec XBlade, qui cartonnera et lui donnera enfin l’exposition et la reconnaissance qu’il mérite.

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