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« Moi, Cheeta » : un regard décalé sur l’âge d’or d’Hollywood

« Moi, Cheeta » : un regard décalé sur l’âge d’or d’Hollywood

Note de l'auteur

CV-CheetaL’histoire : Cheeta, si, vous savez, c’est le fameux singe qui accompagne Tarzan à travers ses aventures dans la jungle. Ici, c’est aussi l’animal derrière la figure, le compagnon de route de l’acteur Johnny Weissmuller. Bienvenue dans le monde du cinéma des années 1930 à l’après-guerre, celui des fêtes, de l’alcool, des animaux, vu par Cheeta, philosophe simiesque.

Mon avis : Un point de vue simiesque ne signifie pas une écriture maladroite. C’est même plutôt simple et agréable à lire. De ses aventures dans la forêt, ses rencontres avec Marlène Dietrich, Charlie Chaplin, Scott Fitzgerald, à nos jours dans son sanctuaire, le livre reste axé sur une seule vie, une seule personne : Johnny Weissmuller.

Déclaration d’amour à l’homme, d’amitié, c’est aussi un hommage aux premiers films de Tarzan, à a simplicité et à la joie donnée par ces films. La décadence, la descente petit à petit de Cheeta, avec des films de plus en plus mauvais, c’est aussi celui de la fin d’un certain âge d’or Hollywoodien. À travers ses yeux, on voit une certaine magie digne de Gatsby, des fêtes et de l’alcool, non-stop, les scandales et les histoires d’amour, la démesure de cette époque.

C’est aussi une histoire qui, si elle fait sourire, à travers une véritable satire de la (haute) société de cette époque, laisse se terminer le livre sur une note de mélancolie, la tristesse d’une époque. En tant que « autobiographie hollywoodienne », c’est une rétrospective sur une vie, certes inventée, mais surtout les gens qui ont peuplé cette époque.  Problème : si on ne connait pas forcément tous les grands acteurs de l’âge d’or, certaines anecdotes peuvent largement nous passer au-dessus de la tête. Résultat, fiction et faits réels se mélangent si bien qu’il faut parfois faire des recherches sur Internet, pour vérifier l’énormité de certaines aventures, l’exubérance et la démesure de ce qui a pu faire Hollywood. Ou se demander qui est cette Lana Turner (je sais. je sais.)

tarzan-cheetah-2_2094735iSi vous aimez : la décadence d’Hollywood, les histoires incroyables d’amitié, le second degré… Ce qu’aurait été le livre de Fitzgerald si Gatsby n’avait pas été aussi amoureux.

Autour du livre : Premier livre de James LeverMoi, Cheeta est un livre de passionné du cinéma et de nombreuses recherches ont été nécessaires pour capter cet âge d’or, sans en redonner une encyclopédie alphabétique, mais un rendu agréable à lire.

Extrait : « Chers, très chers humains, si jamais je me sens triste, et que je doute de votre sagesse ou de la légitimité de votre domination – et laissez-moi vous avouer qu’il m’arrive, très occasionnellement, de vaciller dans ma foi -, je pense à la beauté de Tarzan dans le succès mondial de la MGM de l’année 1934, Tarzan et sa compagne. Il y a soixante-quinze ans, dans la salle de projection de Carole Lombard, j’ai détaché ma main gauche de celle de Claudette Colbert et ma droite de celle de Johnny et j’ai commencé à applaudir. Je criais aussi, je crois. Johnny était un spécimen magnifique, mais celui-ci – cette créature d’un blanc argenté sur l’écran – était le parangon des animaux, le mâle dominant ultime. En le regardant, on se disait : nous autres ? Nous ne sommes que des bêtes. Si vous arrivez à créer quelque chose d’aussi beau que ça, eh bien peut-être qu’après-tout vous avez raison : nous devons vous obéir.  »

Sortie : 13 mars 2015, éditions Le Nouvel Attila, 348 pages, 22 euros.

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