Cratère (critique de The Best Offer, de Giuseppe Tornatore )

Cratère (critique de The Best Offer, de Giuseppe Tornatore )

Note de l'auteur

the_best_offer
C’est l’histoire de Giuseppe Tornatore (Cinema Paradiso, c’est marqué en gros sur l’affiche, pouvez pas le rater) qui voulait réunir deux types de sujet. L’un portant sur l’agoraphobie et l’autre pointant vers le film d’action. Pas de bol, The Best Offer ne traite ni de la peur des gens, ni ne contient ce qu’on peut communément appeler de l’action. Et si le postulat de départ pouvait sembler intéressant, le réalisateur nous livre au final un pseudo thriller mou et sans surprise.

Il y a pourtant quelque chose d’éminemment Wellesien dans le personnage Virgil Oldman (Geoffrey Rush) et dans le mystère auquel il est confronté. Un vieux commissaire priseur complètement misanthrope se voit confier la gestion d’une étrange demeure appartenant à une dame tout aussi étrange. C’est un canevas certes classique mais avec lequel on peut faire des merveilles si tant est qu’on soit un poil malin.

Seulement voilà, Giuseppe Tornatore n’est apparemment pas quelqu’un de très malin et du moment où son film vire à l’histoire d’amour complètement invraisemblable, on voit bien qu’il essaie de nous refourguer une vieille fille en guise de jeune mariée. En nous faisant le coup du twist gros comme la montagne de la Paramount, le réalisateur se tire une balle dans le pied et dans celui de son film (oui, les films ont des pieds, d’où l’expression « filmer avec les pieds »). C’est souvent le problème avec ce genre de projet, soit l’histoire est crédible auquel cas on se fait avoir, soit pas, et là, fatalement, y’a comme un cratère.

Et le cratère de The Best Offer est du genre balaise. Car malheureusement, ce n’est pas avec la réalisation toute académique et propre sur elle qu’on va pouvoir se rincer l’œil. Il y a bien la jolie Sylvia Hoeks, mais son jeu est tellement proche du trou noir qu’il vaut mieux ne pas s’y attarder. Retour donc à l’histoire, puisque décidément Giuseppe y croit fort comme un dinguo et qu’il a tout misé là dessus. Il prend bien le temps de tout bien nous expliquer, de façon à ce qu’on ne rate rien de l’incroyable retournement de situation qu’il nous a réservé. Et là fatalement, paf, cratère.

Après avoir passé plus d’une heure à supporter son interminable déroulement, Giuseppe nous balance un final complètement grotesque et s’en va tout content de nous avoir bien eu, alors. Houlala, quel coquin ce Giuseppe, pfiouuuu !… Cratère.

 

Partager