54e Festival de Monte-Carlo : « Dans Defiance, le personnage du jeu devait être proche de celui de la série »

54e Festival de Monte-Carlo : « Dans Defiance, le personnage du jeu devait être proche de celui de la série »

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C’est un des projets les plus ambitieux de la chaîne SyFy et il était à l’honneur cette année au Festival de Télévision de Monte-Carlo : à la fois série de science-fiction et jeu vidéo, Defiance va connaître sa deuxième saison en tant que série télé. Avant sa diffusion (en France, c’est le groupe CanalSat qui la propose), Julie Benz et Grant Bowler, les deux personnages principaux, ont participé à une table ronde à laquelle nous avons assisté.

54ème Festival de Monte-Carlo : Tony Curran, Jaime Murray, Julie Benz et Grant Bowler, de Defiance (Photo Isabelle Ratane)

54ème Festival de Monte-Carlo : Tony Curran, Jaime Murray, Julie Benz et Grant Bowler, de Defiance (Photo Isabelle Ratane)

A la fin de la saison 1, vos deux personnages perdent leur travail. Que va-t-il advenir d’eux, maintenant qu’ils n’incarnent plus l’autorité ?

Julie Benz : « A la fin de la saison 2, vous allez vous apercevoir que ceux qui étaient autre fois tout en haut se retrouvent tout en bas, et que ceux qui étaient en bas se retrouveront tout en haut. En ce qui concerne Amanda et de la façon dont elle se définit – à travers son travail, à travers la ville, tout va changer ».

Grant Bowler : « Pour ce qui est de Nolan, dès qu’il choisit d’endosser un rôle, il s’entrave tout seul. Devenir gardien de la loi l’a en quelque sorte empêché d’être ce qu’il est réellement. C’est quelqu’un qui préfère agir de façon plus libre. Au fond de lui, il aurait aimé faire partie de la société, en être membre. Mais ça ne fonctionne pas. Je ne pense qu’il aspire encore à rejoindre un groupe d’individus. Désormais, il ne se définit pas par un lieu auquel il appartient ou par un rôle. Il ne veut plus impressionner personne. Juste être lui-même ».

Julie Benz. Photo Isabelle Ratane

Julie Benz. Photo Isabelle Ratane

Defiance n’est pas qu’une série, c’est aussi un jeu vidéo. En quoi cela affecte-t-il votre performance ?

Julie Benz : « Pour moi, cela n’a rien changé : je ne suis pas dans le jeu ».

Grant Bowler : « Cela n’a pas changé énormément de choses pour moi non plus. Le développement du jeu et de la série ayant eu lieu simultanément, cela m’a demandé de creuser un peu plus le rôle que s’il ne s’agit d’une seule série télé. Deux sociétés mobilisent qui plus est leurs ressources sur le projet : cela a un impact sur son développement. A l’origine, le projet mobilisait des véhicules qui étaient superbes dans le jeu vidéo mais dans la série, lorsqu’on les a construit, cela ne marchait pas. Ce qui est donc très particulier, avec Defiance, c’est qu’on a d’un côté un département artistique pour le jeu, qui crée des éléments qui sont à leur tour créés pour la série par notre département artistique et que nous, sur le terrain, nous leur faisons des retours. D’un point de vue design, c’est vraiment le niveau au-dessus ».

Julie Benz : « C’est aussi pour ça que vous ne voyez pas de chevaux dans la série. C’est très difficile de recréer un cheval pour un jeu vidéo. C’est pour ça que dans la saison 1, on explique que les chevaux ont disparu du monde ».

Grant Bowler : « Je reviens sur la question du jeu. Jouer dans une série, c’est un peu à l’opposé d’un tournage en motion capture. Mon avatar a trois expressions différentes (il mime les trois expressions). Créer un personnage pour un jeu n’est pas beaucoup plus difficile : le plus compliqué, c’est de faire en sorte que les deux soient les mêmes. Quand je faisais la voix du jeu vidéo, il faisais que je garde la grosse voix que j’ai quand je crie « Sortons vite d’ici ! ». Mais faire une voix de jeu vidéo, c’est très différent de ce qu’on entend dans la bouche d’un acteur de série dramatique. Tout est un ton au-dessus. J’ai fait un essai, qui n’a pas plu à Universal Cable Productions (la société de production de la série). Au final, les patrons de Universal Cable Productions et Trion World se sont tous réunis dans une salle et nous avons dû faire une nouvelle séance de lecture et le personnage que l’on peut voir dans le jeu est sensiblement différent de ce à quoi sont habitués les équipes de Trion. Pour être proche du personnage de la série. La principale différence est là, en fait ».

Grant, on vous a vu dans des séries comme Lost et True Blood. Cette fois encore, vous êtes confrontés à des créatures étranges. Elles vous attirent plus que les autres ?

Grant Bowler : « Je ne crois pas. J’ai rejoint les Etats-Unis parce que j’avais envie de jouer des choses très différentes. En Australie, on fait surtout dans le réalisme et on le fait très bien. Par contre, nous ne faisons pas trop de productions de genre ou d’action. Il y a plein de choses qu’on ne fait pas, en fait. Aux USA, j’ai pu faire des choses qui me plaisent vraiment. Lost est une série de genre, True Blood aussi. Pareil pour Defiance même si ce sont des séries très différentes. On a passé beaucoup de temps, hors des Etats-Unis, à débiner l’industrie américaine de la télévision et du cinéma. Mais on a tendance à négliger la largeur du panorama qu’elle offre. Il y a de super séries de science-fiction, de genre ou d’horreur. En une année aux Etats-Unisn, vous pouvez voir des productions très différentes, de True Detective -que j’ai trouvé incroyable- à Defiance. On peut voir de tout. L’étendue des propositions est aussi incroyable que riche. J’entends dire parfois qu’avec Hollywood, on a toujours droit à la même chose. Ce n’est pas vrai ».

Grant Bowler. Photo Isabelle Ratane

Grant Bowler. Photo Isabelle Ratane

Julie Benz : « Nous avons de la chance. Nous vivons à une époque où la télévision n’est pas devenu un nouveau média mais c’est aujourd’hui un média qui supporte beaucoup mieux la comparaison avec les films. Parce qu’il est vraiment très créatif. On le voit bien avec la quantité d’actrices de cinéma qui acceptent aujourd’hui des rôles pour des séries. Ce qu’elles ne faisaient pas avant. J’ai 42 ans et cela va faire une trentaine d’années que je suis dans ce business : les rôles proposés aux femmes ont considérablement évolué : il y a beaucoup plus de personnages féminins forts aujourd’hui. Regardez : cette année, Sharon Stone a tourné dans un pilote ».

Grant Bowler : « Comme Mira Sorvino ou même Robin Wright avant ça ».

Julie Benz : « Oui. Ces icônes viennent à la télé parce qu’elles y trouvent de meilleurs rôles. plus profonds, plus complexes ».

Julie, comment voyez-vous évoluer votre personnage ?

Julie Benz : « Ce n’est pas simple de tenir le rôle de l’idéaliste dans une série, au milieu de personnages très sombres. Amanda est en quelque sorte le coeur de Defiance mais je suis aussi très attentive à son côté sombre. Craque-t-elle quand elle est seule la nuit ? Alors qu’elle est soumise à de fortes pressions le jour, craque-t-elle quand elle est seule dans son lit? Elle a une vie difficile, dans un monde difficile. La saison 2 va mettre au jour des problèmes d’addiction ».

Defiance a été présentée au public au San Diego Comic-Con 2012. Comment analysez-vous ces deux années passées ; le projet vous semble-t-il très différent aujourd’hui ?

Grant Bowler : « C’est plus facile. Quand vous venez parler d’une série à venir, vous ne savez pas trop ce que vous avez. En fait, vous ne savez même pas si vous avez quelque chose. Maintenant, nous avons un public. Et ce public sait de quoi on lui parle. La première fois que l’on a décrit Defiance, ce n’était pas évident ».

Julie Benz : « Ce Comic-Con, c’était la première fois que l’on se retrouvait tous à parler de la série en tant que membres de la distribution du projet. La chaîne nous a dit qu’elle avait pu voir qu’il existait une vraie alchimie existe entre nous quand on parle de la série. Grant et moi, on fait beaucoup d’interviews ensemble et on se complète bien. Il sait par exemple quand je ne peux pas trop répondre à des questions… comme les jeux vidéos ».

54e Festival de Monte-Carlo : Jaime Murray, Tony Curran, Julie Benz et Grant Bowler (photo Isabelle Ratane)

54e Festival de Monte-Carlo : Jaime Murray, Tony Curran, Julie Benz et Grant Bowler (photo Isabelle Ratane)

At  the end of season one, you both lose your jobs. What will happen to you without this authority ?

Julie Benz : « I think what we see at the end of season 2 is everyone who was on the bottom is now at the top and everyone who gets on top is now on the bottom. With Amanda, the way she defined herself, through her work, through the town have all changed.

Grant Bowler : « For Nolan, as soon as he chose a role, he handcuffed himself. Having to operate as a law keeper actually narrowed what he was able to do. Because he would prefer to operate in a much free-er way. In the back of his mind, he really would have liked to have been able to join a society. It didn’t work out. And I think that was pretty much his one big effort.  I don’t think he has anymore aspirations to rejoin that society or another one. So, if anything, I see that he is empowered or embolden, but the fact he is not being defined by a place and not being defined by a role. In season 2, he’s not trying to impress anybody. He wanted to fit in, he tried his best to fit in with the town in season 1. This time, he’s not playing anyone else’s role. He plays by his own ».

Defiance is not only a TV Show. It’s also a video game. Did it change the way your work ?

Julie Benz : « That didn’t change my way at all : I’m not in the game ».

Grant Bowler : « For me, not so much. It doesn’t change the way we work as actors. Because the game and the show were developed in the same time, over five years, I think I far more elegantly and more broadly researched and drowned than I would be if it had just been one. Because you have two major corporations pulling their resources. They have a particular type of vehicle in the original version of the roles and that look great in the video game and we built them. Other guy tries to build and it fell over. It looks great in the game but when you try to drive it up, it fell over. So, the amazing thing in Defiance by doing the game and the television show at the same time, was that the art directors in the game were able to design these wonderful vehicles and weapons and then our art department built them and we took them out on the world, we used them and when we were back and said « That doesn’t work », and then they redesigned them. So, it’s a more elegant level of design.

Julie Benz : « There were choices made : we have no horses in Defiance, because the game can’t run a horse. It’s too difficult : it’s mentioned in season one there’s no more horses, it’s developed as a plot point ».

Grant Bowler : « On an acting level, the process of giving a performance is different because performing a motion capture is the opposite of performing in front a film camera. I have three (expressions) for my avatar in the video game (making three kind of expressions in front of the audience). It’s me. If you’re doing a video game, they will create you. The process of acting is not very difficult between the two. The hard thing is keeping it the same. When I was doing the voicing for the character on the video game, the game goes keep wanting me to do this big « We got to get out of here ». Doing voice for games is very very different from doing voices for dramas. Everything in the game is up here. I did one read for the game and I sent it back and the read they approved of, Universal Cable Productions didn’t like it. And in the end, executives of Universal Cable Productions and Trion Worlds were both in the room and we have to do a new type of read. So, the character in the video game had to be slightly different than the people of Trion used to because he had to match my character from the TV show. And it couldn’t all be « We got to get out of here ! ». Some of it had actually be down under. That was different ».

Grant, you worked on Lost and True Blood. Again, you deal with strange creatures. Are you appealed to them ?

Grant Bowler : « I don’t think so. When I moved to the United States, it’s because I want to play many different types of scene. In Australia, we do realism and we do it very well. But we don’t do genre or action. There’s a whole bunch of stuff we don’t do. In the United States, I do a lot of things that  was wanting to do. Lost is genre, True Blood is genre, Defiance is genre… they are all very, very different from each other. I think we spent a lot of time, particularly outside of America, shoot canning the American film and television system. But what we neglect is the breadth of content. There’re this incredible science-fiction shows, genre shows, horror shows… You look at what’s on television in one year in the United States : you’ve got True Detective -which is unbelievable- to Defiance, there’s everything. There’s a cultural breadth of content that is unbelievable and incredibly rich. And I really believe in that industry and its creativity. Do you remember Carnivàle ? I hear everybody saying « Hollywood, it’s all the same ». No It’s not. »

Julie Benz : « We’re fortunate to live in a time where’s television has become maybe not a new medium but a better medium versus films. A much more creative one. You see it in the actress who are choosing to be in it now. You see actresses doing television pilots, which ten years ago, they didn’t. I’m 42 years old, I’m in this industry for almost 30 years and I’ve seen the roles for women changed. There’s so many more stronger females roles on TV than there is in films. God : Sharon Stone made a TV pilot this year »

Grant Bowler : « Mira Sorvino, Robin Wright… »

Julie Benz : « Yeah. You see these iconic women coming on TV and they play much better roles, deeper characters, more complex ».

Julie, how do you manage the evolution of your characters ? 

Julie Benz : « It’s really hard to be the idealist on a show, in the middle of all these characters who are very dark. I Know it’s Amanda’s role to be the heart of Defiance. I had a very strong feeling about what is Amanda’s dark side. Does she fall apart at night ? Her job is so high pressure in a day, does she cry at night in her sleep ? It’s a tough job, it’s a tough life. In season 2, we start to see the effects of her addiction problems ».

Defiance was presented at the San Diego Comic Con in 2012. How can you resume these two past years about the show : do you feel it different ?

Grant Bowler : « It’s easier the second time around. When you tried to premiere a show, you really don’t know what you have. In fact, you don’t know if you have anything. Now, we know we have an audience. And we know people understand what we are talking about. The first time we tried to describe Defiance to you all, it was mind-bending, you had nothing in reference »

Julie Benz : « As a cast, that first San Diego Comic-Con was our first time all together talking about the show. And the one thing that came back to us from the network was the great chemistry we had as a cast talking about the show. Grant and I made a lot of interviews together and it’s easy : he knows when I can’t answer to a question, like gaming questions ».

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