Festival de Télévision de Monte-Carlo / Thierry Godard :  « En France, on a parfois peur de mêler social et fiction »

Festival de Télévision de Monte-Carlo / Thierry Godard : « En France, on a parfois peur de mêler social et fiction »

Thierry Godard dans Engrenages. Photo Canal +

Thierry Godard dans Engrenages. Photo Canal +

Quand il ne joue pas, il s’occupe d’une maison en bois (il aurait pu devenir ébéniste)… mais en ce moment, il tourne beaucoup. Engrenages, Un village français, Dame de…, le téléfilm Palace Beach Hotel : Thierry Godard n’est pas partout mais il n’a pas le temps de s’ennuyer. Forcément, il y a beaucoup de choses à dire quand on parle de son actualité.

Daily Mars : Comment se passe le tournage de la saison 6 de Un Village Français ?

Thierry Godard : « Six épisodes ont déjà été tournés mais le tournage des six autres, qui devait débuter fin juillet, a été repoussé à septembre. La série s’approche de la fin : écrire sa conclusion est quelque chose de délicat, notamment parce que Frédéric Krivine (scénariste et cocréateur de la série, NDLR) prend en compte ce que nous apportons aux personnages dans leur évolution. C’est ce qui fait aussi sa qualité. Dans une précédente scène, Raymond Schwartz (son personnage, NDLR) sollicite un certificat d’aryanisation. J’ai réagi de façon assez forte alors que les nazis devaient vérifier que Raymond n’est pas juif. Cela a ensuite pesé sur la façon dont mon personnage exprime son rejet de la situation ». D.M. : A côté de ça, vous venez de tourner Palace Beach Hotel, un téléfilm pour Arte…

T.G. : « Absolument. L’histoire se déroule dans un hôtel installé à Chypre, où l’on accueille des militaires français de retour d’Afghanistan. Pour ces soldats, c’est une sorte de sas de décompression. Je joue un lieutenant-colonel qui a perdu son fils il y a peu de temps et qui se retrouve face à un groupe assez perturbé. Ce sont des garçons que l’armée n’a pas su protéger suffisamment. Ce téléfilm est réalisé par Philippe Venault et produit par Fabienne Servan-Schreiber. Le tournage devait se faire il y a deux ans et finalement il vient juste d’être tourné (en mars-avril, NDLR)« .

D.M. : C’est un sujet fort, très actuel. Les Américains ont l’habitude de voir des fictions consacrées à des événements récents. En France, c’est moins le cas…

T.G. : « Oui, et c’est bien que cela change. Fabienne Servan-Schreiber a une vraie capacité à réagir, pour ça : elle a produit notamment L’embrasement (qui revient sur la mort de deux adolescents à Clichy-sous-Bois, NDLR). En France, on a parfois peur de mêler le social et la fiction. Je me souviens de Philippe Lioret qui, en parlant de Welcome, évoquait d’abord une histoire d’amour alors que c’est aussi un film avec un poids social fort. »

D.M. : On vous retrouve dans de nombreuses séries. Comment l’expliquez-vous ?

T.G. :  « C’est le hasard. Mais il est vrai que dans ce format, plus on s’attache à ces personnages, plus on les connaît et plus on est libre avec eux. C’est aussi l’occasion de chercher des choses qui sont à la fois proches de nous et d’autres qui le sont beaucoup moins. Lors du tournage des deux premières saisons d’Engrenages, par exemple, ça me perturbait énormément de jouer Gilou. Ça me mettait à fleur de peau. Mais je fais partie de ceux qui ont besoin de ça, qui ont besoin d’être touchés. Il est peut-être possible de le faire d’une autre façon mais ce n’est pas mon cas ».

D.M. : Justement, qu’est-ce qui l’attend, Gilou, dans la saison 5 d’Engrenages ?

T.G. : « Il va y avoir pas mal de changements. Gilou va être confronté à des perturbations dans sa vie affective et professionnelle. D’abord parce que la vie de Laure connaît des changements. Ensuite parce qu’il va se rapprocher de la femme d’un de ses indics et tomber très amoureux de sa femme. Forcément, ça va être un peu la merde… (sourire) ».

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