MOVIE MINI REVIEW : critique de Une mère

MOVIE MINI REVIEW : critique de Une mère

Note de l'auteur

UNE-MERE

 

 

 

 

 

C’est pas tous les jours que le cinéma d’auteur français nous balance un portrait de femme aussi détonnant et aussi déstabilisant. Perdue dans un bled paumé en plein ploucland grisâtre échoué en bord de mer, une quadragénaire en perdition survit vaille que vaille entre ses boulots minables, son ex toujours amoureux et son fiston teenager/bipolaire/racaille du coin qui fait les pires conneries de la terre. Elle-même sauvage et misanthrope, Marie tente quand même de protéger et d’aimer son voyou incontrôlable de fils quitte à mentir pour lui et flirter avec l’infamie (on est pas loin de la mère dingo du Mother à Bong Joon-ho). C’est que, quelque part, sa vie pathétique, elle l’a un peu cherché la Marie avec son caractère impossible.
Christine Carrière filme une Mathilde Seigner transfigurée. Magnifique de force et de désespoir. C’est en tentant de se sauver elle-même qu’elle sauvera les gens autour d’elle. Une mère fuit les affres du misérabilisme pour plonger dans la chronique étrange, à la fois violente (les rapports entre l’ado et sa mère sont sidérants de sauvagerie), blindée d’humour à froid et finalement, pleine d’espoir. C’est que Christine Carrière refuse la tragédie et n’ose pas aller au bout de son portrait de femme borderline au bord du précipice. Un sentimentalisme inutile et quelques facilités regrettables brident le film dans sa puissance émotionnelle potentiellement dévastatrice.
Reste une Mathilde Seigner méconnaissable, magnifiée par la caméra amoureuse et virevoltante de sa réalisatrice.

En salles depuis le 24 juin.
2015. France. Réalisé par Christine Carrière. Avec Mathilde Seigner, Kacey Mottet Klein, Pierfrancesco Favino…

 


Une mère – Bande-annonce / Trailer (Mathilde… par NoPopCorn

 

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