MOVIE MINI REVIEW : All Is Lost

MOVIE MINI REVIEW : All Is Lost

Note de l'auteur

 

 

 

Un homme. Un bateau. Un naufrage…
Après l’étourdissant MARGIN CALL où le pouvoir dévastateur de la parole et les joutes verbales enivrantes se succédaient à un rythme hystérique, J.C. Chandor plonge la tête la première dans le radicalisme, l’épure et le mutisme (quasi) absolu.
ALL IS LOST, survival immersif et éprouvant est une espèce de petit frère du GRAVITY de Cuarón. On se ballade à chaque fois dans une œuvre conceptuelle et puissante. Mais la différence c’est qu’ALL IS LOST ne s’adonne ni aux joies artificielles de la CGI et de la performance capture (qui réduisait considérablement l’émotion ressentie dans le Cuarón) ni à la psychologie de supermarché. Chandor fait dans le réalisme pur et dur. Très dur. Et poétique…
Visuellement étourdissant (certains plans en contre plongée nous enverraient presque dans le cosmos) ce truc est un périple dans un autre univers, infini et méconnu, l’océan… Un ballet de vie et de mort se joue autour du naufragé. Le skipper sans nom (quelle idée géniale), interprété par un Robert Redford tout en force et en fragilité, affronte, avec froideur et une volonté de fer, les éléments déchaînés qui lui tombe méticuleusement sur le coin de la gueule, de l »éperonnage de son voilier par un container errant au final infernal… Le survival dans toute sa pureté, à la limite du cinéma expérimental.
Chandor nous offre également un portrait renversant du grand Robert. À presque 80 ans, le visage marqué par les années et par l’angoisse, et mue par une force surhumaine, Robert se donne à fond…
Épure spectaculaire, minimalisme baroque, ode à la volonté humaine, ALL IS LOST rappelle les chef d’œuvres d’Hemingway (LE VIEIL HOMME ET LA MER) et d’Edgar Allan Poe (LES AVENTURES D’ARTHUR GORDON PYM). Un homme face à lui-même, face à la solitude, face à l’inconnu et face à la mort. Un tourbillon impressionnant! Du très grand cinéma quoi!!!

En salles depuis le 11 décembre
2013. USA. Réalisé par J.C. Chandor. Avec Robert Redford.

 

 

 

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