MOVIE MINI REVIEW : Aux Yeux des vivants

MOVIE MINI REVIEW : Aux Yeux des vivants

Note de l'auteur

AUX-YEUX

 

 

 

Après LIVIDE, leur voyage creux et expérimental dans la tête à Jean Rollin et à une vielle danseuse étoile, Alexandre Bustillo et Julien Maury rêvent d’Amérique… Une Amérique éternelle, rurale, fantasmatique et mythologique contée par le grand Stephen King et magnifiée par des gars genre Steven Spielberg, Rob Reiner, John Carpenter ou Tobe Hooper. Mais bon. Comme ils ont pas de tunes les deux tocards doivent se contenter d’une Amérique au rabais. Une Amérique bulgarisée… Et là ça commence déjà très mal… Des plans champêtres ridiculeusement iconiques et vains à go-go, une imagerie américaine avec des gendarmes franchouillard aux chemisettes dépareillées dedans (quels costumes divins!!!), un trio de gamins proprement épouvantables et un scénario d’une absurdité rocambolesque et délicieusement risible… Aucun doute possible on est bien en Bulgarie, le pays du nanar, et devant un film d’horreur made in France, le pays des navets fantastico-horrfico-bidules!
Donc. C’est l’été. Le dernier jour d’école. Un trio de débiles mentaux aux portes de la psychopathie profonde (ils se pissent dessus, ils fument, ils brûlent une grange, une certaine idée de la liberté) fait l’école buissonnière et se balade dans des décors de cinéma abandonnés. Et c’est la rencontre mirifique avec un psychokiller imberbe et son penis en forme de gant de toilette. Le monstre va pourchasser les chiards et les réalisateurs vont pourchasser le ridicule avec un enthousiasme aussi involontaire que spectaculaire!
C’est que c’est une authentique expérience ce truc! Une expérience ultime aux confins du nanar ultime… L’humour involontaire (magnifiée par une prétention formelle de chaque instant et des acteurs hallucinants de nullité) irradie tel un Tchernobyl filmique! Bref. C’est une catastrophe catastrophique! Un truc d’une bêtise et d’une abomination stupéfiante. Le casting de tocards atomiques (les trois ados sont inoubliables…) se démène avec hystérie dans une intrigue gangrénée par des impossibilités plus dégueulasses les unes que les autres… Bustillo et Maury plagient à la fois méticuleusement et n’importe comment (comme s’ils n’avaient pas compris ce qu’ils voyaient) une farandole de chef d’œuvres, de STAND BY ME à MASSACRE DANS LE TRAIN FANTÔME (pour les plus évidentes) sans oublier THE GOONIES, HALLOWEEN et E.T. L’EXTRATERRESTRE…
Lavé de ces références écrasantes et du foutage de gueule pathétique et généralisé, il ne reste qu’un film sensoriel (c’est leur truc aux deux amis cinéastes) qui se noie dans une bouillie formelle d’une vacuité incroyable (on est pas loin de l’autre duo minable, celui de L’ÉTRANGE COULEUR DES LARMES DE TON CORPS, Cattet & Forzani). Passé un état d’hébètement profond (coucou l’intro grand-guignolesque nawesque avec l’éléphant de mer Béatrice Dalle) on entre dans un état d’émerveillement nanar qui frise l’illumination divine. AUX YEUX DES VIVANTS, aussi sincère soit-il, est tout simplement l’un des pires films d’horreur français jamais produits. Ouais, pire que les purges à Laugier. Ce truc symbolise l’état de décomposition avancée du cinéma de genre de par chez nous autres pauvres français… Il faut le voir pour le croire!

En salles depuis le 30 avril
2014. France. Réalisé par Alexandre Bustillo & Julien Maury. Avec Anne Marivin, Théo Fernandez, Francis Renaud…

 

 

 

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