MOVIE MINI REVIEW : Capitaine Phillips

MOVIE MINI REVIEW : Capitaine Phillips

Note de l'auteur

 

 

 

Paul Greengrass, l’inventeur de la réalité augmentée au cinéma continue ses délires formalistes et parkinsonniens (vive la shaky cam) dans la surréalité spectaculaire. Après le révolutionnaire BLODDY SUNDAY et le bouleversant VOL 93, Greengrass s’attaque à nouveau au fait divers authentique transcendé. Un fait divers moins iconique mais tout aussi symbolique et contemporain, la piraterie moderne et ses ravages à la pointe de l’Afrique.
Un mégacargo américain croise paresseusement au large des côtes somaliennes. Il se fait violemment aborder par un quatuor de pirates aussi acharnés que décharnés (c’est pas la joie en Somalie les gars). Le capitaine Phillips (Tom « super-monsieur-tout-le-monde’ Hanks) et son équipage vont tenter de résister tant bien que mal à cette attaque.
Tom Hanks et Paul Greengrass étaient comme destinés à se croiser un de ces jours. Entre l’icône ultime de l’américain moyen (qui a survécu tout seul sur une île déserte, réparé un module spatial endommagé avec un chewing gum, traversé l’histoire moderne des USA, plongé dans le corps d’un adulte, débarqué en Normandie, rencontré le Graal et dragué une sirène) et le cinéaste apôtre de l’hyper réalisme made in Hollywood, il y a la même relation au quotidien. Mais Greengrass va plus loin que l’épopée (incroyable et authentique) d’un seul homme. Avec CAPITAINE PHILLIPS il donne aussi la parole aux pirates. À leurs origines. À leurs vies misérables et à leur soif de reconnaissance. Greengrass traite quasiment d’égal à égal son héros yankee et le chef pirate (l’impressionnant Barkhad Abdi). Et ça, c’est quand même gonflé.
En fait CAPITAINE PHILLIPS est le reflet hollywoodien (et surfriqué) du magnifique et cérébral et norvégien (en fait c’est danois crétin, note du Dr No à lui-même) HIJACKING. Seuls les points de vue changent (ici les otages, les négociateurs dans le film norvégien, danois). Mais le respect pour les assaillants (c’est à dire l’absence totale de diabolisation caricaturale) est commun. Des destins se croisent. Des mondes ambivalent se croisent et s’entrechoquent violemment. On sort ravagé de ce spectacle total. Greengrass surfilme comme un forcené (c’est son truc même si son style, copié à l’excès, commence sérieusement à dater) mais la puissance émotionnelle délirante de sa mise en scène explose de mille feux. Ça fait du bien après ses délires vide de sens avec Matt Damon. On a juste l’impression d’être passé à travers une moissonneuse batteuse… Quelle expérience…

En salles depuis le 20 novembre
2013. USA. Réalisé par Paul Greengrass. Avec Tom Hanks, Barkhad Abdi, Barkhad Abdirahman…

 

 

 

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