MOVIE MINI REVIEW : Cartel

MOVIE MINI REVIEW : Cartel

Note de l'auteur

 

 

 

Après le nawesque intergalactique PROMETHEUS, le grand formaliste Ridley Scott retourne au polar faussement indé (c’est loin LES ASSOCIÉS). Scénarisé par ce grand amoureux de l’espèce humaine Cormac McCarthy, voici CARTEL. Un ballet de mort et de cynisme aussi engageant qu’un cadavre de migrant abandonné en plein désert se desséchant au soleil du Texas…
Un avocat arrogant et propre sur lui (l’impassible Michael Fassbender) met le doigt dans l’engrenage hautement dangereux du trafic de drogue international. Un convoi est détourné et la mort commence à se répandre… Partout. Impitoyable. Faut pas toucher au grisbi bordel…
Après NO COUNTRY FOR OLD MEN et LA ROUTE, ces deux odes bucoliques à la générosité, adaptées de ses romans cultes, Cormack McCarthy signe son premier scénario original. Avec son casting de superstars (Brad Pitt et Javier Bardem sont aussi de la partie) et son illustre réalisateur, CARTEL s’annonce comme une machine cinématographique implacable. Au début oui… Mais en fait non… Cormack et Scott se plantent dans les grandes largeurs. Les dialogues sentencieux s’enchainent sans jamais vouloir s’arrêter. Le monde des dealers est blindé de philosophes modernes les mecs. Bref tout le monde fait des phrases tout le temps sur la noirceur de l’âme humaine et l’avidité et la trahison et la meilleure recette du clafouti…  CARTEL déborde de misanthropie. Mais une misanthropie totalement artificielle, clinquante, une misanthropie hurlée mais jamais démontrée… Scott est incapable de transcender ce scénario à la fois minimaliste (l’intrigue,qui tient en deux lignes, est digne des meilleures séries B) et boursouflé de sa propre profondeur. Ce carnaval de mort devient totalement vide à la longue et carrément grotesque, limite nanardeux, dans son final. C’est la limite de McCarthy, toutes ces phrases cérémonieuses bouffies de la suffisance de leur auteur. Cormack déteste peut-être la terre entière mais il s’aime profondément… Et la mise en scène rutilante de Scott (un classique chez lui), rend ce truc encore plus prétentieux… Un grand rien qui se prend horriblement au sérieux… La misanthropie ça se décrète pas comme ça. Les deux zozos devraient revoir l’ultime chef d’œuvre de Lumet, 7H58 CE SAMEDI-LÀ. Histoire de découvrir ce que c’est, une authentique œuvre nihiliste et misanthrope bordel !

En salles depuis le 13 novembre
2013. USA/Grande Bretagne. Réalisé par Ridley Scott. Avec Michael Fassbender, Penélope Cruz, Cameron Diaz…

 

 

 

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