MOVIE MINI REVIEW : Cogan – Killing Them Softly

MOVIE MINI REVIEW : Cogan – Killing Them Softly

 

Le duo Andrew Dominik/Brad Pitt se retrouve après l’étourdissant ASSASSINAT DE JESSIE JAMES PAR LE LACHE ROBERT FORD. L’Amérique et sa mythologie s’en prennent, encore une fois, plein la tronche. Finis les grands espaces magnifiés d’un far west aussi (faussement) légendaire que (tristement) pathétique. Place au polar urbain les gars. Un polar étrange, épuré, noir comme la mort, d’une misanthropie invraisemblable et profondément métaphysique. Lourdement métaphysique. Dans une Amérique paumée vidée des ses habitants (de son âme, quoi…) où ne subsistent que des gangsters au rabais et des clébards grotesques, un tueur débarque pour liquider les braqueurs minables d’un tripot minable… KILLING THEM SOFTLY est une oraison funèbre. Un acte de décès… Le décès d’un pays. D’un monde. Du Monde… Monde où l’argent roi n’a jamais été aussi déifié et où il n’a jamais autant manqué! On est dans un film post apocalyptique… Et comme dans tout post apo 80’s qui se respecte (vivent MAD MAX et ses avatars italiens dégénérés) les protagonistes s’entretuent pour la moindre goute de pétrole. Un pétrole vert. Le dollar… Andrew Dominik se noie malheureusement dans une certaine lourdeur. En situant l’action en 2008, lors de la première élection de Barak Obama, entre discours délirants et crise financière mondiale, Dominik ôte à son film sa portée universelle. Ça manque cruellement de finesse et de souffle tout ça… Restent quelques scènes fantastiques (dont la première exécution, visuellement incroyable) et un Brad Pitt minéral en tueur implacable, ultime témoin (un peu) sensé et résigné d’un monde en pleine agonie… Une agonie abstraite (et trop démonstrative) d’une lenteur qui frôle le somnifère pour éléphant… Très étrange quoi! Et passionnant!

2012. USA. Réalisé par Andrew Dominik. Avec Brad Pitt, Scoot McNairy, Richard Jenkins…

 

 

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