MOVIE MINI REVIEW : critique de A Most Violent Year

MOVIE MINI REVIEW : critique de A Most Violent Year

Note de l'auteur

A-MOST-VIOLENT-YEAR

 

 

 

1981. New York. Mégapole en ruine où l’insécurité bat des records. Et au milieu de ce chaos le bel Abel, playboy latino à manteau en poil de chameau, entrepreneur dans le fuel domestique. Un homme droit. D’une droiture obsessionnelle. Autodestructrice. C’est que l’honneur et le respect (celui de son entourage et de lui-même) est fondamental pour cet homme (le fantastique Oscar Isaac). Abel veut réussir mais pas à tout prix. Cette fièvre de la respectabilité va le plonger dans des tourments invraisemblables. La justice est à ses trousses pour des babioles fiscales, ses camions sont (trop) régulièrement attaqués et l’affaire de sa vie (l’achat d’une raffinerie) est sur le point de capoter. C’est le grand test pour Abel. Jusqu’où ira-t-il pour rester debout. Restera-t-il intègre?
J.C. Chandor n’a pas son pareil pour dessiner des hommes rongés par leurs obsessions. Des hommes qui portent leur intégrité comme un étendard. Du traider de MARGIN CALL qui découvre l’ampleur de la catastrophe financière au méticuleux marin du magnifique ALL IS LOST (la review ici). A MOST VIOLENT YEAR est un truc improbable (quel scénario anti-commercial bordel!). Un hommage subtil et étourdissant (la mise en scène est à la fois classique et délicieusement stylée, toute en fureur contenue) aux grandes œuvres de Lumet (les déchirants PRINCE OF NEW YORK et A BOUT DE COURSE), de Scorsese (MEAN STREETS et LES AFFRANCHIS), de l’oublié John Sayles (et son génial CITY OF HOPE) voire de De Palma (coucou SCARFACE et L’IMPASSE). Et également le portrait en creux (et très acerbe) d’une Amérique (éternellement?) dévorée par la corruption et la violence.
La route de l’honnêteté n’est pas une ligne droite. Elle est toute en circonvolutions et en ambiguïtés. Les trahisons peuvent aussi être des actes d’amour qu’il faut avoir le courage d’accepter. Dans ce monde tout gris (très très très foncé) l’estime de soi est ce qu’il reste de plus important. Parvenir à se dépasser en fuyant les raccourcis et le désespoir. Rester digne! Rester debout! Coute que coute! Cette thématique fantastique est au cœur du cinéma de J.C. Chandor qui s’impose de plus en plus comme le digne successeur de ce gigantesque humaniste de Sidney Lumet.

En salles depuis le 31 décembre
2014. USA. Réalisé par J.C. Chandor. Avec Oscar Isaac, Jessica Chastain, Albert Brooks…

La critique à Plissken c’est par là…

 

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