MOVIE MINI REVIEW : critique de Ben-Hur

MOVIE MINI REVIEW : critique de Ben-Hur

Note de l'auteur

ben-hur

 

 

 

Peplum + remake ! Le cocktail maudit… Après les relectures délicieusement tarées des aventures d’Hercule (et vivent Hercule et La légende d’Hercule sans oublier Pompéi et Gods OF Egypt), c’est au tour de Ben-Hur, héros pas du tout antique ni authentique, mais création littéraire du dévot Lewis Wallace en 1880) et sa mythique course de chars, de s’offrir une résurrection hollywoodienne.
Mais attention ! Pas de yes man interchangeable aux commandes. C’est le formaliste épileptique à la caméra défoncée aux stéroïdes nanarbolisants Timur Bekmambetov qui nous offre ce tsunami de nawak filmique. Enfin c’était ce que l’on était en droit d’espérer du réalisateur de Wanted. Parce que Timur, malgré quelques fugaces fulgurances tarées, il fait preuve d’un académisme (relatif) totalement inattendu.
La folie tant espérée n’est pas (trop) dans la mise en scène (comment oublier Morgan Freeman en Bédouin rasta et quelques autres énormités qui feront le plaisir de vos neurones pervers). Nan, Timur, il a tout gardé sa folie furieuse pour un prosélytisme hallucinant !!!
Alors que dans le chef-d’œuvre William Wyler, Judah Ben-Hur ne croisait la route de Jesus que lors d’une seule scène, Timur fait carrément du Christ et de sa doctrine de hippie de l’Antiquité l’élément central de cette histoire de vengeance fratricide. Et il pulvérise toutes les frontières des limites de l’absurde en s’adonnant comme un taré à une propagande religieuse surréaliste comme on n’en a presque jamais vu. Du pur fanatisme nanar genre « aimez-vous les uns les autres bordel de merde au lieu de vous entre-tuer de la plus dégueulasse des manières devant ma caméra lubrique parce que c’est joli quand même tous ces massacres mais l’amour c’est bien aussi. »
Si Jesus multiplie les petits pains pour les opprimés, Ben-Hur multiplie les pains dans la gueule aux vilains méchants romains (qui frisent en permanence le point Godwin) avec pour climax la fameuse course de chars, réduite à une bouillie visuelle délicieusement débile (on dirait une course de Formule 1 avec caméra embarquée dans tous les orifices imaginables des chevaux en furie). Oubliée la subversion du film de Wyler et son message crypto-gay et bonjour l’amour irrésolu pour Jesus le charpentier hipster philosophe de la life non violent bidule et bonjour aussi à Ben-Hur et Messala, les deux concombres de mer au charisme de cadavre de bouteille de Cacolac abandonnée au fond d’une poubelle des années 50. Jack Huston (petit fils de John et neveu de Danny et Angelica) et Toby « Dr Doom » Kebbell rivalisent de nullité. C’est beau. Mais moins que tout cet obscurantisme religieux tellement WTF qu’il en devient risible et foncièrement contre-productif (nan mais quel final ahurissant).
Timur t’es le plus fort… Même quand tu t’assagis formellement (enfin, pas tant que ça) tu ne peux pas t’empêcher de nous bouillir les neurones avec ton fanatisme religieux extravagant ! En fait on sort frustrés de Ben-Hur. La mise en scène déjantée n’est pas là, Timur prenant manifestement très au sérieux son film. Mais, heureusement, le final sidérant de connerie sauve ce truc de l’ennui carabiné…
Mais tout ça ne vaudra jamais la baston de chevaux sauvages de l’incroyable Abraham Lincoln : Chasseur de vampires, le chef-d’œuvre à Timur !

En salles depuis le 7 septembre
2016. USA. Réalisé par Timur Bekmambetov. Avec Jack Huston, Toby Kebbell, Rodrigo Santoro…

 

 

Ben-Hur : bande-annonce VOST (Jack Huston… par inthefame

 

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