MOVIE MINI REVIEW : critique de Big Eyes

MOVIE MINI REVIEW : critique de Big Eyes

Note de l'auteur

BIG-EYES

 

 

 

Tout le monde se souvient des Poublots, ces illustrations kitchissimes (à en devenir dingo) de gamins parisiens, signées Michel Thomas, qui décoraient les boîtes de chocolats, fleurissaient sur les murs des chambres d’enfants dans les années 70 et 80 et ont transformer toute une génération d’enfants innocents en psychopathes fans de films d’horreurs histoire d’oublier cette orgie de mièvrerie dégoulinante. Et ben, aux USA ils avaient exactement le même genre de peintures naïves dégueulasses! Mais comme on est aux USA des Amériques, cette histoire-là (100% authentique) relève de l’imposture délirante et du capitalisme le plus spectaculaire!
C’est la lose absolue pour Margaret (une Amy Adams en perdition, le regard perpétuellement hébété), jeune femme divorcée perdue dans l’Amérique conservatrice du début des 60’s. Réfugiée à San Francisco, cette peintre occasionnelle rencontre Walter (un Christoph Waltz frappé de cabotinage répugnant). Et c’est l’amour. Et les embrouilles. Lui-même peintre/crevard, Walter va usurper le nom de sa belle et s’accaparer ses œuvres, portraits d’une naïveté intergalactique, d’enfants aux yeux gigantesques. Et c’est le triomphe. Aussi inattendu qu’absolu. Si Walter jouit de son statut de superstar, Margaret s’enfonce dans la solitude et la dépression.
Mais qu’est-ce qui a bien pu passer dans la tête de Tim Burton? Pourquoi nous raconter, aussi naïvement, cette histoire sans intérêt??? OK il est fan hardcore des toiles (plus risibles et anecdotiques les unes que les autres) de Margaret Keane bidule. Mais c’est pas une raison pour oser nous balancer à la tronche ce biopic manipulateur et faussement naïf. C’est qu’il prend la défense aveugle et malsaine de sa peintre chérie, le Tim. Écrasé par une esthétique acidulée proprement dégueulasse, BIG EYES n’est rien d’autre qu’une œuvre de propagande à la gloire d’une artiste médiocre, systématiquement décrite comme une victime. Jusqu’à l’écœurement. Parce qu’en fait, le seul personnage passionnant dans cette purge pastel, c’est bien Walter. L’inventeur du merchandising artistique (longtemps avant Warhol). L’homme qui découvrit que vendre des affiches de toiles rapportait plus que vendre les originaux et inventa ainsi un business délirant. Mais comme Burton n’a d’yeux que pour cette (pseudo) cruchasse décérébrée de Margaret, BIG EYES se vautre dans une hagiographie pathétique et manipulatrice. Comment croire une seule putain de seconde que cette gourdasse est une victime aussi innocente??? En fait Burton se noie corps et âme dans cette entreprise ridicule de réhabilitation à la gloire de cette peintre de pacotille. On se fout royalement de ce spectacle grotesque. BIG EYES symbolise la décadence artistique totale d’un cinéaste qui fut, un temps, l’étendard d’un Hollywood ambitieux. Là il ne reste plus rien du réalisateur de BEETLEJUICE et de BATMAN RETURNS. Juste une vieux monsieur noyé dans ses obsessions et son formalisme clinquant et insupportable. Et ça fait mal… Très mal… Comme une oraison funèbre bariolée et indigeste…

En salles depuis le 18 mars
2014. USA. Réalisé par Tim Burton. Avec Amy Adams, Christoph Waltz, Danny Huston…

 


Big Eyes, Bande Annonce VOST par DailyMars
poulbots : http://kalancoet.k.a.pic.centerblog.net/q5v7oz3q.jpg

 

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