MOVIE MINI REVIEW : critique de Captain Fantastic

MOVIE MINI REVIEW : critique de Captain Fantastic

Note de l'auteur

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Quand les hipsters les plus barbus fusionnent avec les survivalists les plus tarés ça donne Captain Fantastic ! Fable philosophico-bobo que seuls les réalisateurs US indé les plus naïfs (genre Gary Ross, élevé dans une communauté hippie) peuvent nous offrir.
Dans une forêt majestueuse paumée en pleine Americana luxuriante de carte postale, bercée de spiritisme de supermarché et nimbée de pop indé caricaturale toute pompée sur le grand Sufjan Stevens, une famille joue aux bons sauvages des temps modernes. Ces lecteurs assidus d’essais philosophiques (on y croit, on y croit) s’éclatent dans cette utopie écolo aussi sincère qu’artificielle. Et totalement asexuée bien sûr. Pas une crise d’adolescence à l’horizon… Le tout sous la férule bienveillante d’un père/gourou anarchiste (espèce de Rambo sans gluten et sans neurones tendance « Noam Chomsky pour les nuls ») aux frontières d’un fascisme marxisant imbécile. Du pur délire néo-hippie, quoi !
Mais tout a une fin. Le suicide de la mère de famille bipolaire, personnage passionnant totalement éludé, pousse ce troupeau de clobos (des clochards-bourgeois, fondamentalement blindés de fric bien sûr, sinon leur utopie serait impossible) à découvrir le monde des hommes. Société consumériste honnie et caricaturée à la folie par Matt Ross.

Captain Fantastic se fourvoie en permanence. Entre moralisme gauchiste et grotesque caricatural (les gamins, tous surdoués évidemment, parlent esperanto… sérieusement). En prenant systématiquement parti pour cette famille gentiment sectaire, Ross perd son propos. Incapable qu’il est d’avoir le même regard critique sur ses héros que celui qu’ils ont (à raison, bien souvent) sur notre civilisation rongée par le cynisme et la superficialité. Captain Fantastic prend fait et cause pour sa secte d’illuminés, qui ne se remet jamais vraiment en question (on est très très loin du fabuleux Mosquito Coast de Peter Weir qui prenait ce sujet passionnant à bras le corps) lancée dans un road movie insipide et tellement, tellement caricatural. Cette pseudo ode à la liberté de penser se métamorphose en pamphlet sectaire méprisant… Tout dégouline de bons sentiments… Trop de naïveté tue la naïveté… N’importe quoi !

En salles depuis le 12 octobre
2016. USA. Réalisé par Matt Ross. Avec Viggo Mortensen, George MacKay, Samantha Isler…

 

 


Captain Fantastic : bande-annonce VOST avec… par inthefame

 

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