MOVIE MINI REVIEW : critique de Dogs

MOVIE MINI REVIEW : critique de Dogs

Note de l'auteur

dogs

 

 

 

Y a pas qu’aux USA des Amériques que le western et le film noir se font des papouilles cinématographiques. Très lointain cousin de Comancheria et ses cowboys texans intemporels, voici Dogs et ses redoutables ploucs bouseux des Carpates !
Dans une steppe caucasienne écrasée par le soleil, Roman jeune crétin de la ville retourne sur les terres de son grand-père récemment décédé. Pour découvrir que le patriarche était une espèce de parrain mafieu local dont la mort a laissé son armée de sbires bourrus complètement anéantis. Un drôle de jeu sépulcral va se jouer dans ce no man’s land sidérant de poésie sépulcrale. Un théâtre de l’absurde transcendé par une mise en scène qui étire à la folie toute forme de temporalité et de rythme, dans lequel se débattent Roman le naïf, Samir le hors-la-loi sanguinaire et Hogas le shérif cancéreux aux portes de la mort. Résultat, on se perd dans un trip hypnotique lardé de violence graphique aussi traumatisante qu’incongrue.
Malheureusement, Bogdan Mirica s’englue lui-même dans son formalisme. Son minimalisme grandiloquent tourne à vide et pulvérise tout sur son passage. C’est bien beau de vouloir rivaliser avec le David Lynch de Blue Velvet, les frangins Coen de No Country for Old Men et avec la folie furieuse des Australiens The Proposition et l’incroyable Wake in Fright. Encore faudrait-il éviter de se noyer dans son délire contemplatif qui se voudrait hypnotique mais qui devient très vite le plus puissant des somnifères. Les hommes (les chiens du titre quoi !) s’entretuent dans ce paradis infernal au doux son des ronflements d’un public assommé par tant de prétention. Bogdan s’est cru plus malin que le genre qu’il abordait. Et il s’est complètement vautré dans un bidule insignifiant. Dommage…

En salles depuis le 28 septembre
2016. Roumanie/France/Bulgarie/Qatar. Réalisé par Bogdan Mirica. Avec Dragos Bucur, Gheorghe Visu, Vlad Ivanov…

 

 

 

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