MOVIE MINI REVIEW : critique de Free State of Jones

MOVIE MINI REVIEW : critique de Free State of Jones

Note de l'auteur

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Alors qu’on pensait naïvement (presque) tout savoir sur la guerre de Sécession, filmée un bon zillions de fois (au moins), Free State of Jones débarque de nulle part pour nous raconter une histoire aussi incroyable qu’authentique, la révolte d’une poignée de parias sudistes marxisants (!!!) reclus dans les marécages du Mississippi contre l’état confédéré. Avec à leur tête Newton Knight (un Matthew McConaughey magnétique mais un peu en pilotage automatique), improbable rejeton des amours torrides entre les mythiques Robin des bois et Josey Wales.
La guerre de Sécession donc… Les pauvres sont envoyés à la mort tandis que les riches échappent à la guerre, comme d’habitude quoi… Un déserteur, écœuré par cette mascarade sépulcrale, retourne chez lui et lève malgré lui une armée improbable, faite d’esclaves en fuite et d’autres déserteurs fuyant cette folie… Ensemble, ils vont résister au pouvoir sudiste et plonger dans l’utopie. Une utopie faite d’émancipation (promise et jamais appliquée par l’Union bien sûr) et de justice sociale (balayée après le conflit où les riches propriétaires terriens esclavagistes reviennent régner sur leur domaine comme si de rien n’était). Free State of Jones frappe par sa puissance mélancolique, où optimisme et pessimisme s’entrechoquent violemment ! Passé une première partie académique toute à la gloire de son messie marxiste, Free State of Jones s’abandonne par la suite dans la critique virulente d’une Amérique oppressante qui assassine les idéalistes. Une Amérique loin de son image émancipatrice et libérale. Le tâcheron multifonctions Gary Ross (un mec capable de passer de Pur sang : la légende de Seabiscuit à Hunger Games !!!) parvient à transcendé son biopic académique. Ce truc frôle par moment le conte panthéiste expérimental à la Malick grâce à la fabuleuse image signée du français Benoît Delhomme. Un conte politique énervé et subversif, qui renvoie l’Amérique à ses démons, à sa violence sociale, à son hypocrisie et à son culte aveugle de l’argent et du pouvoir. Comme une machine à Oscar qui se retournerait contre ses créateurs… Un drôle de truc schizo et passionnant quoi !

En salles depuis le 14 septembre
2016. USA. Réalisé par Gary Ross. Avec Matthew McConaughey, Gugu Mbatha-Raw, Mahershala Ali…

 

 


Free State Of Jones : bande-annonce #1 VOST… par inthefame

 

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