MOVIE MINI REVIEW : critique de Il est difficile d’être un dieu

MOVIE MINI REVIEW : critique de Il est difficile d’être un dieu

Note de l'auteur

IL-EST-DIFFICILE

 

 

 

Les Russes ne plaisantent pas avec la SF!!! Enfin la SF… On est à des années lumières de la débauche de SFX et de mongolisme généralisé (coucou JUPITER : LE DESTIN DE L’UNIVERS, la review ici). Avec IL EST DIFFICILE D’ÊTRE UN DIEU, Aleksey German nous plonge dans une SF cérébrale, viscérale et complètement tarée.
Adapté d’un livre des frangins Arkady et Boris Strugatsky (auteurs du STALKER de Tarkovski) voici l’histoire de Don Rumata, terrien expédié sur Arkanar, une planète toute en noir & blanc qui vit en plein moyen âge. Un moyen âge barbare où l’ébauche de Renaissance est sauvagement réprimée dans un bain de sang par un obscurantisme festif et païen. Et dans ce théâtre de l’absurde, fait de boue, de sang, de tripes, de pisse, de merde, de morve et de crachats, Don Rumata est considéré comme un Dieu. Un dieu fou, entouré de sa court. Une court des miracles faites d’esclaves incultes et de crétins congénitaux. Mais tout dieu soit-il Don Rumata a interdiction, en tant que terrien, de s’immiscer dans le destin de cette planète décadente.
Aleksey German, cinéaste russe maudit d’entre les maudits (5 films en trente, quasiment tous interdits par la censure soviétique) nous balance un film monde halluciné et hallucinant. Un conte philosophique apocalyptique rabelaisen. Un voyage étourdissant au cœur des œuvres de Bosch et de Bruegel. Une série de tableaux vivants stupéfiants de beauté et de saleté. Un spectacle oppressant (la caméra est collée aux personnages et les regards caméra vous happent littéralement dans ce chaos) qui rappelle les chef d’œuvres fous de Welles (OTHELLO et FALSTAFF), d’Elem Klimov (REQUIEM POUR UN MASSACRE), de Pasolini et les délires pythonesques comme JABBERWOCKY et SACRÉE GRAAL.
IL EST DIFFICILE D’ÊTRE UN DIEU est un putain de trip sensoriel. Un ballet de mort et de vie. Le portrait impitoyable d’une humanité dans tout sa splendeur. Folle, sale, vulgaire, intolérante, peureuse, sauvage et d’une bêtise infantile permanente. On sort à la fois émerveillé, épuisé et terrifié de ces trois heures de folie filmique absolue (German a mis presque 15 ans pour faire son film et il est mort avant sa sortie). Un film comme on en voit et comme on en verra plus jamais.
Le surréalisme politique russe à son paroxysme. Cette mentalité tarée qui fait que la vie ne vaut rien. Et qu’il faut donc la vivre à fond, n’importe comment, sans peur du lendemain, jusqu’à la folie.
Quel putain de truc incroyable!

En salles depuis le 11 février
2013. Russie. Réalisé par Aleksey German. Avec Leonid Yarmolnik, Dmitriy Vladimirov, Laura Lauri…

 

La critique à Gilles DaCosta c’est par là…

 


« Il est difficile d’être un dieu » d’Alexei Guerman par GQFrance

 

Partager