MOVIE MINI REVIEW : critique de Jamais de la vie

MOVIE MINI REVIEW : critique de Jamais de la vie

Note de l'auteur

JAMAIS-DE-LA-VIE

 

 

 

Le gars Franck, il a ce qu’on est en droit d’appeler une spectaculaire vie de merde. Quinquagénaire à la dérive depuis la fermeture de son ancienne usine, proscrit du merveilleux monde du travail pour ses actions syndicales passées, Franck survit comme vigile de nuit d’un centre commercial minable paumé en lointaine banlieue parisienne. Des nuits interminables à errer dans les arcanes fantomatiques et labyrinthiques de ce mastodonte de béton. Mais, peu à peu, Franck (un Olivier Gourmet eastwoodien, tout en rage contenue) va abandonner la chronique sociale marxisante amer à la Ken Loach sur le prolétariat abandonné pour arpenter la mélancolie sépulcrale du film noir, avec braquage violent et vies brisées tout partout.
C’est le sympathique Pierre Jolivet qui orchestre cette chronique sociale impitoyable. Et malheureusement soporifique. Jolivet, qui se croit dans un remake caché de Gran Torino mâtiné de Raining Stone, ne s’extirpe jamais d’un classicisme lénifiant. Et cet académisme télévisuel couplé à une intrigue minimaliste engendrent un truc totalement insignifiant. Dans ces œuvres crépusculaires le formalisme est indispensable pour transcender l’universalité (pour ne pas dire la banalité) du scénario. Et Pierre Jolivet est incapable d’insuffler le moindre souffle ni le moindre sentiment d’oppression à son film. Ne reste qu’un Olivier Gourmet magnifique de tristesse et de force, authentique mort-vivant déambulant dans une nuit sans fin et sans espoir. Jamais de la vie manque méchamment de cette puissance viscérale et de cette folie mortifère qui font les grands films noirs.
Une putain de frustration…

En salles depuis le 8 avril
2014. France/Belgique. Réalisé par
Pierre Jolivet. Avec Olivier Gourmet, Valérie Bonneton, Marc Zinga…

 


Jamais de la vie – Bande-annonce (VF) par cinematon

 

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