MOVIE MINI REVIEW : critique de Jason Bourne

MOVIE MINI REVIEW : critique de Jason Bourne

Note de l'auteur

JASON-BOURNE

 

 

 

La boucle est bouclée… mais, pas vraiment comme prévu…
Après avoir ringardisé ce pauvre Écossais alcoolique psychopathe de carton-pâte de Bond, James Bond, avec le révolutionnaire (du moins formellement) La Mort dans la peau (et un peu aussi La Vengeance dans la peau), le duo Matt Damon/Paul Greengrass se reforme, à la surprise générale, pour conclure la saga Jason Bourne.
Bon, le gars Jason Bourne, maintenant il sait c’est quoi son nom et c’est pas Jason Bourne (comme c’est écrit sur l’affiche), c’est David Webb (ça fait tout de suite moins badass, on dirait plutôt un nom d’expert comptable). Adepte du free fight au fin fond de la Grèce (coucou Rambo III), il se retrouve à nouveau embarqué dans la chasse à son passé qui n’en finit pas de pas passer tout en étant traqué par les vilains méchants de la CIA du FBI des ordinateurs des USA qui lui ont lobotomisé la tronche pour le métamorphoser en tueur !
Mais le retour triomphal se transforme en suicide artistique collectif ! Damon et Greengrass convertissent leur héros « réaliste » en machine infernale invincible imbécile, en fantôme qui surgit toujours de nulle part, en cyborg indestructible grotesque, en robot décérébré immortel digne des pires parodies ZAZesques. Jason Bourne est devenu James Bond, la caricature de ce qu’il avait contribué à périmer. Et ce truc devient une bouillie méta, un auto-remake imbécile perpétré par ses propres créateurs… Et c’est ça le plus sidérant dans ce naufrage absolu digne du mythique navet Hacker à Michael Mann et des pires délires 80’s psychotroniques de la Cannon Group avec Chuck Norris.
Le shaker à shaky cam à Paul Greengrass est devenu incontrôlable, il s’est transformé en machine infernale à faire vomir, à rendre aveugle et à décéder, les yeux exorbités, dans une crise d’épilepsie parkinsonienne intergalactique. Toute cette hystérie formelle immonde sert en fait à masquer une intrigue indigente bourrée d’impossibilités pulvérisées aux véhicules blindés, des coïncidences permanentes ridicules (le duel final Vincent Cassel/Matt Damon relève du nanar atomique défoncé aux stéroïdes digitaux mongolos), et, par conséquent, à détruire irrémédiablement l’ambiguïté du personnage de Jason Bourne ! Dans La Vengeance dans la peau, Jason découvrait sa part de responsabilité dans ce qu’il était devenu. Et cette noirceur inattendue renforçait la puissance de la trilogie… Avec Jason Bourne, Greengrass piétine tout ça allègrement dans un discours puéril (niveau moyenne section de maternelle) sur les dangers de l’espionnage à l’ère des réseaux sociaux. Son clone minable de Zuckerberg (qui sert à rien en plus), symbole du duel vie privée/sécurité, tient du fantoche… Seul le machiavélique glaçon, Alicia Vikander, parvient (très vaguement) à s’extirper de ce vide absolu. Pas besoin des sbires les plus sauvages de la CIA (Vincent Cassel, sérieusement ?) pour tuer Jason Bourne, il suffisait de demander gentiment (et contre des zillions de dollar$) à Paul et Matt de s’en occuper.

2016, l’été de tous les navets…

En salles depuis le 10 août
2016. USA/Grande-Bretagne/Chine. Réalisé par Paul Greengrass. Avec Matt Damon, Tommy Lee Jones, Alicia Vikander…

 

 


Jason Bourne : bande-annonce #1 VOST (2016) par inthefame

 

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